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 Le Temps d'un Crépuscule (13+)

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Cristal



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MessageSujet: Re: Le Temps d'un Crépuscule (13+)   Dim 21 Oct 2012 - 22:24

Chapitre 9

Quand le Héros du Temps et Iria entrèrent dans la taverne, ils s’aperçurent que deux personnes les attendaient avec angoisse.

« Que vous est-il arrivé, demanda Thelma. Quand Sheik est rentré seul, je me suis inquiétée.
- Je me suis perdu en essayant de semer un groupe de soldats, répondit le jeune homme. Iria était trop bouleversée pour me guider. Nous nous sommes cachés en attendant qu’elle puisse le faire. »

Il se tourna vers Sheik.

« Que s’est-il passé après notre fuite ?
- Les soldats ont emmené Link. Je pense qu’ils l’ont reconduit dans sa cellule. Il était toujours inconscient. »

Lorsqu’elle entendit parler de son ami, Iria qui, jusque-là avait gardé son calme, s’effondra. Thelma s’approcha de la jeune fille et la prit dans ses bras.

« Ils lui ont fait du mal, sanglota-t-elle. Son dos …
- Que veux-tu dire ? Que lui ont-ils fait ?
- Il a reçu des coups de cravache, répondit le Héros du Temps. Certains lui ont été donnés par un officier, probablement le commandant Vernarte.
- Qu’est-ce qui te fait croire que c’est lui ?
- La violence avec laquelle il frappait et la joie évidente que cela lui procurait. Seule la haine peut inciter à agir de la sorte. Si tu avais vu les marques qui sont apparues sur sa peau... »

Thelma avait pâli en entendant ces propos, mais elle se reprit.

« Qu’avez-vous appris ? Que comptent-ils faire de lui ? »

Le Héros du Temps lui rapporta le discours de Ganondorf ainsi que ses intentions vis-à-vis de Link et de ses « complices ». Ensuite, il raconta les mauvais traitements infligés au prisonnier et l’intervention d’Iria. Quand il en vint au moment où l’officier avait mis la cravache entre les mains de la jeune fille, celle-ci s’écroula et fondit en larmes.

« Je suppose qu’elle a été incapable de le faire !
- C’était au dessus de ses forces ! C’est pour ça que ce monstre a lui-même donné les coups. Ensuite, il m’a arraché mon manteau et j’ai dû le combattre. Si nous avons pu nous enfuir, c’est grâce à l’intervention de Sheik. »

Thelma aida Iria à se relever.

« Je vais la conduire dans sa chambre. Asseyez-vous et reposez-vous un peu. Je reviens, attendez-moi. Il faut qu’on parle. »

La tenancière comptait lui faire prendre un somnifère pour que la jeune fille puisse se reposer, après cette épreuve traumatisante. Une fois que celle-ci serait endormie, elle veillerait à fermer la porte à clé pour éviter un nouveau drame.

* * *

Après le départ de son visiteur, Link était resté seul, en proie à une grande inquiétude. Par sa faute, Ganondorf avait réapparu et s’était rendu maître du royaume. Il était tombé dans le piège que son ennemi lui avait tendu et avait entraîné ses amis dans sa chute. Son incompétence risquait de coûter cher au peuple d’Hyrule.

Le commandant Vernarte entra avec quelques gardes. Perdu dans ses pensées, le jeune homme n’avait pas remarqué cette intrusion. Un des soldats portait un plateau sur lequel reposaient différents flacons et du matériel de soin. Il pénétra dans la cellule dont la porte fut refermée après son passage.

Sous la surveillance très étroite de son chef de section, ce dernier s’approcha du prisonnier et posa son fardeau sur le sol. Link, qui venait de se rendre compte qu’il n’était plus seul, releva la tête et observa son visiteur.

« J’ai été chargé de soigner tes blessures », l’informa le garde.

Le Héros du Crépuscule le regarda sans réagir. Pourquoi voulait-on se donner la peine de le soigner si c’était pour recommencer l’opération le lendemain ? La réponse lui sauta aux yeux : pour qu’il puisse être suffisamment résistant pour survivre jusqu’à son exécution.

Le soldat examina Link et remarqua une légère blessure juste à côté de son œil. Il s’assit sur la banquette et prit une petite compresse humide sur le plateau. Il approcha celle-ci du prisonnier afin de nettoyer le sang qui avait coulé sur sa joue en lui parlant doucement.

« Ne bouge pas ! Je vais m’occuper de toi ! »

Le jeune homme tourna son regard vers le garde. Lorsque des mains s’approchèrent de son visage, Link se leva d’un bond. Le prisonnier commençait à ne plus supporter qu’on le touche. Il réalisa un pas en arrière pour mettre le plus de distance possible entre eux.

Voyant cela, Vernarte fit entrer les autres gardes dans la cellule. Deux d’entre eux s’avancèrent en direction du captif qui reculait toujours. Ce dernier fut rapidement bloqué par un des murs de la prison. Il n’avait plus de possibilité de fuite.

Les soldats l’attrapèrent par les bras, mais Link n’avait plus la force de résister. La journée avait été éprouvante autant physiquement que moralement et il se sentait vidé de toute son énergie. Ils l’allongèrent sur le banc.

Pour être sûrs qu’il se laisse faire pendant les soins, les gardes prirent la précaution de l’attacher. L’un d’entre eux, celui qui n’était pas encore intervenu, avait installé des chaînes à chaque extrémité de la couchette. Le héros du Crépuscule se retrouva donc retenu par ces liens.

Leur travail terminé, les geôliers quittèrent la cellule. Le captif ne pouvait désormais plus bouger et leur présence n’était plus nécessaire. Ils remirent la clé des entraves au commandant. Celui-ci sortit avec eux afin de leur donner quelques instructions sur leur prochaine mission.

L’homme s’était approché du prisonnier pour nettoyer les blessures qu’il avait à la tête, mais ce dernier gardait son visage contre le bois de la banquette. Le soldat s’accroupit à sa hauteur et lui parla avec douceur.

« Ne t’inquiète pas, je ne suis pas ici pour te faire du mal. Si tu ne te laisses pas faire, cela risque d’être encore plus difficile pour toi. »

Le jeune homme releva la tête et regarda son interlocuteur dans les yeux. Ce qu’il y lut sembla le calmer. Il avait reconnu le soldat chargé de lui apporter ses repas. Il se positionna afin de se laisser soigner. Le garde retira les traces de sang et examina la plaie au niveau de son œil. Celle-ci étant peu profonde, il se contenta d’appliquer de la pommade cicatrisante.

« Je vais maintenant m’occuper de ton dos. Ça risque de faire mal. Je vais faire de mon mieux pour t’éviter des douleurs inutiles. »

Le soldat souleva la chemise du jeune homme et observa son dos. Les marques sur celui-ci étaient nombreuses et profondes. Il n’avait pas assisté à l’épreuve qu’avait subie le prisonnier, mais était conscient que cela n’avait pas dû être une partie de plaisir pour lui.

Le garde commença par purifier les plaies. Il vérifia que le commandant était toujours occupé à donner des ordres à ses subordonnés avant de parler à voix basse pour n’être entendu que du captif.

« Écoute-moi ! Je dois te parler, mais je ne dispose que de très peu de temps. Mon nom est Corentin. J’ai vu tes amis, ils organisent ton évasion. Je vais faire de mon mieux pour que tu sois capable de les suivre lorsqu’ils viendront te chercher. Tu dois t’y préparer dès à présent. »

Link posa son regard sur son interlocuteur.

« Cela ne sert à rien ! Ils ne pourront pas me sauver. Ils ne le peuvent plus.
- Pourquoi dis-tu cela ?
- Parce qu’ils ont déjà essayé et qu’ils ont échoué. Ils ont été arrêtés et l’un d’entre eux a été gravement blessé. »

L’entrée Vernarte l’empêcha de pousser plus loin ses questions. Le jeune soldat continua les soins sous le regard inquisiteur de son chef, mais se promit de tirer cette histoire au clair. Il n’avait entendu parler d’aucune nouvelle arrestation.

Une fois le prisonnier soigné, le garde rangea son matériel et déposa à côté de la banquette une cruche d’eau et un morceau de pain. Ensuite, il ramassa son plateau et se dirigea vers la grille restée ouverte et s’approcha du commandant.

« Dois-je le faire manger, mon capitaine ? Je ne pense pas qu’il soit capable de le faire seul avec ses chaînes.
- Contente-toi de les lui laisser et quitte cette pièce. Tu as d’autres prisonniers à nourrir. »

Le soldat fut surpris par les paroles de son chef. En effet, aucune autre cellule de la prison n’était occupée. Il repensa à ce que lui avait dit le captif et comprit que ces paroles étaient destinées à celui-ci pour confirmer l’arrestation de ses amis.

Corentin obéit et sortit, non sans avoir jeté un dernier regard sur le jeune homme qui avait encore pâli après avoir entendu leur conversation. Il ne l’avait jamais vu comme cela : l’espoir semblait l’avoir quitté. Ses alliés devaient être avertis de son état.

Après le départ du garde, le commandant entra dans le cachot et s’approcha de Link. Il l’attrapa par les cheveux et l’obligea à le regarder.

« Notre petite séance d’aujourd’hui a dû être écourtée. La vaine tentative de tes amis a fait fuir le peuple, mais ils ne pourront pas intervenir demain. Les douleurs que tu ressens ne sont rien à côté de ce qui t’attend dans les prochains jours. »

Le chef de section s’attendait à une réaction de la part du prisonnier, mais celui-ci n’en eut aucune. Ses yeux semblaient vides, comme si l’envie de se révolter l’avait quitté. Surpris par cette absence de réponse, Vernarte ajusta la chaîne qui entravait ses mains de façon à ce que le captif puisse atteindre les aliments qui lui avaient été laissés. Puis il sortit de la cellule.

Une fois seul, Link replongea dans ses idées noires. Au bout de plusieurs minutes, il sentit le sommeil le gagner. Le jeune homme tenta de résister, mais sombra très vite dans l’inconscience.

* * *

À la taverne, Thelma avait rejoint Sheik et le Héros du Temps dans la salle de réunion.

« Je ne parviens pas à calmer Iria. Elle te réclame, dit la tenancière en s’adressant à ce dernier. Elle refuse de prendre un calmant avant de t’avoir parlé.
- J’ai compris. Je viens. »

Il se leva et l’accompagna dans la chambre de la jeune fille. Celle-ci était couchée sur son lit. L’apercevant, elle l’appela :

« Fais quelque chose pour aider Link. Ne les laisse pas lui faire ça ! Tu es sa dernière chance ! Promets-moi de l’aider.
- Je ferais ce que je pourrais. Maintenant, tu dois te reposer. Avale ce médicament, ajouta-t-il en lui tendant le verre préparé par Thelma. »

Quand elle eut pris le liquide, elle recommença à parler.

« Link, c’est toi ? Tu as réussi à t’échapper ?
- Elle délire, remarqua le Héros du Temps.
- La fièvre est montée, c’est pour ça que je voulais qu’elle dorme.
- Je vais rester un peu ici. Va rejoindre Sheik. Je vous retrouve dans la salle de réunion dès qu’elle se sera assoupie. »

Thelma se leva et lui remit une clé avant de sortir.

« Verrouille la porte en sortant. Je ne veux prendre aucun risque.
- Je ne pense pas qu’elle soit en état de tenter quelque chose, mais je fermerais. »

La tenancière sortit et laissa le jeune homme avec Iria. Le fait que cette dernière le confonde avec son ami d’enfance devrait l’aider à se calmer. Il resta à ses côtés, lui permettant de prendre sa main dans la sienne. Le médicament mit plusieurs minutes avant de faire son effet. Quand il fut sûr qu’elle dormait profondément, le Héros du Temps se leva et quitta la chambre.

Quand il entra dans la salle de réunion, Sheik l’interrogea.

« Comment va-t-elle ?
- Elle dort. Elle m’a pris pour Link. Je pense que c’est la fièvre, mais au moins, elle s’est assoupie calmement.
- Comment va-t-elle réagir demain quand elle ne le verra pas, demanda Thelma.
- On va faire en sorte qu’elle puisse le voir. Je pense que nous devrions agir sans tarder et lancer l’opération dès ce soir. Avec un peu de chance, il sera là quand elle se réveillera.
- Êtes-vous suffisamment préparés ?
- Non, mais il faudra qu’on fasse avec. Nous ne pouvons le laisser endurer ça plus longtemps. »

À ce moment quelqu’un frappa à la porte qui donnait sur le bar. Thelma se leva pour aller ouvrir pendant que Sheik et le Héros du Temps se cachaient dans le couloir. La tavernière vint bientôt les rassurer.

« C’est Corentin. Il veut vous parler. C’est très important ! »

Tous trois regagnèrent la salle de réunion.

« Je suis désolé de venir à l’improviste, mais j’apporte de mauvaises nouvelles. Ce soir, j’ai été chargé de soigner les blessures de Link.
- Comment va-t-il ? »

Pour leur faire comprendre l’état dans lequel se trouvait leur ami, il entreprit de leur raconter les derniers événements ainsi que les réactions de celui-ci.

« Ses forces s’épuisent, mais ce n’est pas le plus grave. Il se décourage.
- D’après ce que vous nous dites, il semble effectivement avoir perdu la volonté de se battre. Qu’est-ce qui a bien pu provoquer ça ? Ce n’est pas l’impression qu’il donnait cet après-midi.
- Link est persuadé que vous avez été arrêtés. Il semble croire également que l’un d’entre vous est gravement blessé.
- Comment le savez-vous ?
- J’ai pu lui parler quelques minutes pendant que le commandant donnait ses ordres. C’est lui qui me l’a dit. Je n’ai pu en apprendre plus par manque de temps, mais juste avant que je sorte, mon chef a fait un commentaire qui a confirmé mes doutes. Il m’a demandé d’aller nourrir les autres prisonniers alors que les cellules sont vides depuis la grande évasion. Ils lui ont menti pour l’affaiblir. J’ignore comment ils ont réussi à le convaincre.
- Je sais comment ils ont fait », ajouta Sheik.

Tous trois se tournèrent vers lui.

« Après votre fuite, dit-il en s’adressant au Héros du Temps, Ganondorf a ramassé le manteau que tu avais laissé et l’a utilisé pour nettoyer le sang sur le dos de Link. Il a dû lui faire croire qu’il s’agissait du tien pour rendre son mensonge plausible.
- Si c’est vrai, il doit croire qu’il est perdu et il va cesser de se battre.
- Êtes-vous toujours décidé à le faire évader ?
- Plus que jamais !
- Dans ce cas, n’attendez pas trop longtemps. J’ai fait de mon mieux pour le soulager et lui redonner des forces, mais il sera de nouveau battu demain. Plus vous attendrez et plus il sera faible.
- Nous sommes conscients de l’urgence de la situation.
- J’ai appliqué un antidouleur sur les plaies de son dos. Celui-ci devrait faire effet encore plusieurs heures, mais il se peut que le produit le fasse dormir. Vous serez peut-être amenés à le réveiller.
- Sera-t-il capable de nous suivre et de se défendre ?
- Physiquement, je le pense. Concernant son mental, je n’en suis pas convaincu. La nouvelle de votre arrestation lui a fait un choc. Il risque d’avoir besoin d’un peu de temps pour se remettre.
- Dès qu’il saura qu’on lui a menti, sa force reviendra.
- J’espère que vous avez raison. Il faut que je vous laisse. Je vais devoir reprendre mon service dans peu de temps.
- Vous avez pris d’énormes risques pour nous aider. Comment pourra-t-on vous remercier.
- Sauvez-le ! C’est tout ce que je demande. Une dernière chose : j’ai ajouté un peu de tonifiant à son pain de ce soir, mais je ne suis pas sûr qu’il l’ait mangé.
- Nous nous occuperons de le lui faire avaler s’il ne l’a pas fait ! Soyez rassuré ! »

Corentin acquiesça et sortit. Thelma le suivit. En revenant dans la salle, elle trouva le Héros du Temps et Sheik occupés à préparer le matériel dont ils avaient besoin pour leur expédition. La tenancière comprit directement leurs intentions, mais ne chercha pas à les en dissuader, consciente qu’attendre davantage présentait un trop gros danger pour la vie de Link. Pourtant, son inquiétude était grande. Ceux qu’elle commençait à apprécier, allaient prendre d’énormes risques.

« Avez-vous besoin de quelque chose ?
- Je pense que nous avons déjà réuni le nécessaire, commença Sheik, mais il y a un point que nous devons encore aborder. Si nous échouons…
- Ne parle pas comme ça, coupa Thelma en se levant. »

Le Héros du Temps se leva également et la retint.

« Désolé, mais il faut que ce soit dit ! Si nous échouons, et que nous ne revenons pas, Iria sera en danger. Il faudra la conduire très loin d’ici. Quitte à lui mentir pour qu’elle parte ! Tu dois nous le promettre. »

La tenancière posa son regard dans les yeux bleus de celui qui ressemblait tant à son protégé. Elle y lut la même détermination et le désir de défendre ses amis.

« D’accord, répondit-elle en sentant les larmes monter dans sa gorge. Je vous le promets.
- Très bien ! Nous avons encore beaucoup à préparer.
- Je vais m’occuper d’Iria. Si vous avez besoin d’autre chose, venez me voir.
- Ne lui dis rien de notre expédition. Il vaut mieux qu’elle l’ignore jusqu’à ce que nous ayons réussi à le ramener. »

Elle acquiesça et sortit. Sheik et le Héros du Temps profitèrent du reste de la soirée pour faire leurs derniers préparatifs.
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MessageSujet: Re: Le Temps d'un Crépuscule (13+)   Lun 22 Oct 2012 - 23:38

Chapitre 10

La nuit était tombée depuis longtemps, lorsque Link reprit conscience. Il ressentait des douleurs causées par son immobilité forcée. Les élancements dans son dos s’étant atténué, il essaya de se positionner de façon à soulager ses membres, pliant ses jambes et détendant ses bras.

Ses pensées se dirigèrent alors vers Iria et ses compagnons. Il ne pouvait s’empêcher de se rendre responsable de cette situation. S’ils avaient été arrêtés, c’était entièrement de sa faute.

Soudain, le prisonnier perçut de légers murmures venant du couloir et tendit l’oreille. Les chuchotements cessèrent et la porte s’entrebâilla doucement. Deux ombres se glissèrent par l’ouverture. Les prenant pour des soldats chargés de le surveiller, il ne fit pas attention à eux. Ils s’approchèrent de la grille, l’ouvrirent et s’avancèrent vers la banquette où était retenu le captif.

Quand Link s’en aperçut, il eut un mouvement de recul, mais ses chaînes ne lui permettaient de bouger. Les deux nouveaux venus s’immobilisèrent un moment, surpris par sa réaction. Ils échangèrent un regard, partageant la même pensée : Corentin n’avait pas exagéré l’état de leur ami.

Les voyant venir rapidement vers lui, le jeune homme éprouva une légère crainte. Que voulaient-ils de lui à cette heure tardive ? Jusque-là, l’obscurité l’avait empêché de reconnaître ses alliés. Quand le Héros du Temps s’accroupit à ses côtés, Link n’en crut pas ses yeux.

« Vous… vous êtes… échappés ! »

Le jeune homme posa ses doigts sur le bras de son visiteur pour vérifier que son imagination n’était pas en train de lui jouer des tours. Puis il l’observa avec attention, cherchant la moindre trace de blessure.

« Je pense que celui qui est censé être gravement touché, c’est moi », dit celui-ci.

Il prit le visage de Link entre ses mains et le regarda droit dans les yeux.

« Je ne sais pas qui t’a prétendu que nous avions été pris, mais ce n’est pas vrai. Regarde-moi, je vais très bien. Iria et moi avons pu nous en sortir grâce à l’intervention de Sheik. Tu dois te ressaisir, nous sommes venus te chercher.
- Iria, articula-t-il difficilement.
- Elle est en sécurité ! Nous t’emmenons la rejoindre. Elle s’inquiète pour toi et nous aussi. »

Le jeune homme parut soulagé. Ses traits se détendirent et les couleurs revinrent sur son visage. Sheik s’était approché et avait commencé à le détacher. Il ne lui fallut pas plus de quelques minutes pour crocheter ses chaînes. Link le regarda avec étonnement. L’habileté de son ami le déconcertait.

« Où as-tu appris à faire ça, demanda-t-il quand il fut de nouveau libre.
- J’ai des talents cachés, lui répondit-il, en lui adressant un clin d’œil. J’ai été formé par une Sheikah, Impa. Je connais toutes leurs techniques.
- Nous ne devons pas rester trop longtemps ici, intervint le Héros du Temps. La relève de la garde devrait avoir lieu sous peu.
- Nous ne pouvons pas partir tout de suite : il n’est pas encore prêt. »

En effet, Link s’était levé pour faire quelques pas, mais il semblait avoir du mal à retrouver son équilibre.

« Depuis combien de temps étais-tu attaché comme ça ?
- Plusieurs heures, j’ignore combien. Donnez-moi juste quelques minutes pour me stabiliser et nous pourrons y aller. Plus vite je serai sorti d’ici et mieux je me porterai. »

Sheik regarda autour de lui et trouva le maigre repas auquel le jeune homme n’avait pas touché.

« Je vois que tu n’as rien mangé, reprocha-t-il en lui montrant la nourriture. Tu as besoin de force. Tu devrais avaler quelque chose avant de nous suivre. Pendant ce temps, je voudrais examiner ton dos.
- J’ai déjà été soigné. En plus, je ne sens presque rien.
- Laisse-moi regarder », insista Sheik.

Résigné, Link prit le morceau de pain que lui tendait son ami et se rassit le laissant observer ses plaies.

« Je vois que Corentin s’est bien occupé de toi ! Il t’a appliqué un antidouleur. Profitons-en pour partir pendant qu’il agit encore !
- Tu connais le garde qui m’a soigné ?
- Les explications devront attendre. Nous te dirons tout le moment venu. Pour l’instant, nous devons sortir d’ici. Tu devrais remettre ta cotte de mailles et ta tunique. Nous pourrions avoir à nous battre. Sais-tu où elles sont ?
- Les soldats me les ont retirées juste avant de m’emmener au rassemblement. J’ignore ce qu’ils en ont fait. »

Le Héros du Temps fit le tour de la pièce et les découvrit roulées en boule dans un coin. Il les ramassa et aida le prisonnier à les enfiler. Ensuite, Sheik lui rendit l’épée que le jeune homme avait laissée dans sa chambre à la taverne.

Link installa le fourreau sur son dos, heureux de retrouver sa lame, se sentant de nouveau apte à se défendre. Quand il fut prêt, ils sortirent dans le couloir. Devant la porte, le fugitif remarqua deux gardes inconscients, couchés sur le sol.

« Nous avons assommé un certain nombre de soldats. Ils ne font qu’obéir aux ordres. Nous ne sommes pas des meurtriers.
- Vous avez bien fait. Par où devons-nous aller ?
- Suis-nous ! »

Les trois amis sortirent de l’impasse en vérifiant que les gardes ne s’étaient pas réveillés. Ils commencèrent à traverser le couloir principal en croisant, de temps en temps, quelques soldats évanouis.

« Vous vous êtes bien débrouillés. Ils sont tous complètement assommés. »

Les fugitifs avaient fait un bon bout de chemin lorsqu’un son de cor se fit entendre. Ils se retournèrent brusquement. Apparemment, la fuite de Link venait d’être découverte. Le trio s’apprêtait à courir vers l’entrée des égouts quand une silhouette leur barra la route.

« Où comptes-tu aller comme ça, demanda le commandant. Ganondorf sera déçu d’apprendre que tu refuses son hospitalité.
- Ainsi, tu n’ignores pas sa véritable identité !
- Surpris ?
- Non, pas vraiment ! Laisse-nous passer ! Nous sommes trois et tu es seul ! Tu n’as aucune chance.
- Crois-tu ? »

Derrière lui, venait d’arriver un petit groupe de soldats qui sortirent leurs armes.

« Le Premier Ministre te l’avait dit : tu ne pourras pas t’échapper et tes amis subiront le même sort que toi ! »

Le commandant désigna Link de sa lame. Ce dernier la reconnut, il s’agissait de la sienne, le cadeau de la princesse.

« Je me charge de celui-là. Occupez-vous des deux autres. »

Link dégaina son arme, l’Épée de Légende, qui au contact de sa main se mit à briller. Elle avait reconnu son maître. A ses côtés, le Héros du Temps et Sheik eurent le même réflexe.

Le commandant s’approcha de son adversaire pendant que les soldats essayaient de faire reculer ses compagnons, pour les éloigner de leur ami.

« Si tu savais depuis combien de temps j’attends de pouvoir me battre contre toi !
- Pour quelle raison ? Que t’ai-je fait ?
- Comme si tu ne le savais pas ! J’ai éprouvé un grand plaisir à te frapper cet après-midi, mais battre quelqu’un qui est incapable de se défendre est la caractéristique des lâches. Je préfère les vrais combats. »

Le duel s’engagea dans l’étroit couloir, à peine éclairé. Le jeune homme avait cet avantage qu’il était habitué à l’obscurité. Ils se battirent pendant un long moment. Aucun des deux ne parvenait à prendre le dessus sur l’autre. Les épées s’entrechoquèrent avec violence. Malgré la rapidité de son opposant, le fugitif réussissait à parer ses attaques.

Inquiet à l’idée de voir ses craintes devenir réalité, Link regarda en direction de ses amis qui se défendaient vaillamment contre un groupe de gardes. Remarquant que ceux-ci s’en sortaient bien, il reporta son attention sur son propre adversaire. Celui-ci avait profité de ces quelques secondes d’inattention pour frapper. Link évita le coup de justesse grâce à un saut sur le côté.

Ce geste l’avait rapproché d’un poste de surveillance où deux soldats gisaient sur le sol. L’un d’eux s’était réveillé. S’apercevant que le jeune homme s’approchait de lui, ce dernier saisit l’occasion de se démarquer des autres. Au moment où le fugitif se retourna vers son opposant, le garde se releva d’un bond. Il plaça son bras droit sur la gorge du héros et attrapa la main qui tenait l’épée.

« Il faut toujours surveiller ses arrières », lui dit-il.

Link, dans l’incapacité de bouger, vit arriver sur lui le commandant.

« Ton sang n’est pas digne de cette arme, dit-il en la rangeant dans son fourreau. Tu ne la méritais pas. Elle est à moi, maintenant. Ce poignard, cadeau de Ganondorf, est bien suffisant pour toi. »

Vernarte leva l’arme et l’abattit sur Link. Elle transperça la cotte de mailles qu’il portait sous sa tunique. Le jeune homme ne put s’empêcher de pousser un cri lorsque la lame s’enfonça dans son épaule gauche et lâcha son épée. La violence du coup était telle que le soldat fut projeté en arrière entraînant sa proie dans sa chute.

« Je croyais que tu voulais un combat loyal, réussit-il à articuler malgré la douleur. Tu te comportes comme un pleutre !
- Il fallait bien t’empêcher de prendre la fuite. »

Souriant avec cruauté, le commandant s’avança vers Link. Il attrapa le manche du poignard qui était planté dans l’épaule du jeune homme et tira lentement, ce qui lui arracha un nouveau cri.

- Tu aurais dû rester gentiment dans ta cellule en attendant de te faire exécuter. Nous t’avions prévenu que tu ne pourrais nous échapper. Maintenant, tu vas regagner ta prison avec une profonde blessure en plus. Nous veillerons à ce qu’elle ne te tue pas, mais tu souffriras…

Link posa sa main droite sur la plaie afin d’arrêter le sang qui en coulait. Vernarte s’approcha alors de l’Épée de Légende. Il se pencha pour la ramasser lorsqu’il reçut un coup à l’arrière de la tête. Le commandant sombra dans l’inconscience avant d’avoir pu comprendre ce qu’il s’était passé.

Son agresseur l’observa et remarqua un objet brillant sur sa poitrine qui lui semblait familier. Celui-ci l’arracha et reconnut la décoration que Link avait obtenue en récompense de ses actions, la médaille du Courage. Il la rangea dans sa poche.

Link releva les yeux et vit le Héros du Temps, la lame levée. Avec Sheik, ils avaient réussi à mettre hors d’état de nuire les soldats qui les avaient attaqués. Ce dernier tendit son bras à son ami pour l’aider à se remettre debout puis il prit l’arme de celui-ci. Le jeune homme préféra cacher à ses alliés la gravité de sa blessure. Ils devaient fuir avant que d’autres gardes ne passent par là ou que le commandant ne se réveille.

« Tu es blessé ? Tu vas pouvoir marcher ?
- Oui, c’est juste une égratignure. Hors de question que je reste ici une minute de plus.
- Dans ce cas, allons-y. »

Ils reprirent leur progression dans les couloirs, Link s’efforçait de ne pas montrer la douleur que lui causait la blessure. Dans l’obscurité, ses compagnons ne remarquèrent pas la tache sombre qui s’agrandissait sur sa tunique. Heureusement pour eux, ils avaient traversé la plus grande partie des sous-sols et arrivèrent rapidement à l’entrée des égouts.

Ils continuèrent à avancer pour mettre le plus de distance possible entre eux et leurs ennemis. Au bout de quinze minutes de marche, une halte fut nécessaire, car Link semblait sur le point de perdre connaissance. Sheik voulut en profiter pour examiner la plaie. Se rendant compte de la gravité de celle-ci, il s’inquiéta.

« C’est ce que tu appelles une égratignure, lui reprocha-t-il. Tu aurais dû me laisser te soigner plus tôt.
- Nous ne pouvions pas rester là-bas. Le risque était trop grand.
- C’est vrai, mais nous aurions pu faire une halte bien avant. Retire tes vêtements, je dois stopper l’hémorragie. »

Avec l’aide du Héros du Temps, Link retira la tunique et la cotte de mailles qui disparurent dans le sac de Sheik. Puis ce dernier commença à s’occuper de la blessure. Il fit un bandage serré pour stopper le saignement.

« Ta plaie est très grave ! Elle pourrait te tuer.
- Tu es capable de me soigner ! Tu l’as déjà fait.
- Non justement ! Je ne peux utiliser mes pouvoirs de guérison, ils sont inexistants ici. À chaque époque, un seul membre de la famille royale possède ce pouvoir. En général, le plus jeune. Il s’agit de la princesse. En traversant le temps, j’ai perdu ma capacité.
- Comment se présente cette blessure ?
- Elle est profonde et tu as perdu beaucoup de sang, dit-il en sortant un flacon de son sac. Bois ça ! C’est de la soupe. Elle est froide, mais elle te fera du bien. Il faut rentrer au plus vite. Tu as besoin de soins urgents. Cette plaie a besoin d’être suturée, mais je ne peux le faire ici. »

Il rangea tout le matériel. Ensuite, le Héros du Temps et Sheik se placèrent de chaque côté de Link et l’aidèrent à se relever. Ils repartirent sans tarder et avancèrent aussi vite que les forces du blessé le leur permettaient. La soupe froide lui avait redonné du cœur au ventre, mais son teint devenait livide. Les fugitifs arrivèrent enfin près de la taverne.

Après avoir vérifié que la voie était libre, ils firent entrer Link par la porte de derrière. Dans la salle de réunion, Iria les attendait en compagnie de Thelma. Un sourire apparut sur leurs visages quand elles aperçurent le jeune homme, mais celui-ci disparut aussitôt, car, à bout de force, ce dernier venait de s’effondrer.

Instantanément, Thelma, qui avait vu le sang sur la tunique, prit les choses en main.

« Allez l’allonger sur son lit, je vous apporte de quoi le soigner. »

Le Héros du Temps, le souleva délicatement et le transporta dans sa chambre. En attendant le retour de la tenancière, Iria et Sheik lui retirèrent sa chemise. Ce dernier avait réussi à contenir l’hémorragie grâce au bandage qu’il lui avait fait pendant leur halte dans les égouts.

Quelques minutes plus tard, Thelma était de retour. Avec du fil et une aiguille, Sheik commença à suturer la plaie après l’avoir désinfectée. Ensuite, il la nettoya de nouveau et la banda soigneusement. Link gémit doucement, mais resta inconscient.

« Il va falloir le surveiller pendant la nuit. À ce niveau, une infection pourrait lui être fatale.
- Je vais m’en occuper, dit Iria. Toi et le Héros du temps, vous devez vous reposer. Moi, j’ai déjà dormi.
- C’est entendu, je vais le laisser à ta garde, mais auparavant, il faut qu’il mange. »

Il se tourna vers Thelma.

« Te reste-t-il de la soupe ?
- Oui, je vais en chercher. Elle est restée sur le feu. Elle doit être encore chaude. Je vous l’apporte tout de suite. »

Sheik sortit une compresse et y versa un liquide à l’odeur forte. Lorsque Thelma revint, il le fit respirer à Link qui ouvrit péniblement les yeux.

« Désolé de t’infliger ça, mais tu dois manger. »

Le jeune homme qui avait été couché sur le dos fit la grimace. Les douleurs causées par ses blessures se mêlaient à celles de son épaule. Sheik l’aida à s’asseoir, lui souleva la tête et lui fit avaler la soupe à laquelle il avait mélangé une potion contre l’infection.

Quand Thelma aperçut les marques laissées par la cravache, elle eut un choc. Comment avait-on pu lui infliger ça, après tout ce qu’il avait déjà vécu ? La tenancière lui fit une promesse silencieuse. Celle de faire tout ce qui était en son pouvoir pour éviter qu’il ne retombe entre leurs mains, même si cela devait lui coûter la vie.

Quand le bol fut vide, Sheik donna ses dernières instructions à Iria.

« Nettoie la plaie régulièrement avec ce produit. Ne t’inquiète pas si la fièvre monte, cela voudra dire que son corps se défend contre l’infection. En cas de problème, viens me réveiller. Ça ira ? »

Iria acquiesça. Elle installa une chaise à côté du lit et s’assit. Sheik quitta la pièce et rejoignit Thelma et le Héros du Temps dans le couloir. Ce dernier observait les vêtements du jeune homme.

« Comment va-t-il, demanda-t-il.
- Difficile à dire pour le moment. Il faut attendre demain matin. Il doit se reposer.
- Regarde sa cotte de mailles. La lame l’a traversée. Quel genre d’arme peut faire autant de dégâts ?
- Seuls les Gerudos connaissent l’art de les fabriquer. Ganondorf a dû l’amener avec lui.
- Que s’est-il passé, questionna Thelma.
- Nous avons été repérés avant d’avoir pu quitter les sous-sols. Apparemment, ils s’attendaient à notre visite. Link s’est battu avec un officier, probablement le fameux commandant Vernarte, pendant qu’un groupe de soldats s’en prenait à Sheik et à moi. Je ne sais pas ce qu’il s’est passé exactement, mais nous l’avons entendu crier. Nous étions sur le point de lui venir en aide quand un second cri a retenti. Son adversaire me tournait le dos alors je l’ai frappé. Ensuite, nous sommes partis. Nous ne savions pas que sa blessure était si sérieuse.
- Nous sommes revenus le plus vite possible, mais nous avons dû faire une halte quand Link a failli faire un malaise, poursuivit Sheik. C’est là que nous nous sommes rendu compte qu’il était gravement touché. J’ai tenté de stopper l’hémorragie et nous sommes revenus. »

Ils se turent un instant. Le Héros du Temps reprit la parole.

« Nous devrions aller nous reposer nous aussi. Nous ne pouvons plus rien pour lui. Il est en de bonnes mains. C’est à lui de se battre pour survivre. »

Ils regagnèrent leurs chambres, le cœur rongé par l’inquiétude.
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MessageSujet: Re: Le Temps d'un Crépuscule (13+)   Dim 11 Nov 2012 - 22:46

Chapitre 11

Le lendemain, la santé du Héros du Crépuscule ne s’était pas améliorée. La blessure s’était infectée et l’avait rendu fébrile. Sheik avait épuisé toutes ses connaissances médicales et était sur le point de demander à Thelma de faire venir le seul patricien de la ville, le docteur Borville. C’est Iria qui l’en empêcha.

« Si tu fais appel à ce charlatan, Link est perdu. Cet homme le déteste et risque de le dénoncer.
- Mes compétences ne sont pas suffisantes pour le sauver. Si nous ne faisons pas appel à un guérisseur, il mourra. »

Thelma venait d’entrer dans la chambre. Elle avait tout entendu.

« Iria a raison. Le docteur Borville s’empressera de le dénoncer ou de l’achever. La seule personne capable de le sauver, vit à Cocorico. C’est un prêtre chaman. Nous pourrions lui demander conseil.
- Reynald, demanda la jeune fille.
- Oui, après tout, il t’a aidé à retrouver la mémoire. Ses connaissances en médecine sont grandes.
- Je vais aller lui parler, ajouta Iria avec conviction. Il pourra nous donner des remèdes et nous expliquer comment vaincre l’infection.
- Non, déclara le Héros du Temps, tu ne dois pas sortir d’ici.
- Il faut pourtant que quelqu’un y aille.
- Quelqu’un le doit, mais ce ne sera pas toi.
- Pourquoi ?
- Parce que tu es recherchée. En tant que complice de Link. Si tu sors, tu risques d’être arrêtée !
- Si je ne vais pas voir le prêtre Reynald, je devrais rester ici à regarder mourir celui que j’aime. Je préfère périr en essayant de le sauver plutôt que de lui survivre ! »

Le Héros du Temps regarda Iria intensément. Le courage de cette jeune fille l’étonnerait toujours.

« Je comprends tes raisons. Tu iras à Cocorico, mais à une seule condition.
- Laquelle ?
- Laisse-moi t’accompagner ! Tu auras peut-être besoin d’une protection. Avant de partir pour le château, Link m’a demandé de veiller sur toi et je compte bien tenir la promesse que je lui ai faite ce jour-là. Je te défendrai tant qu’il ne pourra pas le faire lui-même.
- Je vais écrire une lettre au prêtre, intervint Sheik. Je vais lui exposer l’état de santé de notre ami afin qu’il puisse me donner les remèdes adaptés à son mal. Prenez la cotte de mailles avec vous pour la lui montrer. Cela lui donnera une idée de la lame qui a été utilisée.
- Va vite préparer ton message. Le temps presse.
- Passez par les égouts pour sortir de la ville, leur dit Thelma. Ils vous mèneront près de la porte ouest. À proximité se trouve une écurie. Je vais vous donner un mot pour le palefrenier, c’est un ami. Il vous aidera. Surtout, ne traînez pas en route ! »

Iria et le Héros du Temps se préparèrent rapidement. Une heure plus tard, ils étaient en chemin, emportant avec eux la lettre de Sheik. La traversée des égouts se fit sans aucune difficulté. En arrivant à la sortie, la jeune fille et son protecteur se couvrirent le visage avec les manteaux qu’ils avaient enfilés juste avant de partir.

Ils s’approchèrent de la porte ouest à côté de laquelle se trouvait l’écurie dont la tavernière leur avait parlé. Venant d’apercevoir des gardes postés près de l’entrée de la ville, il stoppa Iria..

« Écoute-moi ! Je vais les attirer ailleurs. Pendant ce temps-là, va voir le palefrenier et prends un cheval. On se retrouve dans vingt minutes dans les bois. »

Iria acquiesça et regarda son compagnon disparaître. Quelques instants plus tard, une pierre vola en direction des deux gardes et atterrit sur la tête de l’un d’entre eux. Furieux, ils se précipitèrent vers l’endroit d’où venait le projectile. Elle en profita pour foncer vers l’écurie.

Sur place, la demoiselle montra la lettre au palefrenier qui reconnut l’écriture de la tavernière. Après l’avoir lue avec attention, il prépara un cheval pour Iria. Celle-ci prit la bride et amena la monture vers le lieu de rendez-vous, avant que les soldats ne reprennent leur poste.

La jeune fille entra dans la forêt et attendit près d’un petit cours d’eau. Elle attacha l’animal à un arbre et s’installa sur une souche pour patienter. Au moment où l’inquiétude commençait à envahir son esprit, des bruits de pas se firent entendre dans son dos. Elle se retourna, prise de panique.

« N’aie pas peur, la rassura le Héros du Temps, c’est moi. Désolé d’avoir été si long. J’ai eu un peu plus de mal que prévu pour me débarrasser d’eux. »

Iria remarqua qu’il tentait de cacher une légère tache de sang sur sa tunique.

« Que s’est-il passé ? Laisse-moi voir !
- Ce n’est pas la peine. Ce n’est pas grave. Nous devons continuer.
- Pas question ! Tu es comme Link. Vous ne prenez jamais le temps de vous soigner. Tu as envie d’être dans le même état que lui ? Non ? Dans ce cas, montre-moi ton bras.
- Calme-toi, ce n’est qu’une égratignure !
- Il me semble que c’est ce qu’il vous a dit après avoir reçu le coup qui risque de le tuer. S’il n’avait pas été affaibli par toutes les épreuves qu’il a subies, il ne serait pas dans cet état maintenant. Ce matin, Sheik n’a même pas réussi à le réveiller. »

Vaincu par l’argument, il se laissa soigner. Iria examina la blessure qui était effectivement superficielle. Après avoir trempé un linge dans l’eau claire du ruisseau, elle la nettoya et utilisa un morceau de sa tunique pour faire un bandage.

« Merci, lui dit-il.
- Excuse-moi de m’être emportée.
- Ne t’en fais pas ! Tu as raison sur certains points.
- Je suis si inquiète, ajouta-t-elle les larmes aux yeux.
- Il est fort. Il se battra pour survivre. Maintenant, allons-y, nous ne devons pas traîner. »

Iria et son protecteur montèrent sur le cheval et partirent au galop en direction du village de Cocorico. En début d’après-midi, ils laissèrent leur monture à l’écart des habitations et continuèrent à pied, pour ne pas attirer l’attention sur eux.

Les deux amis ignoraient si la nouvelle de l’arrestation et de la fuite de Link était parvenue jusque-là, mais ils ne voulaient prendre aucun risque. La survie du jeune homme dépendait de la réussite de leur mission.

Le village s’étendait tout en longueur. L’église du père Reynald se trouvait à proximité de la source, située au sud de la ville. Iria et le Héros du Temps arrivèrent par l’est et pénétrèrent directement dans le bâtiment qui n’était jamais fermé à clé.

Une fois à l’intérieur, ils y rencontrèrent une enfant, âgée d’une dizaine d’années. Ses cheveux noirs faisaient ressortir ses yeux bruns. C’était Louda, la fille de Reynald. Son visage s’éclaira lorsqu’elle reconnut celle qui venait d’entrer, mais se rembrunit rapidement.

« Iria ? Tu n’aurais pas dû venir ici. Il y a des soldats partout, ils vous cherchent Link et toi.
- Nous avons besoin de voir ton père rapidement.
- Il s’occupe de ceux qui vous cherchent. Depuis ce matin, ils fouillent le village. »

Le Héros du Temps s’approcha également en ôtant la capuche qui le dissimulait.

« Peux-tu prévenir ton père que nous souhaitons lui parler ?
- Link, demanda-t-elle en s’approchant, c’est toi ?
- Non, je suis un de ses amis.
- Je vous reconnais, vous êtes aussi sur l’avis de recherche que les gardes nous ont montré. Vous êtes celui qui lui ressemble beaucoup.
- Quel avis de recherche ? »

Louda sortit un parchemin, du petit sac qu’elle portait à la taille et le montra à Iria et à son ami. Le Premier Ministre promettait une forte récompense à toute personne permettant la capture de leur groupe. Ils étaient présentés comme de dangereux criminels.

« Nous ne voulons vous causer aucun ennui, mais nous devons parler à ton père. C’est une question de vie ou de mort. »

Des voix se firent entendre à l’entrée de l’église.

« Vous n’avez qu’à venir voir par vous-même, si vous ne me croyez pas. Je ne cache aucun fugitif dans mon église.
- Nous allons vérifier ! Si vous dites vrai, nous vous laisserons tranquille. »

Louda courut à la fenêtre puis revint vers les nouveaux venus.

« Ils viennent par ici. Descendez dans la cave et ne faites aucun bruit. »

Le Héros du Temps et Iria venaient juste de passer par l’échelle quand la porte s’ouvrit pour laisser entrer le père Reynald et deux soldats.

« Vous voyez bien qu’il n’y a personne, dit le chaman en parcourant la pièce des yeux. Que fais-tu ici, Louda ?
- J’étais venue mettre un peu d’ordre.
- Ces soldats pensent que nous cachons des fugitifs dans notre église. Ils veulent la fouiller.
- C’est une chance, ils vont pouvoir nous aider. Je suis descendue dans la cave tout à l’heure et j’y ai vu un énorme loup. Peut-être pourront-ils nous aider à le faire sortir ?
- C’est que … nous sommes attendus, répondit l’un d’eux. Nous n’avons pas le temps de rester plus longtemps. Merci pour votre coopération, mon père. »

Les soldats sortirent. Quand ils eurent quitté la pièce, Reynald observa son enfant d’un air sévère.

« Qu’est-ce que c’est que cette histoire ? Tu sais que je n’aime pas te voir mentir.
- Ne la grondez pas, elle a fait cela pour nous protéger, mon ami et moi », intervint Iria qui venait de remonter à l’échelle.

Le prêtre se retourna et reconnut immédiatement la jeune fille qu’il serra dans ses bras.

« Je suis content de te voir, mais tu n’aurais pas dû venir. Des rumeurs courent sur ton compte et sur celui de Link. Nous avons entendu dire qu’il s’était mis à agresser les habitants du royaume et qu’il avait même fait évader les anciens complices de Ganondorf.
- Il n’a rien fait, mon père, déclara le Héros du Temps. Quelqu’un cherche à le discréditer pour tenter de s’emparer du pouvoir.
- Je connais bien ce garçon. Je sais qu’il n’est pas capable de tels actes. Je suppose que vous venez me demander de l’aider !
- Comment le savez-vous ?
- Les soldats viennent de m’apprendre son évasion. Ils prétendent qu’il a été blessé. Je devine sur vos visages que c’est la vérité.
- Il est gravement touché et risque de mourir si vous ne l’aidez pas.
- Qu’attendez-vous de moi exactement ?
- Un de nos amis, Sheik, s’est occupé de sa plaie. Il vous a écrit une lettre. Nous avons besoin de remèdes et de conseils. Link est inconscient depuis hier soir. Nous ne parvenons plus à le réveiller. »

Reynald prit le parchemin et se mit à le lire. Ensuite, il leur demanda.

« Avez-vous la cotte de mailles dont il est fait mention dans cet écrit ? »

Le Héros du Temps la lui tendit. Le prêtre l’observa, puis relut la lettre.

« Cette blessure peut le tuer si vous ne la soignez pas correctement. J’ai déjà eu affaire à ce genre de plaies. Je vais répondre à votre ami et lui expliquer comment faire pour la nettoyer. C’est une opération délicate. En est-il capable ?
- Je pense que oui.
- Iria, je compte sur toi pour l’aider. Je vais également vous donner des remèdes suffisamment forts pour combattre ce type d’infection. Il faudra veiller à ce qu’il mange un peu plus. D’après ce qui est dit, il est affaibli par des privations et des mauvais traitements. Attendez-moi ici, je reviens. »

Quand Reynald revint, il portait un grand sac qu’il remit au Héros du Temps.

« Je vous ai mis les remèdes les plus efficaces que je connaisse. Ils sont faits à base de plantes qu’on ne trouve que dans cette région. Ils devraient suffire à le remettre sur pied. Voici la lettre avec mes instructions. Si votre ami les suit, Link pourra être sauvé. Par contre, il faut agir vite. Si vous n’arrivez plus à le réveiller, cela signifie qu’il est déjà en train de sombrer. »

La jeune fille serra le prêtre dans ses bras.

« Merci beaucoup ! Nous n’allons pas rester plus longtemps. Nous ne voulons pas vous faire prendre le moindre risque.
- Soyez prudents ! Les soldats vous cherchent dans tout le royaume. Restez sur vos gardes ! »

Les voyageurs prirent leurs affaires et se préparèrent à sortir de l’église. Reynald passa devant pour vérifier que la voie était libre. Ils quittèrent du village pour regagner l’endroit où l’animal les attendait.

Le jeune homme lança sa monture au galop. Il espérait pouvoir traverser rapidement la plaine d’Hyrule. Les deux amis savaient que la survie de Link dépendait de leur célérité. Au moment où la citadelle venait d’apparaître dans leur champ de vision, ils entendirent le son d’un cor et se retournèrent.

Ils virent foncer sur eux, un groupe de soldats, bien décidés à les empêcher d’atteindre leur but. Conscient qu’un combat pourrait leur être fatal, le Héros du Temps dirigea son cheval vers la forêt toute proche. Il souhaitait pouvoir profiter des arbres pour semer leurs poursuivants et trouver un coin où se cacher.
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MessageSujet: Re: Le Temps d'un Crépuscule (13+)   Ven 27 Déc 2013 - 13:56

Chapitre 12

Pendant ce temps, à la taverne, l’état de santé de Link s’aggravait. La fièvre l’avait gagné et rendait son sommeil très agité. Sheik s’employait à essayer d’enrayer l’infection, mais celle-ci était ancrée en profondeur et le jeune homme n’avait pas suffisamment de forces pour la combattre. Si le prêtre de Cocorico ne trouvait pas un moyen de l’aider, il n’y survivrait pas.

Au fond de son inconscience, Link évoluait dans un monde d’obscurité. Il était dans un long couloir et avançait dans le noir absolu. Ses appels restaient sans réponses…

La nuit était déjà tombée lorsque Thelma entra dans la chambre. Elle apportait un bol de soupe pour le blessé. Sheik prit le récipient et la cuillère et tenta de le faire manger, mais l’agitation du malade ajoutait de la difficulté à sa tâche. Ils durent se mettre à deux pour qu’il en avale péniblement la moitié.

«  Ce n’est pas comme ça qu’il va reprendre des forces, soupira-t-il. Nous devons trouver un autre moyen pour le nourrir. As-tu des nouvelles de nos amis ?
— Non, aucune et je commence à être très inquiète pour eux. Ils devraient être rentrés depuis plusieurs heures. J’espère qu’il ne leur est rien arrivé sur la route.

Juste à ce moment-là, la porte de la chambre de Link s’ouvrit. Le Héros du Temps entra suivi par Iria. Ils semblaient exténués.

«  Que vous est-il arrivé ?
— Nous avons été repérés dans la plaine d’Hyrule. Nous avons réussi à les semer dans la forêt, mais nous avons dû attendre la tombée de la nuit pour rentrer. Nous ne voulions pas prendre le risque d’être suivis. Comment va-t-il ?
— Son état s’aggrave. J’espère que vous me ramenez de quoi le soigner. »

Sheik saisit le paquet que lui tendait le Héros du Temps et regarda les différents remèdes s’y trouvant. Puis il prit la lettre du prêtre et se mit à la lire.

« D’après ce qu’il me dit, je vais devoir nettoyer la plaie en profondeur. Il décrit les différentes étapes. Je vais préparer le matériel nécessaire. Je vais aussi devoir vous demander de sortir pendant l’opération. Iria, peux-tu m’aider ? »

La jeune fille accepta et s’enferma avec Sheik dans la chambre de Link. Le Héros du Temps s’installa dans le couloir. Il était rongé par l’inquiétude. La porte resta fermée plusieurs heures durant. Lorsqu’enfin elle se rouvrit, Sheik semblait très fatigué.

«  Alors ?
— Il faut attendre ! J’ai fait de mon mieux. La blessure a été nettoyée et suturée. Je lui ai donné les différents remèdes de Reynald. Maintenant, c’est à son tour de se battre. Nous allons instaurer surveillance constante. Je vais le garder cette nuit. Iria et toi devriez aller vous reposer. Tu prendras le relais demain matin. »

Le Héros du Temps et Iria quittèrent la pièce pour regagner les leurs.

Quand il se réveilla le lendemain matin, le jeune homme alla tout droit dans la chambre de Link pour avoir des nouvelles du blessé. Sheik était occupé à essayer de lui faire prendre sa potion.

«  Va-t-il mieux, demanda-t-il.
— Je n’ai observé aucun changement.
— Va te reposer, je vais prendre le relais.
— Merci. Je viens de lui donner la potion. Thelma ne va pas tarder avec la soupe. Tu pourras la lui faire avaler ?
— Elle m’aidera en cas de besoin. »

Sheik se leva et regagna sa chambre. Peu après, Thelma fit son apparition dans la pièce. Elle apportait deux bols de potage chaud. Le Héros du Temps la regarda d’un air interrogateur.

«  La seconde est pour toi. Tu n’as rien avalé depuis ton retour de Cocorico. Tu ne lui seras d’aucune utilité si tu tombes malade. »

Le jeune homme sourit à Thelma. Elle ne pouvait s’empêcher d’être aux petits soins pour eux et avait probablement servi le même couplet à Iria. Il accepta le bol que lui tendait Thelma, avec reconnaissance.

«  Les remèdes font-ils de l’effet ?
— Sheik n’a pas observé de mieux durant la nuit.
— As-tu besoin d’aide pour lui faire avaler sa soupe ?
— Je pense que je devrais y arriver.
— Dans ce cas, je te laisse. »

Le Héros du Temps prit le bol et s’approcha du blessé. Avec une infinie patience et une grande douceur, il lui fit boire la totalité du liquide en repensant aux dernières paroles du prêtre :
« Link mène actuellement un combat moral, probablement, le plus difficile de sa vie. Il est perdu dans un monde de ténèbres et se bat contre la mort. Le seul moyen de l’aider est de le ramener à la lumière, de lui faire prendre le bon chemin. »

Le Héros du Temps se mit alors à parler afin de guider son ami.

Seul dans l’obscurité, Link n’avait aucune idée de la direction à prendre. Le couloir qui s’étendait devant lui était semblable à ceux des sous-sols du château. Il croyait n’avoir jamais quitté sa prison et cherchait inlassablement la sortie, craignant de rencontrer des gardes qui le ramèneraient dans sa cellule.

Son chemin se divisait en deux routes : l’une le conduirait à la vie et l’autre à la mort. Le jeune homme tâtonnait pour trouver des indices lui indiquant laquelle emprunter, quand une voix familière, à peine perceptible, se fit entendre. Rassuré, il avança vers l’endroit d’où provenaient les paroles…

Le Héros du temps ne s’était pas arrêté de parler. Il avait observé une réaction sur le visage du blessé. Ses traits s’étaient détendus et son sommeil semblait déjà moins agité.

Lorsqu’Iria apparut, en début d’après-midi, il lui recommanda de continuer à le guider avec des mots pendant qu’il faisait part de sa découverte à ses amis. Ils se relayèrent toute la journée auprès de l’inconscient de façon à ce qu’il y ait toujours quelqu’un à ses côtés.

Cette nuit-là, ils dormirent à tour de rôle. Le jeune homme s’était couché aux petites heures du jour. En s’éveillant, il se rendit directement dans la chambre de Link. Iria s’était endormie sur la chaise à côté du lit.

Link s’était arrêté dans le couloir sombre, les murmures avaient cessé. L’obscurité s’était épaissie. Il n’entendait plus rien. La panique commençait de nouveau à le gagner.

Le nouveau venu la réveilla.
« Va te coucher !
— Je veux veiller sur lui !
— Je reste avec lui ! S’il y a le moindre changement, tu seras prévenue. Tu ne peux rien faire de plus et tu as besoin de repos ! »

Vaincue par l’argument, la jeune fille fit ce que son ami lui conseillait. Ce dernier s’assit à côté du lit et recommença à parler au blessé, l’encourageant à se battre.

Une autre voix se faisait entendre, familière, rassurante. Cette fois, elle ne se contentait pas de murmures. Des mots arrivaient jusqu’à lui.
«  Bats-toi … amis … Iria … courage »

Link se releva et continua d’avancer, tentant de rejoindre la personne qui lui parlait …

En début de soirée, Link n’avait toujours pas ouvert les yeux. Ses compagnons s’organisèrent pour la nuit. Il ne devait jamais rester seul. Iria refusait dorénavant de sortir de la chambre et Thelma lui avait installé un lit dans un coin de la pièce. Elle voulait être présente quand il s’éveillerait.

Le lendemain, il n’y avait aucun changement. Celui qui l’avait veillé cette nuit-là partit se coucher en fin de matinée. Iria et Sheik avaient pris le relais auprès du malade.

Link marchait droit devant lui, suivant la voix qui se fit plus nette, plus douce. Il crut apercevoir une lueur dans l’obscurité et se dirigea vers cet endroit. La lumière était chaude, rassurante…

Le jeune homme se sentit soulevé. Enveloppé d’une impression de bien-être et d’apaisement, il ferma les yeux et se laissa aller…

Lorsque le Héros du Temps rejoignit ses compagnons en début de soirée, Link était immobile. La pâleur très prononcée de son visage lui fit craindre le pire. Sheik s’était endormi sur le bord du lit. Pris de peur, il s’approcha et mit sa main sur le front du blessé.
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MessageSujet: Re: Le Temps d'un Crépuscule (13+)   Mar 29 Avr 2014 - 17:34

La suite ! La suite Very Happy ! Très bonne fan fiction !
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MessageSujet: Re: Le Temps d'un Crépuscule (13+)   Mar 29 Avr 2014 - 18:10

Voici la suite tant attendue, désolée pour l'attente !

Chapitre 13

Link était chaud, mais pas brûlant. Le Héros du Temps observa sa poitrine qui se soulevait de façon régulière. Rassuré, il retira le bandage et examina la blessure. L’infection semblait avoir perdu du terrain. Des bruits de pas se firent entendre derrière lui. Iria venait de s’approcher, en proie à la même peur.

Le jeune homme se tourna vers elle et lui sourit.

«  La fièvre est tombée. Il respire normalement. Je pense que le danger est passé. Il ne reste plus qu’à attendre son réveil. »

Iria continua de s’avancer vers le lit, souhaitant voir l’amélioration de ses propres yeux. La demoiselle posa son regard sur son ami, toujours d’une pâleur extrême. Puis elle poussa un cri qui réveilla Sheik en sursaut.

Tous tournèrent la tête vers Link qui venait d’ouvrir les yeux. Le premier visage qu’il aperçut fut celui d’iria, gonflé par les larmes. Celle-ci était incapable de parler, tant son émotion était grande. Elle lui prit la main et la serra sur son cœur.

Le Héros du Temps pivota vers Sheik.

«  Va dire à Thelma que notre ami s’est réveillé et qu’il a besoin de manger autre chose que de la soupe. »

Link tourna la tête vers eux et leur sourit également. Sheik se leva et quitta la pièce. Le Héros du Temps s’avança vers le blessé.

«  Comment te sens-tu », demanda-t-il.

Le jeune homme voulut parler, mais aucun son ne sortit de sa bouche. Iria alla chercher un verre d’eau et l’approcha de ses lèvres. Il but quelques gorgées.

«  Merci, réussit-il à articuler d’une voix rauque. Je me sens excessivement fatigué et affamé.
— Thelma va t’apporter de quoi reprendre des forces. Tu peux te vanter de nous avoir fait peur. »

Surpris par les paroles de son ami, Link s’apprêtait à l’interroger quand la porte s’ouvrit sur Thelma qui apportait un plateau. Elle le posa sur la table située au fond de la pièce et s’approcha du lit.

« Tu es enfin réveillé », dit-elle, les larmes aux yeux.

Le blessé regarda les autres avec un air interrogateur.

«  Vous commencez à m’effrayer ! Je vous ai fait peur ? Je suis enfin réveillé ? Que s’est-il passé ? J’ai dormi combien de temps ?
— Calme-toi ! Quelle est la dernière chose dont tu te souviennes ?
— Vous êtes venus me chercher dans ma cellule et nous avons essayé de sortir des sous-sols. Nous avons été repérés et j’ai été blessé pendant le combat. Ce qu’il s’est passé ensuite est un peu flou. Je me rappelle des égouts…
— Ta blessure était très profonde et a causé pas mal de dégâts. De plus, tu nous as caché la gravité de ton état.
— Que veux-tu dire ?
— Nous aurions dû arrêter l’hémorragie beaucoup plus tôt. Tu as perdu du sang en grande quantité. Nous avons réussi à te ramener ici, mais tu t’es évanoui en arrivant, il y a trois jours de cela.
— Trois jours ?
— Tu as de la chance d’être encore en vie.
— Assez parlé pour l’instant, déclara Thelma. Tu as besoin de manger pour reprendre des forces. Assieds-toi, je t’apporte le plateau. »

Link voulut se relever, mais il sentit une douleur fulgurante à l’épaule qui lui arracha un gémissement.

«  Attends, je vais t’aider », lui dit le Héros du Temps.
Thelma posa le plateau devant lui. Le jeune homme fit honneur au repas qu’elle lui avait apporté. Quand il eut terminé, ses amis s’aperçurent que la fatigue le gagnait de nouveau.

«  Au fait, je voulais te rendre ceci, dit le Héros du Temps en lui tendant un petit objet brillant.
— La Médaille du Courage. Où l’as-tu trouvée ?
— Sur celui qui a failli te tuer. Je l’ai aperçue sur lui au moment où je l’assommais.
— Le commandant Vernarte me l’a prise le jour où il m’a arrêté. Merci de l’avoir récupérée.
— De rien ! Je savais que tu y tenais. Nous allons te laisser te reposer. Nous parlerons de ce qui s’est passé demain matin.
— Je vais rester avec lui », déclara Iria, en installant une chaise à côté du blessé.

Link posa la médaille sur le petit meuble situé à la tête du lit et se tourna vers elle. Il lui sourit et s’assoupit. La demoiselle glissa sa main au creux de celle du jeune homme et le regarda dormir. Les trois autres quittèrent la pièce en silence.

Quand il se réveilla le lendemain matin, il avait repris un peu de couleurs. Sheik était venu s’occuper de la blessure qui commençait à cicatriser.

«  Les remèdes du père Reynald sont très efficaces. Tu as de la chance d’avoir un ami tel que lui.
— Reynald ?
— J’étais impuissant face à l’infection qui te rongeait. Iria et le Héros du Temps sont allés trouver cet homme dans le village de Cocorico pour lui demander son aide. Il nous a donné des remèdes et la méthode pour te soigner.
— Iria ? Mais ?
— Ne lui fais aucun reproche. C’est grâce à son courage si tu es toujours en vie, ne l’oublie pas ! De plus, elle avait un protecteur. Celui que tu lui avais choisi ! »

Après quelques instants de silence, Sheik reprit.

« Il faudrait que nous fassions un point sur la situation. Penses-tu avoir la force de nous raconter ton histoire ?
— Je ne pourrais sans doute pas mener un combat tout de suite, mais je pense pouvoir soutenir une conversation, lui répondit-il en souriant.
— Dans ce cas, je vais chercher notre ami. »

Sheik se leva et quitta la pièce. Il revint quelques minutes plus tard, accompagné du Héros du Temps.

« Avant d’aller plus loin, je voudrais vous remercier tous les deux. Si vous n’étiez pas venu me chercher, je pense que j’aurais eu du mal à m’en sortir cette fois.
— Nous n’étions pas seuls. Nous te raconterons. Pour commencer, l’officier qui t’a blessé, est-ce le commandant Vernarte ?
— Oui, c’était lui. Pourquoi cette question ?
— Thelma nous a appris qu’il t’en voulait personnellement. Sais-tu pourquoi ?
— Aucune idée, je ne l’avais jamais rencontré avant qu’il m’arrête devant les portes du palais. J’ai appris son animosité envers moi de la bouche de Ganondorf. Il me l’a confirmée par ses actes et ses paroles. Les coups qu’il m’a donnés ont prouvé sa haine envers moi.
— Je confirme, dit Sheik. Il a laissé des marques profondes.
— Que s’est-il passé exactement dans le couloir, reprit le Héros du Temps.
— J’ai eu un moment d’inattention pendant le combat. Je m’inquiétais pour vous. Nabooru avait raison quand elle me disait que je ne devais pas me laisser déconcentrer par mes émotions. Après avoir fait un saut de côté, j’ai senti quelqu’un arriver derrière moi. C’était un des gardes qui m’a attrapé par le cou et a immobilisé ma main gauche. Le commandant en a profité pour planter son poignard dans mon épaule. Le choc m’a fait tomber. Ensuite, il est revenu vers moi et a retiré la lame. J’ai lu dans ses yeux le plaisir que cet acte lui procurait. Je ne sais pas pour quelle raison Vernarte me déteste à ce point, mais ce sentiment est profond chez lui.
— D’après les informations que nous avons pu obtenir, il a fait partie des personnes qui ont été emprisonnées après la chute de Ganondorf. Après sa réhabilitation, un commandement lui a été offert en compensation des préjudices subis.
— Son nom ne me dit rien, mais je n’ai pas pris part à toutes les incarcérations. J’étais chargé de gérer les équipes. Si une erreur a effectivement été commise, c’est possible qu’il m’en tienne pour responsable. Tout a été fait sous mon autorité.
— Parle-nous de ta détention.
— Après mon arrestation, j’ai été emmené dans la cellule dans laquelle vous m’avez trouvé. J’ignorais encore pourquoi j’avais été enfermé. Ils n’ont rien voulu me dire. Le lendemain, j’ai été interrogé par le commandant et Ganondorf. Il a réussi à se faire nommer Premier Ministre.
— Premier Ministre ? Comment a-t-il fait ?
— Il a réussi à obtenir la coopération de la princesse, en utilisant la même méthode que pour Nabooru. J’ai vu la pierre autour de son cou et le mandat d’arrêt qu’elle a signé contre moi, sous l’influence de cet immonde personnage. Ils m’ont fait sortir de ma cellule pour que j’assiste à une parodie de jugement au bout duquel j’ai été condamné à mort.
— Qu’est-ce que tu entends par là ?
— Ganondorf a créé son jury avec des hommes qui lui sont soumis. J’étais déjà déclaré coupable avant de commencer. Ils se sont contentés d’énumérer les chefs d’accusation et d’écouter les témoins. Ensuite, chacun d’entre eux m’a déclaré coupable, sans avoir besoin de se concerter ou même de réfléchir.
— Tu as reconnu ces hommes ?
— Non, la seule source de lumière de la pièce placée juste au dessus d’eux, m’empêchait de distinguer quoi que ce soit. J’ai juste reconnu Ganondorf.
— Pourrait-il s’agir des complices évadés ?
— Je ne le pense pas. Il a dû les envoyer loin ou les supprimer pour ne pas risquer de compromettre son plan pour me faire exécuter. Par contre, il peut s’agir de ceux qui ont échappé aux recherches.
— Et les témoins ? »

Link regarda le Héros du Temps dans les yeux.

« Ce sont des habitants du royaume. Ils ont vu un homme de Ganondorf capable de prendre l’apparence d’un autre.
— Oui, nous avons su que les habitants pensaient t’avoir vu commettre ces délits. Quelqu’un qui s’est fait passé pour toi ?
— Pire que ça ! Te rappelles-tu de la nuit où tu as découvert ma véritable identité, tu m’avais pris pour un de tes ennemis ?
— Oui, je me souviens… Ne me dis pas qu’il a survécu…
— Malheureusement si, tu n’as réussi qu’à l’affaiblir. Ganondorf a fait appel à lui pour me discréditer aux yeux du peuple. Il a pris mon apparence pour agresser les habitants et pour faire évader tous les complices de son maître qui étaient emprisonnés au château.
— Et maintenant, tout le monde croit que c’est toi qui as commis ces actes, ajouta Sheik. Je comprends mieux pourquoi les gens te regardaient avec ce mélange de peur et de colère, le jour de ton arrestation.
— Comment ? Que dis-tu ?
— Je t’ai suivi ce jour-là. J’avais un mauvais pressentiment. Tu n’as peut-être pas remarqué mais les Hyliens n’avaient pas l’air content de te voir. »

Link réfléchit un instant.

« Je ne me suis rendu compte de rien, mais j’ai vu de la peur dans les yeux des deux premiers gardes que j’ai rencontrés. Il a dû faire de terribles dégâts sous mon apparence. Donc, tu étais là ?
— Je n’ai malheureusement pas pu t’aider face aux soldats. Ils étaient trop nombreux. Je suis rentré et nous avons mis des mesures en place pour te faire évader. Ganondorf était à l’intérieur du château. J’ai compris que la situation était grave.
— Si nous avons pu te sauver, c’est parce que nous avons pu réagir très vite. Si Sheik ne t’avait pas pris en filature, nous n’aurions pas su où te chercher.
— J’en suis conscient. Je ne vous remercierai jamais assez.
— Grâce à Thelma, reprit le Héros du Temps, nous avons pu avoir de tes nouvelles et suivre le déroulement de ton accusation. Nous avons appris que tu avais été condamné à mort et avons préféré agir rapidement.
— Comment a-t-elle fait ?
— Grâce à un de ses amis qui s’est engagé dans l’armée d’Hyrule, Corentin. Nous avons obtenu un plan des prisons avec l’emplacement de ta cellule et des différents postes de garde. Sans ce document, nous n’aurions rien pu faire. Tu as vu le trajet que nous avons fait pour revenir ici. Nous avons emprunté le même dans le sens inverse en prenant soin d’assommer tous les gardes. Et nous sommes là.
— Corentin, ce nom m’est familier. Ce garçon est courageux. Il a pris des risques considérables.
— Tu n’imagines pas à quel point ? Il s’agit du jeune homme qui t’apportait tes repas.
— Son visage ne m’était pas inconnu. Je comprends mieux pourquoi. J’ai dû le croiser à plusieurs reprises. C’est lui qui s’est occupé de mes plaies. Il s’est présenté et m’a affirmé que vous alliez m’aider à fuir.
— Ce soir-là, il nous a dit que tu étais sur le point de cesser le combat et que tu n’avais rien mangé. Ce qui s’est révélé exact. Il t’a probablement sauvé la vie. Guérir d’une blessure pareille après s’être privé comme tu l’as fait, ça n’arrive pas souvent. Si je ne t’avais pas forcé la main, tu ne serais peut-être plus là !
— C’est vrai. Je lui dois beaucoup. Ainsi qu’à vous tous.
— As-tu appris d’autres choses que nous devrions connaître ?
— Oui, j’ai reçu la visite de Ganondorf qui est venu pour me faire comprendre que je ne pouvais pas lui échapper. Il était sûr de lui et avec raison. Sans votre intervention, j’y serais encore. Son but était de me faire peur. Malheureusement, c’est réussi.
— Qu’a-t-il dit ?
— Que j’assisterai à l’exécution d’Iria. Il savait que vous tenteriez quelque chose pour me sauver. Selon lui, vous n’aviez aucune chance d’y arriver.
— Il s’est trompé.
— Il semble bien plus fort et plus organisé que je ne le croyais. La princesse Zelda est toujours entre ses mains. Nous devons trouver un moyen de l’aider. Que pouvons-nous faire ?

Une voix derrière lui répondit.
« Rien ! Pour l’instant, toi et tes amis, vous restez ici et vous nous laissez faire ! Tu as une sérieuse blessure. Tu ne seras utile à personne en morceaux ! »
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Emilink

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MessageSujet: Re: Le Temps d'un Crépuscule (13+)   Mar 6 Mai 2014 - 17:43

J'aime beaucoup ta fanfic et je la suis assidûment. Bravo !! Wink
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Cristal

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MessageSujet: Re: Le Temps d'un Crépuscule (13+)   Mar 6 Mai 2014 - 20:16

Merci beaucoup, je suis contente qu'elle te plaise ^^

Chapitre 14

Link se tourna vers la porte, venant de reconnaître la voix de son maître d’armes, Moï. Il voulut se lever pour aller l’accueillir, mais le Héros du Temps l’en empêcha.

« Reste couché, tu n’as pas assez de forces pour l’instant. »

Le nouveau venu s’avança et vint serrer la main du jeune homme puis il prit une chaise et s’assit près du lit.

« Il a raison. Tu dois prendre soin de toi. D’après Thelma, tu as failli y rester. Je ne voudrais pas annoncer ta mort à ton plus grand fan.
— Colin ?
— Lui-même. Il est toujours en train de parler de toi. Il t’admire beaucoup, tu sais », ajouta Moï avec un sourire.

Le visage de Link se rembrunit.

« Pourtant, je ne suis pas un héros. J’ai passé les derniers jours à mettre beaucoup de monde en difficulté. Maintenant, je suis devenu inutile. Je suis même un poids pour mes amis.
— Ne dis pas de bêtises. Tu te remettras vite et tu pourras reprendre le combat. Donne-toi juste le temps de guérir. N’oublie pas que tu es l’Elu, ajouta-t-il en montrant la marque de la Triforce sur sa main gauche. Pour l’instant, reste caché.
— Pourquoi ?
— Ta fuite est encore trop récente, continua-t-il. Fais un pas dehors et tu auras une meute de soldats et d’habitants à tes trousses. La plupart te croient coupable et les autres veulent la récompense.
— Ganondorf a bien fait les choses !
— Ainsi, c’est donc bien lui qui est derrière tout ça. J’aurais dû m’en douter. Frodnonag. Il a juste inversé son nom. Depuis que la princesse est souffrante, c’est lui qui dirige le royaume.
— C’est l’excuse qu’il donne concernant son absence ?
— Oui, tu as d’autres informations !
— Je l’ai vue lors de l’annonce de ma condamnation. Quand j’ai compris ce qui allait se passer, j’ai cherché du secours auprès d’elle. Je me suis vite rendu compte que je ne devais rien attendre de sa part. Ganondorf la tient en son pouvoir.
— Mais n’avais-tu pas éliminé ce tyran ?
— Si, mais c’est une longue histoire.
— Raconte-moi, je serai mieux en mesure de t’aider si je connais les détails de ton aventure. »

Link raconta à Moï, tout ce qui lui était arrivé. Il savait qu’il pouvait avoir confiance en cet homme.

« Je vois ! Donc, je te confirme ce que je te disais en arrivant. Tu ne bouges pas d’ici pour l’instant. Tes amis non plus.
— Nous ne pouvons pas rester sans rien faire !
— Votre heure viendra, sois patient ! Je vais rappeler les membres de la Résistance. Nous allons chercher des informations pour vous. Nous passerons plus facilement inaperçus. En plus, dans ton état, tu dois d’abord penser à te soigner et tes amis ne connaissent pas la région.
— Il semble que nous n’ayons pas trop le choix. Merci Moï et surtout sois prudent. Je ne voudrais pas annoncer de mauvaise nouvelle à ta femme et à tes deux enfants. »

L’homme lui adressa un clin d’œil.

« Mais au fait, comment as-tu su que nous étions ici ?
— Le soir de la Fête du Triomphe, nous étions là et nous avons appris ton arrestation. Tout le monde pensait qu’il s’agissait d’une erreur et que tu serais relâché rapidement. Personne dans le village ne croit à ces mensonges, nous te connaissons trop bien. Alors, je suis resté en ville pour en savoir davantage, mais je ne parvenais pas à obtenir de tes nouvelles.
— Nous avons également eu des difficultés pour obtenir des informations, intervint le Héros du Temps. Apparemment, Ganondorf ne voulait pas que cette nouvelle se répande. Comment avez-vous appris qu’il avait été emprisonné ?
— Par Corentin, dit-il en regardant le jeune homme. Je ne sais pas si tu te souviens de lui, mais il faisait partie de la Résistance. Il a assisté à ton incarcération et est venu me le dire.
— Nous le connaissons, ajouta Sheik. C’est grâce à lui si nous avons pu faire évader Link.
— C’est lui, le fameux garde qui vous a aidé ? Je n’avais pas fait le rapprochement ! Ça ne m’étonne pas !
— Tout ça ne nous dit pas comment tu nous as trouvés, reprit le blessé.
— N’obtenant aucune information du château, je suis retourné au village. Je ne suis revenu que ce matin. J’ai entendu des soldats parler d’une récompense pour ta capture. J’en ai conclu que tu t’étais enfui et je suis directement venu ici, pensant que Thelma saurait quelque chose. Apparemment, c’était le cas. Méfie-toi, ils savent que tu n’as pas pu aller bien loin avec ta blessure. »

* * *

Les semaines passèrent. La vie s’était organisée autour du petit groupe de fugitifs. Après des jours de recherches, les habitants s’étaient peu à peu désintéressés de la récompense promise pour leur capture. Tous pensaient que les évadés avaient quitté le pays et qu’ils ne les reverraient probablement jamais.

Link avait de plus en plus de mal à demeurer caché. Sa guérison était en cours : les plaies de son dos s’étaient refermées, mais celle de son épaule restait encore fragile. Elle était susceptible de se rouvrir.

Le jeune homme pouvait maintenant sortir de sa chambre, mais ne supportait pas l’idée que d’autres risquent leurs existences alors que lui se terrait dans la taverne. Ses compagnons le sentaient prêt à commettre un acte stupide. La plus inquiète était Iria.

Pour calmer l’impatience du convalescent, le Héros du Temps organisait des séances d’entrainement pour qu’il apprenne à utiliser son épée de la main droite tant que sa blessure ne serait pas complètement guérie.

Ce soir-là, l’établissement était désert, c’était le jour de fermeture. Ils étaient tous installés dans la salle principale quand la porte s’ouvrit. C’était Lafrel, un des amis de Moï et ancien membre de la Résistance ! Il entra en titubant une flèche dans la poitrine. Tous se retournèrent vers lui.

Il était venu à la taverne plusieurs fois en compagnie du maître d’armes, pour donner les informations, bien minces, qu’ils avaient collectées.

« Fuyez ! Ils savent où vous êtes ! Ils arrivent. »

Il s’écroula. Thelma et Link se précipitèrent vers lui.

« Laisse-moi m’occuper de lui ! Prends Iria avec toi et pars par les égouts avec tes amis. Faites vite ! »

Le jeune homme voulut protester, mais elle l’en empêcha.

« Lafrel ne peut vous suivre et il faut quelqu’un pour le soigner. Les soldats m’apprécient. Je leur ferais croire que j’ignorais qui vous étiez. File ! »

Link ne pouvait se résigner à partir, ne supportant pas l’idée de laisser ses compagnons se faire attraper à sa place. Sans l’intervention de Sheik qui l’obligea à les suivre, il aurait certainement été repris par les gardes qui entrèrent juste après leur départ.

Ayant déjà emprunté ce passage, Iria et le Héros du Temps purent guider les autres dans les sombres couloirs. Ils arrivèrent sans encombre jusqu’à la sortie. Une fois dehors, les fugitifs se retrouvèrent face à une troupe armée qui les attendait.

Le combat s’engagea. Les ennemis étaient nombreux. Link essayait de protéger son amie, mais malgré l’entraînement qu’il s’était imposé pendant ces longues semaines, sa main droite ne maniait pas sa lame avec la dextérité nécessaire. S’efforçant de maintenir Iria à l’écart des soldats avec son bras blessé, le jeune homme n’utilisait pas le bouclier qui était devenu un handicap supplémentaire.

Soudain, des bruits de galop se firent entendre. Ils tournèrent la tête et virent Moï, galoper vers eux. Il montait un cheval et en tenait deux autres par la bride derrière lesquels Epona trottait en liberté. Avec l’aide de leurs épées, les compagnons tentèrent de se frayer un passage jusqu’à lui. Les rangs des ennemis s’étaient déjà quelque peu clairsemés. Beaucoup d’entre eux étaient évanouis sur le sol.

Les fugitifs se mirent alors à courir en direction de Moï et des montures. Le Héros du Temps fut le premier à grimper sur sa selle, suivi de Sheik. Link était un peu plus lent, car il tirait Iria derrière lui, en proie à la panique.

Ils étaient presque arrivés jusqu’à Epona, lorsque l’impensable se produisit. Link sentit soudain un poids le traîner en arrière et se retourna. Deux soldats les avaient rattrapés. L’un d’eux avait empoigné Iria et essayait de l’entraîner. Il dégaina son arme pour la défendre, mais l’autre garde commença à le frapper pour aider son compagnon.

La main de son amie lui échapper petit à petit. Il dut faire face aux attaques du second garde pendant que le premier tentait de l’éloigner d’elle. Lorsque leurs doigts se séparèrent, le jeune homme redoubla d’efforts pour vaincre son adversaire.

Il réussit à le faire tomber et s’apprêtait à rebrousser chemin pour aller secourir Iria quand le Héros du Temps, qui était descendu de son cheval, lui asséna un coup de poing pour l’assommer.

« Tu dois rester libre pour pouvoir la sauver, lui dit-il juste avant de le frapper. Pardonne-moi ! »

Link s’écroula avant d’avoir pu comprendre. Puis il fut soulevé par son ami qui le déposa sur son destrier et monta derrière. Ils partirent au galop, car les ennemis toujours aussi nombreux arrivaient de nouveau sur eux. Epona suivit le groupe docilement. Après avoir réussi à distancer leurs adversaires, ils cherchèrent un endroit pour se cacher. Moï connaissait une grotte non loin de là. Les fugitifs s’y installèrent et couchèrent l’inconscient à côté du feu qu’ils avaient allumé.

Le Héros du Temps pensait que Link risquait de lui reprocher de ne pas l’avoir laissé aider Iria, mais il savait également qu’il avait pris la bonne décision. Il finirait par le comprendre.

Tous attendaient son réveil avec crainte. Comment allait-il réagir face à la nouvelle de la capture d’Iria ? Ses nerfs avaient déjà été mis à rudes épreuves et son immobilité forcée des semaines précédentes n’avait pas amélioré son humeur.

Sheik en profita pour examiner l’épaule du jeune homme, car une tache de sang était de nouveau apparue sur la tunique, mais il eut à peine la possibilité de constater les dégâts avant que Link n’ouvre les yeux. Ce dernier se leva d’un bond en appelant son amie par son prénom et regarda autour de lui.

« Que s’est-il passé ? Où sommes-nous ? Où est Iria ?
— Reste tranquille, lui dit Sheik, ta blessure s’est rouverte. Je dois te soigner. »

Mais il se dégagea.

« Pas avant que tu n’aies répondu à mes questions !
— Elle a été emmenée, intervint le Héros du Temps. Et j’ai été obligé de te frapper ! »

Link était prêt à se battre avec celui qui par deux fois lui avait sauvé la vie. La tache de sang s’agrandissait sur sa tunique, mais il ne la sentait pas. Sa colère l’empêchait de percevoir les choses correctement.

« Pourquoi as-tu fait ça ?
— Pour t’empêcher de commettre l’irréparable. Tu pensais venir à bout d’une armée à toi tout seul ? Tu lui seras beaucoup plus utile libre que prisonnier. Je t’ai évité de te faire reprendre.
— Ganondorf va se venger de moi à travers elle, hurla Link. Tu viens de la condamner à mort. Je t’ai dit qu’il voulait la tuer.
— Devant toi ! La supprimer maintenant ne lui sera d’aucune utilité. Elle constitue un otage idéal, il ne lui fera rien tant que tu ne seras pas également entre ses mains. Si je t’avais laissé faire, tu serais en train de la regarder mourir. Tu devrais me remercier au lieu de me hurler dessus. »

Link lui tourna le dos. Il savait que son compagnon avait raison, mais la colère le rongeait. Bien sûr celle-ci était plus dirigée contre lui-même que contre son ami. Après tout, c’est lui qui l’avait lâchée. Il se mit à courir en direction de la forêt. Le Héros du Temps et Sheik voulurent le suivre, mais Moï les arrêta.

« Non ! Laissez-le se calmer. Link a besoin d’être seul et doit comprendre par lui-même la raison de ton geste. Ne vous inquiétez pas, il n’ira pas bien loin. »

En effet, le jeune homme s’était arrêté quelques mètres plus loin, s’effondrant sur le sol. Pour la première fois depuis longtemps, Link se mit à pleurer, laissant les larmes inonder ses yeux et ses joues. Cette fois, il avait atteint la limite du supportable.

Pourquoi n’avait-il pas pu empêcher ses ennemis de s’emparer de celle qui faisait battre son cœur ? Son hésitation à la taverne était-elle responsable de la situation actuelle ? Où était Iria en ce moment ? Pensait-elle qu’il l’avait abandonnée ?

Toutes ces questions lui torturaient l’esprit. Il devait absolument se ressaisir pour pouvoir l’aider. Link resta un bon moment seul, attendant de retrouver son calme. Le jeune homme se culpabilisait d’avoir traité celui qui l’avait sauvé de cette manière. Présenter ses excuses serait la première chose à faire à son retour.
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Vicnin

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MessageSujet: Re: Le Temps d'un Crépuscule (13+)   Ven 5 Sep 2014 - 20:42

Je peut pas m’empêcher d’apprécier ton travail qui est juste exceptionnel Smile je suis pas fan des fan fiction de base mais celle la j'accroche à fond ! Very Happy
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Cristal

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MessageSujet: Re: Le Temps d'un Crépuscule (13+)   Dim 7 Sep 2014 - 22:12

Merci beaucoup. ^_^

Chapitre 15

La nuit s’achevait et le Héros du Temps commençait à s’inquiéter. Cela faisait un bon moment que Link était parti et il craignait que ce dernier n’ait eu l’idée folle de voler au secours d’Iria, seul. Quelques minutes plus tard, le jeune homme reparut et s’approcha de son ami.

« Je te dois des excuses. Je n’aurais pas dû m’énerver contre toi. Tu as fait ce que tu as pu pour m’aider. Tu m’as sauvé la vie à deux reprises et je te remercie en te hurlant dessus. Je suis désolé.
— Je te comprends. C’est ton amie et tu es inquiet pour elle. Nous irons la délivrer. Je t’en fais la promesse. Avant tout, tu devrais aller faire soigner ton épaule. Je vois que ta blessure saigne encore.
— Tu as raison, j’y vais. »

Sheik qui avait tout entendu s’approcha du jeune homme et l’emmena s’asseoir sur une souche d’arbre pour pouvoir examiner la plaie. Plusieurs points avaient sauté. Il proposa à Link de prendre une potion pour l’étourdir un peu, mais celui-ci refusa.

« Pas besoin. Je veux garder les idées claires. Nous devons rapidement préparer un plan pour sauver Iria. »

Sheik refit la suture, nettoya la blessure et lui remit un bandage serré. Ensuite, Link le remercia et s’approcha de Moï qui était resté près du feu.

« Tu es arrivé au bon moment. Sans toi, nous n’aurions pu fuir.
— Nous n’avons pas été assez rapides.
— Que veux-tu dire ?
— Lafrel et moi avions découvert que Ganondorf savait où vous étiez. D’après nos informations, l’attaque ne devait avoir lieu que ce matin. Alors, nous avons préféré attendre que la nuit soit tombée pour vous prévenir, imaginant qu’il ferait garder la taverne.
— Vous avez eu raison. S’ils vous avaient vu entrer, cela n’aurait fait que confirmer notre présence.
— Lorsque nous sommes arrivés, nous avons effectivement vu des gardes, mais ceux-ci n’étaient pas là pour vous surveiller. Ils se préparaient à donner l’assaut. J’ai envoyé Lafrel vous prévenir et je suis venu vous attendre à la sortie des égouts. Avec Thelma, nous avions convenu qu’elle vous ferait partir par là, en cas de problème.
— Il est bien venu nous avertir, mais ils l’ont blessé ! Lorsque nous nous sommes échappés, nous n’avons pu l’emmener avec nous. Nous ignorons tout de son sort.
— Ne te reproche rien, ses intentions n’étaient pas de vous suivre. Il voulait couvrir votre fuite.
— Comment Ganondorf a-t-il su où nous nous cachions ?
— Il a vite compris que quelqu’un avait donné un plan de la prison à tes amis. Ils t’ont trouvé trop facilement. La cellule où tu étais enfermé est inaccessible sans connaître les lieux.
— Moi-même, j’en ignorais l’existence.
— Il a découvert que vous étiez passés par les égouts. Cela fait des jours que ses soldats les explorent. Malheureusement, vous avez laissé des traces de votre passage.
— Le sang, intervint le Héros du Temps qui s’était joint à la conversation. Tu en as perdu beaucoup, même si Sheik a réussi à limiter les dégâts.
— Oui, ils n’ont eu qu’à suivre la piste que vous aviez laissée pour retrouver la sortie près de la taverne. Il ne restait plus qu’à faire surveiller le quartier. Tu devines la suite.
— Comment as-tu appris tout ça ?
— Par Corentin ! Il a pris le risque de venir nous informer du danger qui vous menaçait.
— Pourquoi n’est-il pas venu nous prévenir directement ?
— Son supérieur ne devait pas apprendre qu’il était en contact avec tes amis. C’est lui qui nous a dit qu’ils n’attaqueraient que demain !
— Si les gardes ont donné l’assaut avec de l’avance, ça veut dire que son implication a été découverte.
— Probablement ! Un garçon si courageux.
— Nous le sauverons en même temps qu’Iria. Je lui dois bien ça ! Sans lui, je serais probablement toujours enfermé. Que fait-on maintenant ? »

Un silence s’installa entre eux. Link réfléchissait aux différentes possibilités qui s’offraient à eux. Après quelques instants d’hésitation, Moï reprit la parole.

« Je vais retourner en ville. Je suis celui qui passera le plus facilement inaperçu. J’irai prendre des nouvelles de Lafrel à la taverne et j’essayerai de voir si je peux en apprendre un peu plus sur Iria et sur Corentin.
— Pas question, répondit le jeune homme. C’est trop dangereux !
— On n’a pas le choix. Il faut que quelqu’un le fasse. Je suis le mieux placé. Ganondorf ne me connait pas.
— Les soldats t’ont vu. Il a certainement une bonne description de toi. Ta tête doit avoir été mise à prix.
— Link a raison, intervint le Héros du Temps. Il vaut mieux être deux pour qu’en cas de pépin, quelqu’un puisse prévenir les autres. Je viens avec toi.
— C’est à moi d’y aller, s’emporta le jeune homme.
— Tu es trop concerné et tu ne pourras pas te contrôler, si tu la vois. De plus, avec ton épaule, tu ne peux pas te battre. Laisse-moi y aller !
— Il a raison, fit remarquer Sheik. Tu as encore besoin de repos. Dans ton état, tu ne seras utile à personne. »

Le jeune homme regarda ses amis. Il devait bien admettre qu’ils avaient raison : sa blessure le faisait souffrir et ne lui permettrait sans doute pas de monter à cheval. Pourtant, son seul désir était d’agir pour sauver Iria.

« D’accord, mais ne restez pas partis trop longtemps. Si le lendemain de votre départ, vous n’êtes pas rentrés, je vous rejoins.
— C’est entendu. »

Le lendemain matin, le Héros du Temps et Moï prirent le chemin de la citadelle, leurs visages dissimulés sous de grandes capes de voyage. Link passa la journée à tourner en rond, ne sachant que faire pour calmer son impatience. Il espérait que ses amis ne resteraient pas partis trop longtemps, mais les heures s’écoulèrent et ils ne revenaient pas.

Link repensait à Iria, se rappelant du jour de la Fête de Triomphe. C’est à ce moment-là qu’il avait prévu d’avouer ses sentiments à la jeune fille, mais les événements en avaient décidé autrement. Et depuis, l’occasion ne s’était pas présentée.

La nuit tomba et avec elle, les inquiétudes. Il était plus de minuit quand ils rentrèrent enfin. À voir leurs têtes, Link et Sheik comprirent que les nouvelles n’étaient pas bonnes. S’inquiétant pour son amie, il demanda

« Iria, elle …
— Elle est vivante, lui dit le Héros du Temps. Ganondorf ne lui fera aucun mal. Il a besoin d’elle comme monnaie d’échange.
— Que veux-tu dire ?
— Nous sommes entrés dans la citadelle séparément. Moï devait se rendre à la taverne pour prendre des nouvelles de Thelma et de Lafrel. Je le suivais pour être sûr qu’il ne lui arrive rien.
— Deux soldats me sont tombés dessus dès que j’ai passé la porte, ajouta Moï. Ils m’ont immobilisé et m’ont amené à Ganondorf qui était présent. Apparemment, il se doutait qu’on viendrait chercher des nouvelles de nos amis. Thelma a été arrêtée, mais Lafrel est mort. J’ai vu son corps, laissé en plein milieu de la taverne.
— Je l’attendais dehors, reprit le héros du Temps, guettant le moindre bruit qui me paraîtrait suspect, mais je n’ai rien entendu. Je m’étais caché pour ne pas être reconnu par les habitants. Je ne le voyais pas revenir et je commençais à m’inquiéter. Il est ressorti de la taverne au bout de plusieurs heures, mais est passé devant moi sans s’arrêter. J’ai compris qu’il y avait un problème.
— Si l’un de nous rencontrait des complications, nous devions nous retrouver à l’extérieur de la citadelle.
— Je me suis donc rendu à l’endroit convenu. Moï m’a raconté son entrevue avec le tyran. »

Link se tourna vers Moï.

« Que voulait-il ?
— Ganondorf voulait que je te porte un message.
— Lequel ?
— Il est prêt à faire un échange : Iria, Thelma, et Corentin contre toi, Sheik et le Héros du Temps. Tu as le choix du jour et du lieu.
— Et comment dois-je lui donner ma réponse ?
— C’est moi de la rapporter ! Si je le fais, il me rendra ma femme et mes enfants. »

Link s’assit. La situation ne faisait que s’aggraver. Ganondorf avait maintenant plusieurs otages. Il ne pouvait supporter l’idée que quelqu’un meure à sa place.

« Que doit-on faire ?
— C’est un piège. Il ne relâchera personne, dit Sheik. Ce n’est pas dans ses habitudes.
— Je le sais, mais n’y a-t-il pas quelque chose à tenter ? »

Le Héros du Temps s’avança.

« J’ai une idée.
— Nous t’écoutons.
— Nous ferons l’échange dans l’Ancien Sanctuaire. Là-bas, il te suffira de planter l’épée dans le socle pour nous ramener dans le passé. Le voyage devrait l’étourdir un peu. Cela nous laissera le temps de mettre les otages en sécurité. Nous pourrons ainsi l’affronter.
— Acceptera-t-il d’entrer, sachant que la Porte du Temps s’y trouve ?
— En cas de refus, l’arrangement sera nul et nous repartirons chacun de notre côté. »

Link regarda son ami dans les yeux et comprit que celui-ci lui demandait d’accepter les termes de ce plan tels quels et qu’il aurait les explications plus tard.

« On peut toujours tenter le coup. Nous verrons bien s’il viendra. Moï, es-tu prêt à y retourner pour donner notre réponse ?
— Je crois que je n’ai pas le choix. Si je ne reviens pas, il tuera les miens. Quel est le message ?
— Dis-lui que nous sommes d’accord pour l’échange. Nous lui donnons rendez-vous demain en fin d’après-midi dans l’Ancien Sanctuaire.
— Je partirai au lever du jour.
— Très bien, nous ferions mieux de profiter du reste de la nuit pour nous reposer. La journée risque d’être longue. »

Le Héros du Temps fit mine d’aller se coucher. En passant près de Link, il lui dit :

« Merci de m’avoir suivi. Je t’explique tout demain. »

Au lever du jour, Moï repartit seul pour la ville. Lorsqu’il fut sûr que celui-ci était bien parti, le Héros du Temps appela ses compagnons.

« Ne vous affolez pas, mais notre ami risque de dévoiler nos plans à notre ennemi.
— Qu’est-ce qui te fait croire ça, demanda Link.
— Comme l’a fait remarquer Sheik, Ganondorf n’a pas l’habitude de relâcher ses prisonniers. Je ne pense pas qu’il ait renoncé à tuer Iria devant toi. Moï sera interrogé et parlera. Tu connais ses méthodes d’interrogatoire aussi bien que moi. J’ai donc fait exprès de l’induire en erreur, pour lui donner une chance d’être crédible et de s’en sortir en vie.
— Que fait-on alors ? Si nos intentions sont dévoilées, il n’entrera jamais dans la clairière.
— Justement ! Il viendra, mais après s’être assuré que tu seras dans l’incapacité d’atteindre le piédestal. J’ai une autre idée, mais nous n’avons que très peu de temps pour tout préparer, car notre ennemi se rendra sur les lieux bien avant l’heure prévue. Je vous propose de nous rendre dès à présent à la clairière. Vous aurez les explications en chemin ! »

Ils reprirent leurs affaires et se rendirent sur le lieu du rendez-vous.
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MessageSujet: Re: Le Temps d'un Crépuscule (13+)   Lun 8 Sep 2014 - 9:59

C'est un très bon chapitre. Bravo Very Happy
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MessageSujet: Re: Le Temps d'un Crépuscule (13+)   Lun 8 Sep 2014 - 14:18

Merci beaucoup ^_^

Chapitre 16

La matinée touchait à sa fin quand Ganondorf et son armée arrivèrent sur le lieu du rendez-vous. Celui-ci s’approcha de l’entrée de l’Ancien Sanctuaire et s’arrêta. Il venait d’apercevoir Link, qui se trouvait de l’autre côté de la clairière, lui tournant le dos.

« Tu es en avance !
— Toi aussi, répondit le Héros du Crépuscule en se retournant. »

Ce dernier posa sa main sur le manche de la lame qu’il portait sur son dos, mais ne la dégaina pas. Sur un signe de leur chef, les soldats se déployèrent et formèrent un cercle à la périphérie de la clairière, rendant toute tentative de fuite impossible. D’autres se placèrent tout autour du piédestal afin d’empêcher Link d’y replanter l’Épée de Légende. Ce n’est qu’à ce moment que Ganondorf entra lui-même dans l’Ancien Sanctuaire. Ensuite, trois autres hommes firent leur apparition, en poussant devant eux les otages. Ils étaient bâillonnés et avaient les poignets attachées.

« Tu as réussi à t’évader malgré les précautions que j’avais prises pour l’empêcher, mais, cette fois, tu ne m’auras pas. Tu voulais me ramener dans le passé, tu risques d’avoir des difficultés. Ton ami m’a révélé ton plan ! Tu ne pourras pas le mener à son terme. C’est étonnant ce qu’on arrive à obtenir d’un homme quand on lui fait croire qu’on détient sa famille. »

Il fit un signe et le commandant Vernarte apparut traînant un Moï qui avait du mal à le suivre. Le maître d’armes était également attaché. Celui-ci regarda son ancien élève dans les yeux et murmura :

« Pardonne-moi !
— Comme tu as tenté de me tromper, les conditions ont changé. Rends-toi sans faire d’histoire ! De toute façon, je connais tes intentions et tu ne pourras pas agir à ta guise. Où sont le Héros du Temps et la princesse qui se déguise en homme ?
— Tu les verras bien assez tôt. Qu’est-ce qui te fait croire que mon plan ne fonctionnera pas ? »

Ganondorf s’imaginait que Link cherchait juste à gagner du temps et se mit à rire. Il fit un signe aux soldats qui préparèrent leurs arcs et pointèrent leurs flèches dans sa direction.

« Tu penses parvenir à planter l’épée que tu portes sur ton dos dans le piédestal alors que mes hommes le gardent et sont prêts à te cribler de flèches au moindre mouvement ?
— Cette épée, répondit Link en la lâchant. Ce n’est pas la mienne !
— À qui est-elle, alors ?
— À lui, disant ses mots, il désigna un mur sur lequel était installé le Héros du Temps. »

Celui-ci était accroupi et tenait entre ses mains un arc. Il envoya une flèche qui partit au dessus de sa tête, puis sauta dans la clairière en criant :

« Oui, c’est la mienne ! »

Ganondorf et ses hommes suivirent la flèche des yeux. Celle-ci alla couper une corde qui pendait à un arbre dont le feuillage couvrait la clairière. Un éclat de lumière apparut lorsque l’Épée de Légende tomba en direction du piédestal et s’y enfonça au moment même où le Héros du Temps touchait le sol.

Elle avait été attachée aux branches et venait d’être libérée par le projectile. Les soldats qui se trouvaient autour prirent peur en voyant l’arme arriver droit sur eux et se dispersèrent parmi les autres.

Tous ceux qui étaient présents sur le site sentirent le mécanisme se mettre en route. Une vive douleur traversa chacun d’eux. Link faisait de son mieux pour lutter contre les sensations de mouvements afin de demeurer conscient. La paix du royaume dépendait de sa capacité et de celle de son allié à résister au phénomène.

Quand la souffrance disparut, le jeune homme se redressa. Ils étaient maintenant dans le Sanctuaire. Presque tous les gardes étaient tombés dans l’inconscience ainsi que les otages. Ganondorf avait fait une chute, mais était bien éveillé. Il se releva face au Héros du Temps qui le regardait.

« Tu ne pensais tout de même pas que nous allions révéler notre plan à un homme qui venait te voir, dit-il en reculant pour rejoindre Link qui lui rendit sa lame. Nous savons ce que tu es capable de faire pour avoir des informations. »

Ganondorf sortit son épée et s’approcha des otages, évanouis sur le sol.

« Vos amis vont payer pour vous.
— Sheik, maintenant », hurla Link.

Celui-ci apparut derrière leur ennemi. Il venait d’entrer par la porte du temple.

« J’en appelle aux six sages du Conseil Constitutionnel : Rauru, Saria, Darunia, Ruto, Impa et Nabooru. Nous vous demandons de protéger Iria, Thelma et Corentin ainsi que Moï de la colère de Ganondorf. Empêchez également les soldats de porter secours à leur maître. »

Des étoiles scintillantes se mirent à descendre du plafond et tombèrent sur les otages. Ils furent enveloppés et disparurent en une gerbe d’étincelles. Des murs s’élevèrent devant les rangs des soldats qui se trouvèrent séparés de leur chef.

« Notre plan a parfaitement fonctionné. Nous avons envoyé Sheik dans le passé et il s’est entretenu avec les sages pour préparer notre arrivée. Nous n’avions plus qu’à te laisser entrer dans la clairière pour te ramener ici. Qu’en penses-tu ?
— Tu t’obstines à vouloir contrecarrer mes plans. Ce sera la dernière fois que tu essayeras. Je vais vous écraser comme j’aurais dû le faire depuis le début.
— C’est ce qu’on va voir, répondit Link, en ramassant une autre arme qu’il avait cachée à proximité.
— J’aurais dû te faire exécuter dès le premier jour. »

Les deux héros dégainèrent. Soudain, une voix se fit entendre.

« Vous n’allez pas commencer les festivités sans moi ! »

Link se tourna vers celui qui avait parlé. Il avait reconnu le commandant Vernarte. Celui-ci pivota vers Ganondorf.

« Laissez-moi m’occuper du Héros du Crépuscule pendant que vous réglez son compte à l’autre. Je vous promets de vous le garder en vie pour que vous puissiez le tuer de vos propres mains.
— Tu veux prendre ta revanche ? Vas-y ! Défoule-toi ! Mais contente-toi de le blesser ! »

Le Héros du Temps jeta un coup d’œil à son compagnon. Était-il prêt à affronter à nouveau celui qui avait déjà failli le tuer ? Link qui avait deviné l’inquiétude de son ami lui adressa un sourire rassurant. Il était préparé !

Après un dernier regard d’encouragement mutuel, Link s’approcha de Vernarte. Ce dernier fit de même, l’épée qu’il lui avait volée à la main. Le commandant arriva près du jeune homme en le fixant avec mépris.

« Comment va ton épaule ? Je vois que tu es incapable de te servir de ton bras gauche. Quel dommage pour toi !
— Je suis capable de me défendre aussi bien avec le droit.
— Dans ce cas, montre-moi ! Depuis le temps que j’attends ce moment. Je vais te vaincre avec ta propre épée. Tu mourras de ma main sous ta lame.
— Ne viens-tu pas de promettre à ton patron que tu lui laisserais le plaisir de me tuer ?
— J’ai menti. Je suis passé maître dans cet art. Tu dois payer pour tout ce que tu m’as fait.
— Quels sont mes tort, demanda Link, cela a-t-il un rapport avec les arrestations qui ont suivi la défaite de Ganondorf ?
— Exactement, tu as détruit ma vie ! »

Le commandant attaqua le premier. Il abaissa son arme sur Link qui bloqua avec la sienne.

« Avant que tu ne viennes tout gâcher, j’étais un soldat respecté, mais il a fallu que tu commences ta fameuse traque des complices. J’ai été accusé par ta faute.
— Je n’ai fait que suivre les instructions de la princesse Zelda. Si tu as été accusé, c’est qu’il y avait des preuves. »

Pendant le temps de cet échange, le commandant n’avait pas relâché la pression sur son épée. Link parvint enfin à la faire dévier et à se redresser.

« Il y en avait effectivement, dit Vernarte en chargeant de nouveau. La seule raison pour laquelle j’ai suivi ses ordres, c’était pour que ce monstre ne massacre pas ma famille. »

Link réussit de nouveau à bloquer le coup et se retrouva coincé entre l’épée et le mur situé derrière lui. Il sentit son bras droit faiblir sous la force de son adversaire et dut prendre son arme à deux mains pour pouvoir faire dévier la lame. Le jeune homme lança une offensive. Les fers s’entrechoquèrent.

« Je ne te comprends pas. Tu as été blanchi. Tu es devenu commandant.
— Peut-être, mais tout le monde ne l’a pas accepté. J’ai réussi à gagner la confiance de mes hommes, mais pas celles des habitants de la ville. Ils me méprisent. Et ça, c’est de ta faute.
— Et ta famille ?
— Ils m’ont abandonné ! Eux aussi me voyaient comme un traître ! »

De colère, il releva son épée et l’abaissa en direction de son adversaire. Link eut juste le temps de se baisser, mais son geste ne fut pas assez rapide. La lame du capitaine lui effleura l’épaule, déchirant sa tunique. Les mailles de la cotte protégèrent son corps d’une nouvelle blessure, mais le coup réveilla la douleur et le fit chuter.

Le commandant Vernarte s’approcha de lui tout en continuant à parler :

« J’ai donc décidé de te le faire payer. Je savais que Ganondorf avait pour plan de revenir par la porte du temps. Je l’avais entendu en parler, sans qu’il le sache. Je t’ai suivi quand tu es venu replanter l’épée et j’ai attendu son retour. C’est moi, qui l’ai fait entrer dans le château sous un nom d’emprunt. »

Link essaya de se relever, mais son adversaire mit le pied sur son épée et plaça sa lame sur sa gorge.

« Puisque, selon toi, je suis le seul responsable, pourquoi ne t’es-tu pas contenté de me tuer ? Tu as dû en avoir l’occasion.
— Parce qu’ils te traitaient comme un héros alors que moi, ils me considéraient comme un traitre. Je voulais que les rôles changent. J’ai pris un énorme plaisir à te faire passer pour un criminel et je suis devenu celui qui t’avait arrêté.
— Et maintenant, que comptes-tu faire ?
— Prendre ta vie… »

Disant cela, Vernarte souleva son épée et tenta de l’abattre sur la poitrine de son opposant. Plus vif que l’éclair, celui-ci lâcha la sienne et roula sur le côté. La lame gémit quand elle alla se coincer entre deux pierres.

Link en profita pour se relever et désarçonna son adversaire qui tomba sur le sol, libérant l’arme qu’il maintenait sous son pied. Le jeune homme la ramassa et se remit en garde.

« Ce ne sera pas aussi facile que tu le croies ! »

Vernarte revint à la charge. Les chocs se multiplièrent. Link se défendait de son mieux, mais il commençait à fatiguer et la douleur dans son épaule augmentait. Le jeune homme vit la rage de son ennemi s’épaissir également.

Le commandant remarqua que son adversaire faiblissait et accentua ses attaques. Link recula pour mieux pouvoir contrer les coups, mais il perdit l’équilibre et sa tête vint heurter le mur de briques derrière lui. Celui-ci s’écroula un peu sonné.

Le Héros du Crépuscule lutta pour reprendre ses esprits et aperçut Vernarte qui courait dans sa direction l’épée levée. Il eut le réflexe de placer la sienne juste devant lui en utilisant ses deux mains et la brandit en avant. Cette action eut raison de ses forces. Sentant son corps pencher d’un côté, Link s’effondra et ferma les yeux, s’attendant à vivre ses derniers instants.
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MessageSujet: Re: Le Temps d'un Crépuscule (13+)   Mar 9 Sep 2014 - 11:54

Depuis quelques jours je suis ta fanfic et je la trouve très bien. J'ai hâte de voir le prochain chapitre ^DD^
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MessageSujet: Re: Le Temps d'un Crépuscule (13+)   Mer 10 Sep 2014 - 10:11

Je suis contente que ça te plaise ^^

Chapitre 17

Link attendit les yeux fermés, mais rien ne se passa. Il les rouvrit. Sa lame était enfoncée dans le corps de son ennemi qui le regardait, muet de surprise. Ce dernier était venu s’empaler sur son épée juste avant que le Héros du Crépuscule ne s’écroulât. L’arme de son adversaire était plantée dans le mur à quelques centimètres au-dessus de son épaule.

Il reporta son attention sur celui qui agonisait, lui murmurant :

« Je suis désolé du tort que je t’ai causé… Je ne m’en suis pas rendu compte. Pardonne-moi. »

Link demeura aux côtés de son adversaire jusqu’à ce que celui-ci ait rendu son dernier soupir, puis lui ferma les yeux. Il resta immobile un moment, incapable de bouger, avant de se rappeler qu’un autre combat était en train de se dérouler à deux pas de là.

Le jeune homme se redressa et vit son ami en pleine mêlée. Les attaques fusaient de toutes parts. Le Héros du Temps parvenait à les contrer avec l’Épée de Légende. Effectuer une roulade lui permit d’éviter un coup plus violent de son ennemi. L’arme de celui-ci alla s’écraser au sol. Il en profita pour tenter de planter sa lame au niveau des côtes de son opposant qui esquiva.

« Tu te débrouilles bien avec une épée, ricana Ganondorf, mais es-tu capable de résister à ça ? »

Le roi des Gerudos leva sa lame qui se chargea d’électricité et l’abaissa sur son opposant. Celui-ci se protégea avec son bouclier, mais le courant traversa l’objet et lui parcourut le corps. Il s’écroula. Ganondorf tenta alors de mettre fin aux jours de celui-ci d’un seul geste.

Le jeune homme évita l’assaut en roulant sur le côté et parvint à se remettre debout. L’arme de Ganondorf alla s’enfoncer dans la pierre, privant momentanément son propriétaire de défense. Le Héros du Temps en profita pour attaquer, mais la douleur qui avait suivi la décharge l’empêcha de viser correctement et il ne réussit qu’à effleurer le flanc de son ennemi.

Le tyran se retourna vers son adversaire et donna un coup que l’Épée de Légende bloqua, mais la violence du choc désarçonna ce dernier qui tomba en arrière, sa tête heurtant le mur situé derrière lui.

Link se précipita, attirant l’attention de son opposant pour permettre à son allié de retrouver ses esprits. Le roi des Gerudos se tourna vers le nouveau venu et leva sa lame pour la charger d’électricité. Il s’apprêta à l’abaisser sur le jeune homme.

Soudain, un cri terrifiant retentit. Ganondorf lâcha son arme et s’effondra sur le sol, Excalibur enfoncée dans le dos. Derrière lui se tenait le Héros du Temps, encore un peu sonné. Il rejoignit Link.

« Merci, dit-il en souriant. Cette fois, c’est toi qui m’as sauvé.
— Chacun son tour », répondit son ami en lui rendant son sourire.

Ils perçurent un grognement juste derrière eux. Ils se retournèrent. Ganondorf s’était relevé et avait changé de forme. Ce dernier ressemblait à présent à un dragon avec des cornes et une longue queue. Ses pouvoirs s’étaient emballés, le transformant en un monstre. Il arracha la lame de son corps et la lança contre un arbre à l’opposé des deux Sauveurs d’Hyrule.

Une voix se fit alors entendre :

« Link, je suis Rauru, le Sage de la Lumière. Reprends l’Épée de Légende du piédestal, la malédiction est levée. Utilise-la en la combinant avec celle du Héros du temps. En mettant vos forces en commun, vous pourrez vaincre ! »

Link suivit les conseils, prit l’arme et fonça sur Ganon au moment où son ami récupérait sa propre lame. Pendant que le jeune homme esquivait les attaques de leur ennemi, son compagnon s’approcha et lui asséna un coup sur son appendice caudal. Le cri qui s’échappa de la gorge du tyran révéla l’emplacement de son point faible.

Ganon pivota vers celui qui venait de le frapper, prêt à se venger sur cet insolent.

« Frappe sa queue », cria-t-il à son allié.

Link ne perdit pas une seconde pour l’attaquer à cet endroit. Ganon poussa un hurlement terrifiant. Quand il se tourna vers le responsable de sa douleur, ses yeux étaient remplis de rage et de la fumée sortait de ses narines. Le voyant se retourner, le Héros du Temps en profita pour charger de nouveau.

Cette fois, aucun son ne franchit les lèvres de la créature. Son immense corps chancela et il s’effondra sur le sol en gémissant. Link fut rejoint par son ami. Ils mirent leurs armes côte à côte. Une forte lumière rassembla les deux épées qui fusionnèrent en une seule et unique lame.

D’un même effort, ils la levèrent et l’abattirent sur leur ennemi. Le choc brisa la pierre précieuse orange qu’il portait sur son front. Le monstre parut se dégonfler et Ganondorf retrouva sa forme première.

Derrière eux, une voix résonna.

« Sages, maintenant ! »

Les mêmes cristaux qui avaient enveloppé les otages du tyran se posèrent sur lui et l’emprisonnèrent dans une forme de losange. Puis tout disparu. Il était vaincu.

L’épée des héros se scinda en deux lames identiques. Ils se retournèrent. Aux côtés de la princesse Zelda qui avait retrouvé son apparence féminine se trouvaient six personnes, les Sages.

« Merci aux deux héros, dit Rauru. Vous vous êtes bien battus.
— Qu’avez-vous fait de Ganondorf ?
— Nous l’avons envoyé dans une dimension parallèle. Là où est sa place.
— Mais il va s’en échapper !
— Oui, il s’en échappera. Mais tu seras là pour l’arrêter. »

Link se tut et se rappela son combat aux côtés de la princesse. Puis il pensa à son amie.

« Où sont Iria, Thelma et les autres ?
— En sécurité. Tu les reverras bientôt. Mais avant, j’ai à vous parler, à tous les deux.
Vous connaissez la Triforce. Selon la légende, la posséder permet d’exaucer son plus cher désir. Si cela arrivait, le monde deviendrait à l’image de celui qui l’utilise : prospère et pacifique avec une personne au cœur pur, mais un individu rongé par le mal ne provoquerait que malheur et chaos. Ganondorf fait partie de la deuxième catégorie. Il a essayé à plusieurs reprises de la posséder sans jamais y parvenir.
Un jour, il a réussi à toucher la Triforce, mais celle-ci n’a pas supporté la noirceur de son âme et s’est brisée en trois morceaux : la force, le courage et la sagesse. En souhaitant aider la princesse, un jeune garçon a ouvert le sanctuaire et Ganondorf en a profité pour y entrer. Cet enfant devait devenir le Héros du Temps. Mais celui-ci était trop jeune pour cette périlleuse mission, son esprit a donc été endormi pendant sept longues années.
A son réveil, il est parti accomplir sa tâche et a vaincu le détenteur du morceau de force. Lui-même possédait celui du courage. La sagesse avait été confiée à la princesse du Royaume. Une fois vaincu, Ganondorf fut envoyé par nos soins dans un monde parallèle.
Mais, grâce à sa perfidie, ce dernier réussit à tromper un habitant du monde dans lequel il avait atterri et à revenir au Royaume d’Hyrule. Son désir de posséder la Triforce n’avait jamais cessé d’augmenter.
Une fois encore, le roi des Gerudos s’est retrouvé face à un héros qui tentait de l’arrêter. Sa ressemblance avec celui qui avait réussi à le battre était frappante. La marque de la Triforce était également apposée sur le dos de sa main gauche. Comprenant que sa défaite était proche, il fit en sorte de se prévenir lui-même d’un danger et de se donner les moyens de revenir.
Son but était de faire un bond dans le temps pour recommencer une troisième fois sa conquête du Royaume. Il prépara son retour avec les hommes qui lui étaient fidèles, leur promettant gloire et fortune. Nombreux furent ceux qui se laissèrent piéger.
Ganondorf utilisa la seule personne qui était capable de le battre pour mettre son plan à exécution : le Héros qui était en train de sauver son royaume. C’est par lui qu’il reviendrait. C’est par lui qu’il est revenu.
Lorsque le roi des Gerudos a atterri dans le futur, il a trouvé une aide en la personne du commandant Vernarte, igonorant le véritable but de ce dernier qui était de se venger du Héros.
En effet, Vernarte avait été contraint par le tyran à trahir son royaume pour sauver sa famille. Après la chute de ce dernier, il avait été traqué comme les autres complices. Son innocence a pu être prouvée, mais le mal avait déjà été fait.
Le commandant rendait le sauveur d’Hyrule responsable de sa chute. Il savait beaucoup de choses sur le possible retour de son maître et en profita pour préparer sa vengeance.
Vernarte suivit le Héros du Crépuscule lorsque celui-ci alla replanter l’Épée de Légende et attendit l’arrivée de Ganondorf. Il l’aida à pénétrer dans le château, le faisant passer pour un de ses parents, et lui permit d’accéder aux appartements de la princesse Zelda. C’est ainsi qu’il put prendre le contrôle et se faire nommer Premier Ministre.
Le tyran et son complice tendirent un piège machiavélique au Héros. Celui-ci faillit même coûter la vie à ce dernier, mais le tyran a négligé une chose : le pouvoir de l’amitié. Il ne s’imaginait pas que son adversaire se ferait des amis dans le passé et que ceux-ci viendraient lui prêter main-forte.
C’est grâce à ses amis que le Héros a vaincu. Sans eux, rien n’aurait été possible. »

Ces paroles furent suivies d’un long silence.

« Donc, si j’ai bien compris, nous possédons tous les deux la Triforce du courage, questionna le Héros du Temps.
— C’est bien cela ! Tu l’as obtenue pour la protéger. Chez ton ami, elle symbolise le fait qu’il est l’Elu, celui par qui le monde sera sauvé.
— Et maintenant, il se passe quoi ?
— Vous devrez tous les deux retourner dans votre temps.
— Tous les deux, s’étonna le Héros du Temps.
— Oui, tu as perdu sept ans de ta vie. Tu as le droit de les vivre, de grandir…
— Non, je n’ai pas … Je … »

Le Héros du Temps se tourna vers Zelda, celle-ci le regardait des larmes dans les yeux. Il comprit qu’insister était inutile et mit un genou à terre en disant :

« Peu importe les lieux et peu importe le temps, je vous resterai fidèle et serai prêt à me battre pour vous et pour le royaume d’Hyrule. »

Rauru reprit :

« Quant à toi, Link, tu retourneras au moment exact où tu as replanté l’épée, la première fois. Tu garderas les souvenirs et les marques de ta victoire. Ils t’aideront à convaincre la princesse de la vérité. Maintenant que tu connais toute l’histoire, tu dois réparer tes erreurs !
— Je ferai ce qu’il faudra ! Et Iria, se souviendra-t-elle de tout ?
— Je ne saurai le dire. Je ne vois pas dans son esprit. Comme elle a fait le voyage initial avec toi, il est possible que tous ses souvenirs soient intacts… »

Puis, s’adressant à Zelda :

« Princesse, dit Rauru. Vous seule, en tant que septième Sage, êtes capable de les renvoyer dans leur temps. »

La princesse sortit un ocarina sur lequel était gravé le symbole de la Triforce et commença à jouer un petit air. Link se sentit soulevé du sol. La musique le berçait. Le jeune homme ferma les yeux se laissant porter par le vent. Petit à petit, il perdit conscience.
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MessageSujet: Re: Le Temps d'un Crépuscule (13+)   Mer 10 Sep 2014 - 18:32

C'est un très bon chapitre. Vivement la suite Very Happy
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MessageSujet: Re: Le Temps d'un Crépuscule (13+)   Mer 10 Sep 2014 - 20:52

Wow ... C'est toujours aussi génial Smile
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MessageSujet: Re: Le Temps d'un Crépuscule (13+)   Jeu 11 Sep 2014 - 15:09

Merci à vous deux ^^

Chapitre 18

À son réveil, Link se trouvait dans la clairière, juste à côté de l’Épée, posée sur son socle. Le soleil était haut dans le ciel. L’après-midi devait être bien avancé. Il tenta de se lever, mais une violente douleur le força à arrêter son mouvement. Sa blessure avait encore une fois souffert des derniers combats menés.

Le jeune homme recommença son geste sans utiliser son bras gauche et parvint à se mettre debout. Il se servit de la lanière qui maintenait le fourreau de son arme en place pour immobiliser son épaule.

Le Héros du Crépuscule regarda autour de lui et vit Iria, allongée sur le sol, inconsciente. Il se précipita vers son amie, en proie à la peur. Rassuré de distinguer sa respireration, Link s’assit à ses côtés et commença à lui caresser la joue. Elle ouvrit les yeux et aperçut l’être aimé, penché sur le sien. Un sourire illumina son visage.

Puis, la demoiselle sembla se rappeler d’un danger et se leva d’un bond. Elle jetait des coups d’œil affolés aux alentours.

« Tout est fini, dit-il en lui prenant la main. Ganondorf est vaincu !
— Thelma, Moï, …
— Ils vont bien ! Aucun d’eux ne se souviendra de cette aventure, mais tous sont en excellente santé.
— Et toi ?
— Moi, je suis heureux de te savoir saine et sauve. J’ai cru t’avoir perdue…
— Comment te sens-tu, dit-elle en observant la tache au niveau de son épaule. Ton bras ?
— Ça ira ! Quand tu seras prête, nous devrons rentrer. Je dois parler à la princesse Zelda avant la fête de ce soir ! »

Iria devina que le jeune homme ne voulait pas l’inquiéter. Il semblait épuisé.  

« Laisse-moi au moins t’apporter quelques soins avant que nous partions d’ici. »

Fatigué et sentant la douleur l’envahir à nouveau, il était prêt à la laisser faire lorsqu’une voix se fit entendre :

« Où est Ganondorf ? »

Link se retourna, il se trouvait nez à nez avec le commandant Vernarte.

« Il a été vaincu. Ton maître n’est plus.
— Tu mens, lui dit-il le menaçant de sa lame.
— Je dis la vérité. »

Le Héros du Crépuscule faisait face à son adversaire armé, mais n’avait pas fait un seul mouvement en direction de son épée. Il s’adressa à son amie sans le lâcher des yeux.

« Iria, retourne auprès d’Epona, je te rejoins. »

Elle hésita un instant puis partit vers la forêt. Le commandant se mit à tourner autour de Link, l’épée prête à frapper. Ce dernier se contentait de suivre le mouvement, sans faire un seul geste de défense.

« Toujours aussi sûr de toi ! Je ne comprends pas comment tu as pu vaincre Ganondorf. Il t’est bien supérieur. Tu ne mérites pas de faire partie de la Garde Rapprochée.
— Je n’ai jamais demandé à y entrer.
— Ça ne change rien, tu as gâché ma vie. J’espérais te le faire payer grâce au retour de mon maître, mais ça aussi, tu as réussi à l’empêcher.
— Je suis désolé du mal que j’ai pu te causer.
— Tu dis ça parce que tu as peur !
— Non, je ne te veux aucun mal. Je n’ai pas envie de me battre contre toi, mais je n’ai pas peur ! Je veux réparer mes erreurs.
— Il est bien trop tard pour ça ! »

Sur ces mots, il attaqua. Link se défendit avec son bouclier, mais n’avait toujours pas sorti son arme. Il ne voulait pas prendre le risque de blesser son adversaire et cherchait un moyen d’éviter le combat. Le jeune homme estimait que ce dernier avait déjà suffisamment souffert.

Soudain, le Héros du Crépuscule entendit des bruits de sabots et se retourna. Iria était montée sur son cheval et galopait vers lui, suivie par Epona. Il courut vers elle. Link grimpa sur la selle et rejoignit la demoiselle qui l’attendait un peu plus loin. Tous deux partirent au galop en direction de la citadelle d’Hyrule.

« On se reverra, lâche », cria le commandant derrière lui.

Pendant la chevauchée, Iria observa son ami qui semblait supporter difficilement le traitement que le galop infligeait à son épaule. L’inquiétude était de nouveau apparue sur son visage.

Ils laissèrent leurs montures à l’écurie près de l’entrée de la ville. Au palais, la fête était sur le point de commencer. S’approchant d’un garde en tenant Iria par la main, Link demanda à être introduit auprès de la princesse.

Le soldat appela un page qui emmena les jeunes gens auprès de celle à qui il voulait parler. Quand ils entrèrent, elle leur tournait le dos.

« Vous avez failli être en retard », leur dit Zelda en se retournant.

En voyant Link, le teint pâle et la tunique ensanglantée, elle s’inquiéta.

« Que t’est-il arrivé ?
— C’est une longue histoire…
— Raconte !
— Et la fête ?
— Elle attendra. »

Le jeune homme lui retraça toute l’histoire. La princesse l’écouta jusqu’au bout sans faire un seul commentaire. Quand il eut fini, elle dit :

« Encore une fois, tu as sauvé le royaume. Montre-moi ton épaule ! »

Il retira sa tunique et sa cotte de mailles. La chemise était déchirée et laissait apparaître une large blessure. Elle l’observa.

« Cette blessure ne date pas d’aujourd’hui. Et tu ne l’avais pas ce matin ! Tu as besoin de voir un médecin.
— Pas la peine, j’ai déjà été soigné.
— Cette plaie n’est pas anodine et tu as dit toi-même que tu avais failli en mourir. J’insiste, je vais faire venir mon médecin personnel. Je tiens à ce qu’il t’examine. Ensuite, tu mettras les vêtements que je te ferais apporter et tu me rejoindras pour faire acte de présence à la fête.
— J’ai encore une mission à remplir. J’ai commis une erreur que je dois réparer.
— De quoi parles-tu ?
— Du commandant Vernarte ! Celui qui a failli me tuer à deux reprises. Il a été récemment arrêté pour trahison, puis reconnu innocent.
— Oui, nous lui avons offert un poste important.
— Il me rend responsable de son arrestation.
— Il me semble pourtant que tu ne t’es pas occupé de cette affaire, commença la princesse.
— J’étais le chef de cette unité d’intervention. Cette erreur a été faite sous mon commandement. Cette faute doit donc m’être imputée. J’ai dû avoir son dossier entre les mains et je ne me souvenais même pas de son nom.
— Vu le nombre de cas que tu as traités, ce n’est pas très étonnant. Tu es trop dur envers toi-même.
— Je voulais enfermer tous ceux qui avaient aidé Ganondorf. Mon obsession m’a empêché de voir les raisons de son geste. Il n’aurait jamais dû être arrêté. Ce que j’ai traversé m’a permis de comprendre une chose : nous sommes capables de commettre des actes abominables pour sauver un être cher. Je l’ai fait. Pour celle que j’aime. Je dois réparer cette erreur.
— Comment comptes-tu t’y prendre ?
— Je ne le sais pas. Il était à la clairière et a voulu me combattre. Je suis parti.
— Link ne se défendait pas, intervint Iria. J’ai pris mon cheval et je lui ai envoyé Epona pour qu’il puisse quitter les lieux.
— Tu as bien fait. Nous trouverons un moyen pour l’aider.
— Il ne veut qu’une chose : ma mort. Et je le comprends ! Princesse, je ne suis pas digne d’appartenir à la Garde Rapprochée. Je vous demande humblement de me retirer de cette unité d’élite. Je ne veux pas non plus de ce titre honorifique. Un véritable Héros ne commettrait pas ce genre d’erreur.
— Tu te trompes ! Un Héros, ce n’est pas celui qui ne commet aucune erreur, mais celui qui fait tout pour les réparer. Nous le verrons demain toi et moi. Ensuite, ce sera à lui de décider ce qu’il fera de sa vie… Mais pour l’instant, fais-toi soigner, ensuite, tu feras une apparition à la fête. »

Le médecin vint s’occuper de l’épaule du bessé. Ce dernier refit les points de suture et lui posa une attelle pour immobiliser son bras, lui interdisant d’utiliser celui-ci.

Des vêtements de cérémonie furent apportés aux deux jeunes gens. Link portait une tunique bleu nuit, faisant ressortir la couleur de ses yeux et Iria une longue robe de satin vert pastel. Tous deux se dirigèrent vers le balcon royal où la princesse devait les présenter à la foule. Leur apparition déclencha un tonnerre d’applaudissements. Ils ne restèrent que quelques heures à la fête, le Héros du Crépuscule ayant besoin de se reposer.

* * *

Le lendemain, la princesse convoqua le commandant Vernarte. Lorsque celui-ci fut introduit auprès d’elle, il aperçut Link à ses côtés. Ce dernier était visiblement blessé et portait une attelle. Sa présence lui causa un vif désagrément.

« Son Altesse m’a fait demander.
— Oui, commandant, j’aimerais que vous écoutiez ce que le Héros du Crépuscule et moi avons à vous dire. Nous savons que vous avez vécu des moments difficiles. Par notre faute, vous avez été accusé à tort.
— Cette erreur a déjà été rattrapée, Votre Altesse ! Vous avez fait de moi un officier et je vous en remercie.
— Il est vrai. Mais vous semblez être encore en proie à la colère. Nous le comprenons. »

Link s’avança.

« J’ai commis des erreurs. J’ai compris récemment qu’un homme pouvait exécuter des actes contraires à ses opinions pour sauver un être cher. Notre dernière rencontre a débouché sur un combat que je ne voulais pas mener. Encore aujourd’hui, je me refuse à vous attaquer. Si vous désirez toujours ma vie, prenez-la, je ne me défendrai pas, mais cela ne vous permettra pas de vous sentir mieux. »

Le commandant observa Link un moment, puis il répondit :

« Après votre départ, j’ai réfléchi. Je ne comprenais pas votre fuite. Vous n’êtes pas un lâche, vous l’avez suffisamment prouvé. Vous auriez pu me tuer d’un seul coup d’épée. Pourtant, vous ne l’avez même pas sortie. Pourquoi ?
— Je vous ai fait assez de mal comme cela. Je ne voulais pas en rajouter.
— Je comprends. Moi aussi, j’ai commis des erreurs. J’ai cru que Ganondorf pourrait m’offrir la richesse et la gloire, comme beaucoup d’autres. Cependant, j’ai vite compris que nous étions des pions pour lui. Lorsque j’ai voulu me retirer, il s’en est pris à ma famille.
— Vous êtes donc resté à ses côtés.
— Oui, lorsque la paix est revenue, j’avais changé. J’étais devenu amer. Ma femme ne m’a pas quitté à cause de votre accusation, mais parce qu’elle ne supportait pas l’homme que j’étais devenu. Je ne veux qu’une chose : m’excuser et lui prouver que je suis redevenu l’homme qu’elle a aimé.
— Nous savons où se trouve votre conjointe, intervint la princesse Zelda. Si vous le souhaitez, une escorte vous attend pour vous conduire à elle. D’après les informations que j’ai pu réunir, votre retour est désiré. Nous avions entamé ses recherches, juste après votre réhabilitation. »

Le commandant leva la tête vers elle. Il accepta sa proposition, la remercia et sortit. Link se tourna vers la princesse.

« Merci pour ton aide.
— Tu n’es pas le seul responsable. Moi aussi, j’ai commis des erreurs et, comme toi, je m’efforce de les réparer.
— Notre action sera-t-elle suffisante ?
— Nous avons fait ce que nous devions. Maintenant, c’est à lui de faire le reste. Ta mission est terminée.
— Et maintenant, que fait-on ?
— Toi, tu repars pour Toal !
— Comment ?
— Je t’accorde le temps dont tu auras besoin pour te remettre de tes blessures. Iria t’attend pour te ramener. Je lui ai fait promettre de bien s’occuper de toi. Quand tu iras mieux, tu reviendras et nous reparlerons de tes fonctions au sein de la Garde Rapprochée. Si tu tiens toujours à ce que je te libère de ton serment, je le ferais.
— Merci. »

Link salua et sortit. Dehors, il retrouva Iria qui avait préparé une petite carriole pour leur retour afin d’éviter à son ami l’inconfort d’une chevauchée. Elle avait récupéré toutes ses affaires. Ce dernier la rejoignit à bord et ils partirent aussitôt en direction de leur village.

La voiture traversa la citadelle. Le jeune homme gardait le silence en observant la vie sur la place principale. Il repensa à l’accueil qui lui avait été réservé lors de l’annonce officielle de sa condamnation à mort. Un frisson lui parcourut le corps.

« Quelque chose ne va pas, demanda Iria qui avait remarqué la réaction de son ami.
— Non, ça va, répondit-il en souriant, pour ne pas l’inquiéter. Juste de mauvais souvenirs qui remontent. »

Link avait du mal à oublier que les citoyens l’avaient rapidement condamné sans lui laisser aucune chance de s’expliquer. Il sentait qu’un gouffre s’était créé entre eux et lui, même si pour eux, rien n’était arrivé.

Ils sortirent de la ville par la porte ouest et empruntèrent la route du sud pour rejoindre leur village. Link restait silencieux, écoutant Iria lui parler des habitants. Elle lui disait que ceux-ci seraient tous très contents de le revoir.

Ils s’offrirent un arrêt en milieu de journée pour prendre un repas. Iria avait emmené tout ce qu’il fallait pour un joyeux pique-nique. La demoiselle faisait de son mieux pour tenter de dérider le jeune homme, mais celui-ci paraissait préoccupé.

« Link, tu m’écoutes ?
— Quoi, répondit-il, surpris.
— Je te disais que nous devrions repartir si nous voulons arriver avant la nuit.
— D’accord ! »

Il se leva et commença à ranger les restes de leur repas. Iria le regardait faire, s’interrogeant sur la raison de ses préoccupations. N’était-il pas censé être en repos ?

« Qu’est-ce qui te tracasse ? Je vois bien que quelque chose te perturbe. »

Link se retourna et observa son amie. Il lut dans son regard qu’elle n’accepterait pas une nouvelle réponse évasive.

« Tu as vu le groupe de gardes devant le palais, quand nous sommes partis ?
— Oui, ils attendaient quelqu’un !
— Exactement. Le commandant Vernarte devait partir avec eux pour aller retrouver sa famille, mais il a pris congé de la princesse avant moi. Je me demande juste ce qui a pu le retenir ! Je n’y ai pas fait attention sur le moment, mais c’est étrange !
— Il y a certainement une explication ! Ne t’en occupe pas ! Tu dois penser à toi maintenant ! »

Le jeune homme la regarda et lui sourit. Elle avait raison. Le comportement de ce soldat ne le concernait plus désormais. Il essaya de se rappeler de la dernière fois où ils s’étaient retrouvés seuls, sans avoir d’autres soucis que de devoir rentrer avant la nuit. Les événements récents lui avaient fait comprendre à quel point il tenait à elle. Peut-être était-ce le moment de lui dévoiler ses sentiments…

Iria avait terminé de tout ranger et l’appela. Ils reprirent la route. Link passa le reste du voyage à chercher la meilleure façon de lui déclarer son amour. À plusieurs reprises, il ouvrit la bouche pour parler, sans y parvenir. Le Héros du Crépuscule était capable de vaincre des adversaires bien plus grands que lui, mais pas d’avouer sa flamme.

L’obscurité venait de tomber lorsqu’ils arrivèrent devant la maison du jeune homme. Ce dernier voulut descendre directement au village pour aller saluer les habitants, mais Iria le retint.

« Il est tard et tu dois d’abord te reposer. Je vais te préparer quelque chose à manger et tu iras te coucher. Le médecin t’a recommandé de ne pas trop en faire et tu es fatigué. J’annoncerai ton retour à tout le monde et tu les verras demain.
— Oui, docteur », répondit-il en lui souriant.

Ils grimpèrent à l’échelle et Iria chercha dans les étagères situées dans le coin-cuisine de quoi préparer un repas, mais celles-ci étaient vides. Elle décide de repasser chez elle pour prendre les ingrédients nécessaires.

« Attends-moi, je reviens. »

Link emprunta l’échelle qui lui permettait d’accéder à son lit, en repensant à Iria. Celle-ci prenait la tâche que lui avait confiée la princesse très au sérieux. Cherchant toujours un moyen de lui parler, il retira sa tunique et remit ses anciens vêtements.

Soudain, la porte d’entrée s’ouvrit et des bruits de pas se firent entendre. Pensant qu’il s’agissait de son amie, le Héros du Crépuscule sentit que c’était le moment de laisser libre cours à son cœur. Elle était actuellement dans son dos et il espérait pouvoir trouver le courage de lui avouer ses sentiments.

« Iria, commença-t-il sans se retourner, j’ai quelque chose à te dire, mais laisse-moi parler jusqu’au bout. On se connait depuis toujours toi et moi. Nous avons grandi ensemble. Les épreuves que nous avons traversées nous ont rendus plus forts et plus adultes. Peut-être est-il temps pour nous de faire évoluer notre relation. »

Link pivota vers elle, car il se sentait le courage de lui parler en face.

« Iria, je … »

Mais il ne put terminer sa phrase. La personne qui se tenait devant la porte n’était pas son amie.

« Je ne voulais pas t’interrompre, lui dit l’homme. Un discours si beau, si poétique. C’est touchant !
— Toi ! Que fais-tu là ? Qu’est-ce que tu veux ?
— Je ne désire qu’une seule chose : toi ! »

L’homme leva la main dans laquelle se trouvait une sarbacane et souffla. Ressentant une légère douleur dans son cou, Link y posa les doigts. Une fléchette s’y était accrochée. Il l’arracha et l’observa.

« Qu’est-ce … »

Sa question resta en suspens. Link éprouvait une étrange sensation, comme si son corps fonctionnait au ralenti. Se sentant tomber, il voulut s’asseoir sur son lit, mais ses jambes cédèrent sous lui. Le jeune homme s’effondra sur le sol, son épaule blessée venant frapper le bord de la couchette.

Le Héros du Crépuscule vit son mystérieux visiteur s’approcher de lui, mais il était incapable de bouger. La douleur s’était de nouveau réveillée. Un peu de sang s’échappa de la plaie et s’écrasa sur le plancher.

Un quart d’heure plus tard, Iria revenait les bras chargés de victuailles. La maison était silencieuse. Après avoir déposé son chargement sur la table, elle chercha son ami des yeux. Pensant qu’il était allé se reposer, la demoiselle monta à l’échelle pour le rejoindre, mais ne trouva personne.

C’est en se retournant pour redescendre qu’elle aperçut la tache sur la plateforme. Du sang ! L’inquiétude la gagna directement. Elle sortit et courut avertir les habitants du village.
TO BE CONTINUED …
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MessageSujet: Re: Le Temps d'un Crépuscule (13+)   Jeu 11 Sep 2014 - 20:28

Décidément il peut plus faire une journée sans perdre une goutte de sang x) c'est toujours aussi génial ! Very Happy
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MessageSujet: Re: Le Temps d'un Crépuscule (13+)   Ven 12 Sep 2014 - 16:15

TROISIÈME PARTIE : LA CLÉ DE LA MÉMOIRE

Chapitre 1


Le soleil venait de se lever sur le petit village de Cocorico. L’unique rue traversant la bourgade était encore déserte à cette heure matinale. La porte d’une minuscule maison située tout en haut de cette artère s’ouvrit. C’était là qu’habitait le père Reynald avec sa fille, Louda.

Comme tous les matins, ce dernier sortit et savoura le calme de ce début de journée. Il pensa à ce qui l’attendait. Chaque année, c’était pareil. Des souvenirs lui revinrent en mémoire.

Sept ans auparavant, à cette même heure, le prêtre avait reçu une visite inattendue. Il s’était alors retrouvé face à un habitant du village de Toal, Moï. Celui-ci était un ami et semblait en proie à une agitation extrême.

« Mon père, auriez-vous reçu la visite de Link ?
— Pas depuis un moment ! Je le croyais à la citadelle. N’a-t-il pas un poste important là-bas ?
— Si, mais la princesse Zelda lui a accordé la permission de rentrer au village pour se reposer. Il est revenu avec Iria hier soir, mais elle a voulu lui préparer un repas et l’a laissé seul une petite demi-heure. À son retour, Link avait disparu.
— Il n’est sûrement pas très loin !
— C’est ce que nous avons pensé, mais nous l’avons cherché toute la nuit ! Nous sommes inquiets.
— Pour quelle raison ?
— D’après Iria, il a une blessure assez sérieuse qui a nécessité des points de suture. Nous avons retrouvé une tache de sang juste à côté de son lit.
— Tu penses qu’il aurait pu venir me demander de le soigner ?
— J’avais ce mince espoir, mais, visiblement, ce n’est pas le cas.
— Que crains-tu exactement ?
— Une attaque !
— Dans sa propre maison ? Tu as des preuves ? Des traces de lutte ?
— Non, aucune, mais ça ne veut rien dire…
— Qu’est-ce qui t’effraye à ce point ?
— Si Link s’est blessé seul, pourquoi n’a-t-il pas attendu Iria ? Il savait qu’elle allait revenir. Partir seul et sans arme dans la forêt est une idée stupide et ce n’est pas dans ses habitudes.
— Sans arme ? Voilà qui est étrange ! Mais peut-être est-il juste allé se soigner à la source ?
— Dans ce cas, nous aurions dû le retrouver. Or, nous avons cherché toute la nuit. Mais ce n’est pas tout ! En relevant des indices près de sa maison, j’ai ramassé un objet dans un buisson.
— Lequel ?
— Une attelle ! Avec une tache de sang au niveau de l’épaule. Ce qui prouve que c’est la sienne. Pourquoi l’aurait-il enlevée ?
— Qu’attends-tu de moi, exactement ?
— Je suis venu chercher des volontaires pour nous aider à le retrouver.
— Je vais parler aux habitants. Je suppose qu’il porte sa tunique verte !
— Justement, non. Nous l’avons retrouvée pliée sur son lit. Il doit porter sa tenue de berger : pantalon beige et chemise claire. »

Reynald avait regardé Moï dans les yeux et y avait lu de l’inquiétude. En effet, ce dernier considérait Link comme son propre fils, car c’est lui qui l’avait recueilli lorsqu’il était petit. Le jeune enfant avait été découvert errant seul dans la forêt. À l’époque, le Toalien venait d’épouser Ute et le couple avait décidé de s’occuper de lui.

Par la suite, Moï s’était aperçu que son protégé présentait d’étonnantes aptitudes au maniement des armes et était ainsi devenu son mentor. En grandissant, le garçon avait pris son indépendance et était allé vivre en dehors du village, mais était resté très proche de sa famille d’accueil.

Ce matin-là, le prêtre avait fait un appel aux volontaires pour retrouver le Héros du Crépuscule, disparu dans la nuit. La plupart des habitants participèrent aux recherches. Personne n’avait oublié ce que Link avait fait pour eux.

Moï se rendit ensuite au palais d’Hyrule pour avertir la princesse de la disparition de Link. Zelda avait accordé à cette information toute l’importance qu’elle méritait. Celle-ci envoya une partie de ses soldats pour qu’ils se joignent aux groupes de fouilles. Elle-même se mit à parcourir les routes du royaume en compagnie d’Iria qui avait beaucoup insisté pour aider.

Zelda avait choisi un des gardes de son armée pour lui servir de protecteur. Cette mission délicate, elle l’avait donnée à un jeune homme dont Link lui avait parlé. En effet, le Héros du Crépuscule lui avait raconté à la princesse le rôle joué par Corentin dans sa dernière aventure et celle-ci avait trouvé naturel de lui confier cette tâche, sachant l’admiration qu’il éprouvait pour le disparu.

Des traces de sang furent découvertes dans une des maisons de l’ancien village Kokiri, situé au fond de la forêt de Firone. Cela faisait des années que plus personne ne vivait là. Pourtant, les lieux avaient été visités.

Les gardes entreprirent alors de fouiller l’habitation pour y chercher des preuves du passage du Sauveur d’Hyrule. L’un d’eux aperçut un objet brillant sous un meuble. Une petite médaille sur laquelle un nom était écrit : « Link ».

À partir de ce moment, les hypothèses furent nombreuses. La principale disait que Link avait fait un arrêt dans ce village après s’être perdu dans les bois. Il était entré dans l’unique cabane construite en haut d’un arbre. Ce choix paraissait logique à ceux qui l’avaient connu. D’autant plus que, selon la légende, le Héros du Temps y avait passé son enfance.

Après cette découverte, l’inquiétude avait augmenté : le jeune homme était visiblement blessé et les soldats se mirent à craindre pour sa vie. Seul et sans arme, ses chances de survie étaient déjà minces, mais ses blessures les diminuaient encore.

Petit à petit, les recherches avaient cessé. Le royaume avait besoin de son armée et les habitants étaient retournés à leurs occupations quotidiennes. Tous pensaient qu’il avait trouvé la mort. La princesse elle-même avait perdu l’espoir de le revoir vivant. Pourtant, Iria n’avait pas renoncé ! Elle ne voulait pas arrêter.

Zelda avait alors demandé à Corentin de continuer à protéger la demoiselle. Ensemble, ils avaient parcouru le pays, interrogeant les personnes rencontrées, visitant tous les domaines, en particulier ceux laissés à l’abandon. Sans succès !

Après plusieurs mois de recherches infructueuses, Iria avait bien dû se faire une raison : le jeune homme restait introuvable. Le soldat avait repris son poste à la citadelle et avait même reçu de l’avancement. Iria était retournée à Toal, auprès de son père Bohdan, le chef du village. Elle avait gardé le contact avec celui qui l’avait soutenue et qui était devenu son ami.

Un an après la disparition de Link, la princesse avait annulé la Fête du Triomphe et l’avait remplacée par la « Journée du Héros du Crépuscule », comme elle l’avait nommée. Une cérémonie du souvenir avait lieu le matin dans la ville, en hommage au sacrifice du Sauveur d’Hyrule. Ensuite, les festivités pouvaient commencer. Les Hyliens avaient également le droit de fêter la paix retrouvée. L’après-midi était consacré aux jeux. La célébration se clôturait par un grand bal qui se déroulait au château.

Le prêtre referma la porte de sa maison et se dirigea vers son église située de l’autre côté du village. Comme chaque année en ce jour de liesse, il recevrait la visite d’Iria. Celle-ci quitterait la citadelle après la commémoration pour venir se réfugier dans ce village. Elle était incapable de se réjouir, ce jour-là.

Personne ne savait exactement ce qu’il était devenu. Le mystère restait entier. La plupart de ceux qui avaient appris à l’apprécier doutaient que Link ait de lui-même pris la décision de disparaitre. Ses sentiments pour Iria n’étaient ignorés de personne.

Sa disparition avait coïncidé avec la fuite des complices de Ganondorf que le Héros du Crépuscule avait eu tant de mal à emprisonner. Les suppositions étaient nombreuses. Certains pensaient que c’était lui qui les avait aidés à s’échapper et qu’il s’était enfui avec eux. Ceux-là étaient minoritaires.

D’autres imaginaient que les évadés lui avaient réglé son compte et s’étaient arrangés pour cacher son corps. Parmi ceux qui l’avaient connu, une partie était convaincue que le jeune homme avait dû avoir un accident, tandis que les autres étaient persuadés que quelque chose de grave devait lui être arrivé.

Perdu dans ses pensées, le prêtre s’arrêta devant son église, prêt à y entrer lorsqu’un hennissement se fit entendre. Il tourna la tête dans la direction du bruit et remarqua un cheval, au milieu de la source qui alimentait le village.

Reynald referma la porte et s’approcha de l’animal. Celui-ci avait encore une selle sur le dos, comme si le destrier avait été monté récemment. Sa robe noire étincelait au soleil. le religieux s’apprêtait à aller quérir le palefrenier qui serait mieux en mesure de s’occuper de la monture quand il aperçut une forme humaine allongée dans l’eau.

L’homme était couché sur le côté et ne bougeait pas. Ses vêtements étaient faits de toile grossière de couleur indéfinissable. Le prêtre avança avec précaution et l’observa un instant. Cette silhouette lui semblait familière. La poitrine de l’inconnu se soulevait régulièrement, ce qui signifiait qu’il était en vie.

Arrivé près de l’inconscient, Reynald s’arrêta, surpris. Il avait remarqué le visage de celui qui était étendu à ses pieds et le reconnut sans aucune hésitation. Certes, il avait changé : ses traits s’étaient creusés, mais c’était bien lui ! Le Héros du Crépuscule venait de réapparaître.
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MessageSujet: Re: Le Temps d'un Crépuscule (13+)   Dim 12 Oct 2014 - 9:56

Ta fic est toujours aussi captivante ! Continue Smile
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MessageSujet: Re: Le Temps d'un Crépuscule (13+)   Ven 17 Oct 2014 - 18:36

Tellement de mystère encore x)
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