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 Le Temps d'un Crépuscule (13+)

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MessageSujet: Re: Le Temps d'un Crépuscule (13+)   Dim 24 Juin 2012 - 9:25

Je trouve l'idée très bien trouvée des 2 Link, c'est très bien expliqué et on s'imagine y être Smile Bonne continuation Wink
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Zelda Fan

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MessageSujet: Re: Le Temps d'un Crépuscule (13+)   Dim 24 Juin 2012 - 13:05

Je n'ai qu'une chose à dire BRAVO, ton fanfic est juste incroyable j'aime beaucoup le lien entre Ocarina Of Time et Twilight Princess.
Vivement la suite. Carte1


Dernière édition par Zelda Fan le Ven 29 Juin 2012 - 11:07, édité 1 fois
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Cristal

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MessageSujet: Re: Le Temps d'un Crépuscule (13+)   Lun 25 Juin 2012 - 11:25

Chapitre 9

La traversée de la plaine d’Hyrule ne leur prit que quelques heures durant lesquelles le Héros du Temps interrogea celui qui se faisait appeler Moï sur ses recherches. Pour rendre son personnage réel, Link lui parla des Célestiens, un peuple vivant dans le ciel. Heureusement, il avait beaucoup de choses à dire sur leur compte, ayant eu l’occasion de les rencontrer.

En début d’après-midi, ils arrivèrent à la lisière de la forêt dans laquelle Link et Sheik avaient fait halte la nuit précédente, afin de laisser les chevaux se reposer. Ce dernier leur expliqua qu’une journée de voyage serait nécessaire pour atteindre le Temple de l’Esprit, destination du Héros du Temps et de « Moï » qui souhaitait y faire des recherches sur les Gerudos.

Les compagnons voulaient faire un maximum de chemin ce jour-là et se remirent en route après un bref repas. Ils passèrent le reste de l’après-midi à traverser le désert. Durant cette partie du trajet, peu de paroles furent échangées.

Lorsque le soleil commença à décliner, ils cherchèrent un endroit où passer la nuit. Sheik leur apprit l’existence d’une petite grotte non loin de là qui leur permettrait d’être à l’abri d’une éventuelle tempête de sable durant la nuit. Les deux autres accueillirent la proposition avec enthousiasme. Les nuits dans le désert étaient réputées pour être très froides et l’idée de dormir dans un endroit protégé du vent leur plaisait.

Ils s’y rendirent et allumèrent un feu à l’entrée puis s’installèrent. Après le repas, les voyageurs se couchèrent rapidement, car la journée du lendemain risquait d’être longue. Le Héros du Temps et Sheik s’endormirent rapidement, mais Link avait du mal à trouver le sommeil.

Le jeune homme se leva et s’approcha du feu qui commençait à s’éteindre. Il rajouta du combustible et s’assit. L’image d’Iria revenait sans cesse dans ses pensées. Elle serait en sécurité tant que Ganondorf respecterait sa parole. Celui-ci s’était engagé à ne pas lui faire de mal si ses ordres étaient respectés.

Perdu dans ses réflexions, Link ne se rendit pas compte que son manteau s’était ouvert et que son visage n’était plus dissimulé. Il ne remarqua pas non plus qu’un de ses compagnons s’était réveillé.

Soudain, le jeune homme se sentit violemment tiré en arrière, ce qui lui fit brutalement reprendre ses esprits. Une lame vint se placer sous sa gorge avant qu’il n’ait pu faire un geste pour se protéger. Ses yeux se posèrent alors sur l’arme qui était sur le point de le faire passer de vie à trépas.

Link reconnut l’Épée de Légende, celle qui lui avait permis de vaincre Ganondorf et qui était restée plantée dans le Sanctuaire lors de son voyage dans le passé. Le Héros du Temps devait posséder exactement la même, puisqu’il s’agissait de la Lame Purificatrice, la seule capable d’anéantir le mal.

« Je croyais t’avoir réglé ton compte », lui dit celui-ci.

Link entendit ces mots sans en comprendre la signification. Voyant la détermination et la rage dans le regard de son agresseur, il crut sa dernière heure arrivée et ferma les yeux. Mais rien ne se produisit.

« Moï, c’est toi ? »

Sans prendre la peine de déplacer sa lame, le Héros du Temps attrapa le manteau de Link et le lui retira complètement. Le choc le cloua sur place. Celui avec qui il venait de voyager portait la même tunique que lui. Son regard se reporta alors sur le visage du jeune homme qui était très similaire au sien.

Le Héros du Temps abaissa son arme et recula sans pouvoir dire quoi que ce soit. En se réveillant quelques instants plus tôt, il avait cru voir un de ses ennemis. Celui qui était capable de prendre l’apparence de son adversaire et d’utiliser ses techniques de combat contre lui.

Il avait dû faire preuve d’ingéniosité pour parvenir à le vaincre, son opposant reproduisant ses attaques à l’identique. Au moment où le visage de son compagnon était apparu dans la clarté de la lune, le Héros du Temps avait cru que son ennemi était de retour.

Mais maintenant, le Héros du Temps ne comprenait plus. Un Hylien ayant la même apparence que lui se tenait devant lui. Comment avait-il pu voyager une journée à ses côtés sans remarquer cette particularité ?

Sheik, que le bruit de la lutte avait éveillé, s’approcha de lui et mit une main sur son épaule pour l’apaiser.

« Nous devons parler, lui dit-il. »

Il le fit asseoir près du feu pendant que Link se relevait et remettait de l’ordre dans sa tenue.

« Je pense que le temps est venu de te dire la vérité. Ce jeune homme ne s’appelle pas Moï et ne fait pas de recherches sur les anciennes civilisations. S’il est ici, c’est pour sauver son amie, prisonnière de Ganondorf.
- Pourquoi m’avoir menti ?
- À cause de cette ressemblance qui t’a frappé. Nous ne pouvions prévoir ta réaction.
- Je m’appelle Link, intervint celui-ci. Oui, le même prénom que toi. Ma révélation va peut-être te surprendre, mais je viens du futur. Comme toi, j’ai dû mener des combats pour sauver mon royaume. Un tyran du nom de Ganondorf a tenté de prendre le pouvoir par la force.
- Ganondorf ?
- Oui, le même. Celui que tu es censé battre. D’après la légende qu’on m’a racontée durant mon enfance, tu as vaincu le Seigneur du Mal et l’as envoyé dans un autre monde avec l’aide des Sages. Après s’en être échappé, il a attaqué le royaume. Lorsque j’ai réussi à le vaincre, je croyais que le cauchemar était terminé, mais je me trompais.
- Que veux-tu dire ?
- Le tyran avait d’autres projets pour moi. Sachant que je devrais remettre l’Épée de Légende qui m’avait servi à le vaincre dans le Sanctuaire, il y a créé un passage entre mon époque et la tienne. »

Link s’interrompit un instant, observant le visage de celui à qui il venait de faire ces révélations. Le Héros du temps l’écoutait avec attention.

« Continue, lui dit-il doucement pour l’encourager.
- Lorsque je suis allé replanter l’épée, je n’étais pas seul. Une amie m’accompagnait. Nous avons tous deux été envoyés ici. Elle est maintenant entre les mains de Ganondorf et je ferais tout pour la libérer.
- Je comprends. Si tu veux te joindre à moi, je t’aiderai à sauver ton amie. »

Link avait choisi de ne mentionner ni sa capture ni la mission confiée, car il avait craint que le Héros du Temps ne soit pas d’accord avec le plan qu’il avait mis au point avec Sheik. De plus, ce dernier lui avait fait comprendre par un signe de tête de s’en tenir là.

Après une longue conversation portant sur la suite à donner aux évènements, les voyageurs décidèrent de continuer leur route vers le Temple de l’Esprit. Puis ils regagnèrent leur couche afin de profiter des quelques heures qu’il leur restait avant le lever du jour pour se reposer.

Juste avant qu’il ne se couche, Sheik s’approcha de Link et lui murmura :

« Demain, lorsque les Gerudos attaqueront, tu devras assommer le Héros du Temps ! »

Le jeune homme s’étendit en se demandant s’il serait capable de trahir celui qui lui avait proposé son aide de façon si spontanée.
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Cristal

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MessageSujet: Re: Le Temps d'un Crépuscule (13+)   Ven 29 Juin 2012 - 10:41

Chapitre 10

Le lendemain matin, les voyageurs étaient debout à l’aube et rassemblèrent leurs affaires pour partir rapidement. Ils avaient pratiquement terminé leurs préparatifs de départ quand des bruits de galop se firent entendre. Une troupe de guerrières foncer sur eux fonçait droit sur eux.

« Les Gerudos, cria le Héros du Temps en dégainant son arme. »

Devant lui se tenait Link qui avait également sorti son épée. Il s’en servit pour assommer son nouvel ami. Celui-ci n’eut pas le temps de comprendre ce qui lui arrivait avant de s’effondrer.

Choqué par le geste qu’il venait d’accomplir, le jeune homme se tourna vers Sheik dans l’espoir de recevoir une confirmation de la nécessité de cette « déloyauté ». Au même moment, un coup de poing, donné par celui qui avait sa confiance, l’atteignit sur la tempe gauche. Le Héros du Crépuscule s’écroula, inconscient.

A son réveil, Link était de nouveau couché sur le sol de sa prison avec les mains attachées devant lui. Il eut une désagréable impression de déjà-vu. Le prisonnier avait évidemment été délesté de ses armes, mais sa tunique et sa cotte de mailles lui avaient été laissées. Sa tête bourdonnait, sans doute était-ce dû au coup reçu.

Le jeune homme s’assit et grimaça à cause de la douleur de son épaule. Il observa ce qui l’entourait et aperçut une autre personne qui était également enchaîné au mur : le Héros du Temps. Celui-ci présentait une marque à l’endroit où le jeune homme l’avait frappé et lui lançait des regards noirs.

Link comprenait la raison de ces reproches. Il éprouvait exactement le même sentiment vis-à-vis de Sheik. Ce dernier l’avait trahi.

« Tu as toutes les raisons de m’en vouloir. Ce que je t’ai fait est impardonnable, mais je n’avais pas le choix. Je t’ai dit que j’étais prêt à tout pour sauver mon amie. »

Son compagnon de cellule ne répondit pas, se contentant de le fixer.

« Je ne t’ai pas tout dit, hier soir. Après avoir replanté l’épée, je me suis réveillé ici. J’ai découvert que j’avais voyagé dans le temps et que j’étais à la merci de mon pire ennemi qui voulait me convaincre de l’aider à te capturer. Ignorant que mon amie était aussi entre ses mains, j’ai refusé. Il me l’a durement fait payer. Pendant trois jours, Ganondorf a tout tenté pour me briser.
- Visiblement, il a réussi.
- Tu te trompes. Tant que j’étais le seul à devoir subir son courroux, j’étais prêt à résister. Quand il a menacé Iria… »

Link ne put aller plus loin, la peur et la culpabilité commencèrent à reprendre le dessus sur son courage.

« Qu’est-ce qui me prouve que tu n’es pas en train de me mentir ?
- Ta méfiance est légitime, mais je suis dans la même situation que toi. Pourquoi crois-tu que je suis ici, enfermé et enchaîné ?
- Que comptes-tu faire maintenant ? Comment espères-tu sauver celle que tu aimes ? Ne sois pas étonné ! Ça se lit dans tes yeux.
- Je ne sais pas. Sheik devait m’aider, mais…
- Il t’a frappé et nous a livré tous les deux, pieds et poings liés.
- Oui ! Et maintenant que j’ai fait ce que Ganondorf attendait de moi…
- Il pourrait vouloir se débarrasser de toi et de ton amie. »

Link acquiesça, incapable de répondre. Le Héros du Temps le regarda dans les yeux. Les sentiments de culpabilité et de peur qu’il lisait dans ceux-ci n’étaient pas feints. À ce moment précis, ils entendirent des bruits de pas dans le couloir et se turent. Nabooru entra, suivie de deux gardes Gerudos.

« Toi, tu viens avec moi, dit-elle en regardant Link. Le Seigneur Ganondorf veut te voir. Il a encore une mission pour toi. Je vais te retirer tes chaînes, ne t’avise pas de tenter quoi que ce soit, tu sais ce qui arriverait à ta dulcinée. »

Touché au cœur, le jeune homme regarda dans la direction du Héros du Temps, celui-ci le regardait maintenant avec sympathie. Il se laissa faire pendant l’opération. Quand ses mains furent de nouveau attachées dans son dos par une corde, les gardes l’emmenèrent vers la sortie.

En quittant la forteresse, le captif aperçut Sheik qui s’avançait dans sa direction. Il se dégagea de ses gardes pour foncer droit sur lui. Celui-ci ne fit aucun geste pour se protéger. Ils s’écroulèrent tous les deux sur le sol. Link se retrouva allongé sur celui qui l’avait frappé, incapable de faire quoi que ce soit de plus.

« Quand tu affronteras Nabooru, murmura ce dernier, vise la pierre sur son front. Elle a été hypnotisée. »

Il n’eut pas le temps d’en dire plus. Déjà, les gardes les relevaient sans ménagement. C’est à ce moment-là que Link s’aperçut que Sheik avait également les mains attachées dans le dos. Le Héros du Crépuscule en fut troublé.

Il y pensait encore, lorsque Nabooru le força à se mettre à genoux devant Ganondorf.

« Alors, on se rebelle ? Sheik t’a fait un coup tordu ? Ah oui, je crois savoir qu’il t’a bien abîmé. »

Le tyran s’approcha de Link et examina la marque qu’avait laissée le coup. Il posa sa main sur la tempe du jeune homme penchant légèrement sa tête et appuya fortement son pouce sur la contusion, ce qui fit grimacer celui-ci, mais aucun son ne sortit de sa gorge.

« Effectivement, ce n’est pas joli. Ne t’inquiète pas pour ta belle gueule, ta blessure aura le temps de guérir avant que tu ne revoies ton amie… enfin, si tu la revois. »

Le jeune homme voulut se relever pour protester, mais les deux gardes l’en empêchèrent.

« À ta place, je la ramènerais moins. Il pourrait lui arriver des bricoles, à ta petite copine. »

Link ferma les yeux en cherchant à maîtriser sa colère. Quand il les rouvrit, le prisonnier avait retrouvé son calme et ses gardes lâchèrent quelque peu la pression.

« Voilà qui est mieux, nous allons enfin pouvoir parler sérieusement de ta prochaine mission.
- Que dois-je faire ?
- C’est simple : me ramener la princesse Zelda. Elle a disparu sans laisser de trace, il y a sept ans.
- Par où dois-je commencer les recherches ?
- Ça, ce n’est pas mon problème. C’est le tien. C’est Nabooru qui t’accompagnera, cette fois. Il s’avère que je ne peux plus avoir confiance en Sheik.
- Comme si tu avais déjà eu confiance en quelqu’un !
- Tu n’es pas aussi bête que tu en as l’air. Tu as deux jours pour te préparer. Mon capitaine d’armée t’apprendra ce que tu dois savoir. »

Le roi fit signe aux Gerudos qui ramenèrent le captif dans sa cellule où il retrouva ses deux compagnons.

« Link, je suis désolé. Je devais te frapper pour conserver ma couverture. J’aurais pu t’en parler avant, mais le coup devait paraître vrai. J’ai expliqué la situation au Héros du Temps. Je n’ai pas pu libérer Iria. Tu avais raison ! Ganondorf était au courant pour ma trahison. J’étais surveillé. Quand je suis entré dans la pièce où elle était retenue, les gardes me sont tombées dessus.
- Où est-elle ? Comment va-t-elle ?
- Elle va bien, ne t’inquiète pas. Aucun mal ne lui a été fait. Ils se sont contentés de l’enfermer dans une autre partie de la forteresse. »

Le jeune homme était soulagé de savoir qu’Iria n’avait subi aucun mauvais traitement. Une autre mission venait de lui être confiée. Il venait de gagner un peu de temps.

Ils ne purent en dire plus, car la porte s’ouvrit. Deux Gerudos détachèrent Link et l’emmenèrent pour le conduire au gymnase où leur chef l’attendait. Elles le laissèrent au milieu de l’aire d’entrainement et allèrent s’asseoir pour observer l’exercice. Celle-ci lança une épée qui tomba aux pieds du jeune homme puis attaqua. Il eut juste le temps de ramasser son arme pour parer le coup, mais la violence du choc le fit chuter.

Nabooru revint à la charge. Link aurait pu recevoir l’épée entre les côtes s’il n’avait effectué une roulade lui permettant de se relever. Le Héros du Crépuscule ressentit rapidement une douleur lancinante au niveau de son épaule gauche, ce qui l’obligea à utiliser sa main droite.

Il y perdit en force et en dextérité. Les coups s’enchaînèrent. De très bon niveau, tous deux, ils arrivaient à contrer toutes leurs attaques respectives. Le combat dura plusieurs heures.

Sentant la fatigue le gagner, Link décida de tenter le tout pour le tout afin de porter un coup décisif à son adversaire. Il parvint à la faire chuter par un croche-pied bien placé et profita de ce moment pour frapper la pierre sur le front de sa rivale avec la garde de son épée.

Sous le choc, celle-ci se fêla, le coup n’étant pas assez fort pour la briser totalement. Personne ne sembla remarquer la petite fumée noire qui s’en échappa. Seul Link l’aperçut. Nabooru resta à terre quelques secondes.

Furieuse, elle se releva et désarma le jeune homme. La Gerudo l’attrapa par les cheveux et le força à s’allonger sur le ventre. Surpris par sa réaction et ne souhaitant pas attiser sa colère qui pouvait retomber sur Iria, il se laissa faire. La jeune femme lui lia les mains et le releva avec brutalité.

« Tu n’aurais pas dû faire ça, murmura-t-elle à son oreille. Je vais aller rendre une visite à ta petite amie.
- Non, laisse-la tranquille, elle ne t’a rien fait. C’est après moi que tu en as !
- La prochaine fois, tu réfléchiras à deux fois avant de faire quelque chose de stupide. Allez, avance. »

Elle le ramena dans sa cellule et le précipita contre le mur qu’il percuta de plein fouet. Link se retrouva sur le sol un peu sonné par le choc. Le prisonnier eut néanmoins le courage de relever la tête vers elle.

« Ne lui fais pas de mal, implora-t-il. Elle n’est pas responsable. Je suis prêt à accepter la punition que tu voudras m’imposer, mais ne la touche pas.
- Jusqu’où serais-tu prêt à aller pour que je la laisse tranquille ?
- Jusqu’au bout.
- Tu dois beaucoup tenir à elle. Merci pour l’information. »

Nabooru s’approcha et le releva. Puis, elle le plaqua contre le mur en le tenant à la gorge.

« Je serais ravie de t’infliger la correction que tu mérites, mais les coups que tu reçois n’ont pas les effets voulus. Ton insistance me donne une idée. Je ne vais pas aller lui rendre visite ce soir. Nous le ferons ensemble très bientôt. Nous verrons si tu as toujours envie de te rebeller quand tu auras vu ton amie subir les conséquences de tes actes. »

Link se tut. En voulant protéger Iria, il n’avait fait qu’aggraver la situation de la jeune fille et la sienne. Nabooru appela les gardes.

« Remettez-lui ses chaînes ! Demain, à la première heure, vous l’amènerez dans la cellule de son amie. Je vous y attendrai. N’hésitez pas à utiliser la force, même s’il est coopératif. »

Elle sortit. La discrète fêlure de son rubis n’échappa ni au Héros du Temps, ni à Sheik. Quand ils furent seuls, ce dernier observa le jeune homme qui semblait en proie à une grande inquiétude. Il voulut l’apaiser par une parole réconfortante.

« Link, je …
- Tais-toi ! Si je ne t’avais pas écouté, Iria n’aurait pas à subir la colère de Nabooru. Depuis le début, tu te moques de moi, mais c’est terminé ! Je ne croirais plus tes mensonges.
- Calme-toi, ajouta le Héros du Temps. T’en prendre à Sheik n’arrangera pas la situation. Nabooru cherche à te déstabiliser en utilisant ton point faible. Si tu te laisses envahir par des sentiments de culpabilité, elle aura gagné. Ce que tu as fait était nécessaire et portera ses fruits si tu sais être patient. Tu dois garder la tête froide si tu veux sauver ton amie. »

Quelques instants plus tard, la porte s’ouvrit de nouveau. Une garde entra apportant le maigre repas des prisonniers. Ils reçurent chacun un morceau de pain et un peu d’eau. Incapable d’avaler quoi que ce soit, Link ne mangea rien. Il s’installa face au mur, tournant le dos à ses compagnons.
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MessageSujet: Re: Le Temps d'un Crépuscule (13+)   Ven 6 Juil 2012 - 11:53

Merci pour toutes vos lectures et vos commentaires !

Chapitre 11

Link ne dormit pas de la nuit. L’inquiétude et la culpabilité le rongeaient. Il s’était renfermé sur lui-même, ne voulant pas écouter ses deux compagnons. Ceux-ci avaient respecté son silence et l’avaient laissé tranquille.

Le lendemain matin, les gardes entrèrent dans la cellule. Elles s’avancèrent vers le jeune homme qui était assis le dos contre le mur. Celui-ci les regarda avancer dans sa direction. Le moment était venu.

« Lève-toi ! Notre chef t’attend ! »

Link se mit debout et leur tendit ses mains pour que les Gerudos puissent retirer ses chaînes. L’une d’elles les enleva pendant que l’autre lui maintenait les bras pour éviter toute tentative de rébellion. Celle-ci ramena ses mains dans son dos, sans tenir compte des douleurs qu’elle lui provoquait au niveau de son épaule blessée. Ensuite, ses poignets furent attachés. En quittant la cellule, il échangea un regard avec le Héros du Temps qui lui adressa un sourire encourageant.

Elles l’emmenèrent dans une autre partie de la forteresse et le firent entrer dans une pièce gardée par d’autres guerrières. Celle-ci ressemblait à la cellule dans laquelle il avait été enfermé, sauf qu’elle était meublée d’une couchette avec matelas et couverture. Iria y était assise, lui tournant le dos. Nabooru se trouvait debout en face de lui.

Cette dernière congédia les gardes et fit signe au prisonnier de s’approcher. Link s’avança. Quand la jeune fille se retourna, elle se leva d’un bond et prit son ami dans ses bras. En apercevant celle-ci, il eut un choc. Son visage semblait tuméfié. Son sang ne fit qu’un tour, le captif était prêt à foncer droit sur Nabooru pour lui expliquer son opinion sur ses méthodes.

Iria, qui avait prévu la réaction de son ami, le retint.

« Non, calme-toi ! Ces marques sont fausses. Elles sont censées faire croire que j’ai été battue. Je n’ai rien. »

Link se figea et la regarda, surpris. Elle lui détacha les poignets. Il posa une main sur le visage de son amie et sentit une substance grasse entrer en contact avec ses doigts. Le Héros du Crépuscule ne comprenait pas et regardait les traces qu’avait laissées son geste sur sa peau. Ensuite, la jeune fille l’emmena s’asseoir sur la banquette et déplaça une mèche de ses cheveux pour examiner la blessure sur sa tempe.

« Par contre, les tiennes sont réelles, ajouta-t-elle avec de l’inquiétude dans la voix.
- Ne t’inquiète pas, lui répondit-il en lui prenant la main. Je vais bien !
- Je n’en suis pas aussi sûre que toi ! »

Il lui sourit pour la rassurer, puis se tourna vers Nabooru.

« Pourquoi fais-tu ça ?
- Pour te remercier.
- De quoi ?
- Le coup que tu m’as donné a pu briser le sortilège qui me liait à Ganondorf, mais il n’était pas assez puissant pour un effet immédiat. J’ai repris mes esprits dans la nuit. Quand je t’ai menacé, j’étais toujours sous l’emprise de mon ennemi. Je ne suis pas comme lui. Sa soif de pouvoir finira par détruire mon peuple. Sachant que j’étais contre ses projets de conquête et que j’avais une grande influence sur les autres Gerudos, ce tyran m’a fait hypnotiser pour me contrôler.
- Que comptes-tu faire maintenant ?
- Quitter la forteresse et faire comprendre à mon peuple qu’elles ne doivent pas le suivre. Je peux emmener Iria et la protéger. Je lui ai expliqué la situation, mais elle refuse de partir sans toi ! Si tu veux la mettre en sécurité, tu dois la convaincre.
- Qu’est-ce qui me prouve qu’il ne s’agit pas d’un piège ?
- Rien ! Tu vas devoir me faire confiance ! Sans mon aide, tes chances sont minces. Même le Héros du Temps ne peut plus faire grand-chose. »

Après un instant de réflexion, Link comprit qu’il devait prendre le risque. Le jeune homme se tourna vers son amie et lui prit les mains.

« Pars avec elle ! Je serais plus en mesure de me défendre si je sais que tu es saine et sauve. Ganondorf obtient de moi ce qu’il veut en te menaçant. Si tu es libre, je pourrais plus facilement lui tenir tête.
- Il recommencera à te torturer.
- C’est probable, mais je peux le supporter. Avec l’aide du Héros du Temps et de Sheik, je parviendrais à le vaincre. Nous pourrons nous échapper et nous vous rejoindrons. Ensuite, nous rentrerons chez nous.
- Tu me le promets ?
- Oui ! »

Nabooru tendit un petit poignard au jeune homme.

« Prends cette arme et cache-la. Tu risques d’en avoir besoin. Quand Ganondorf va apprendre ma fuite et celle de ton amie, il risque de te le faire payer, ainsi qu’à tes compagnons. Choisis bien ton moment pour agir. Ce sera probablement ta dernière chance. »

Link prit l’objet qu’elle lui tendait et examina la lame. Celle-ci était petite, mais maniable. Il la cacha dans sa botte.

« Nous devons y aller maintenant. Si nous restons trop longtemps, cela semblera suspect et notre plan risque d’échouer. Je t’en dirais plus pendant l’entrainement. À partir du moment, où l’on sortira d’ici, je redeviendrais celle qui t’a menacé. Personne ne doit savoir que le charme a été rompu avant qu’Iria et moi ne soyons loin. Je te laisse deux minutes pour lui dire au revoir. Ensuite, je devrais t’attacher de nouveau. »

Nabooru s’éloigna des jeunes gens pour leur laisser un peu d’intimité. Quand le Héros du Crépuscule fut prêt, il s’approcha de la Gerudo. Cette dernière lui entrava les mains et le fit sortir de la cellule. Ensuite, elle l’emmena au gymnase. Plusieurs guerrières les y attendaient. Elles voulaient assister à la préparation du prisonnier.

Comme la veille, Nabooru lança une épée dans la direction du jeune homme, mais celle-ci atterrit plusieurs mètres derrière lui. Il dut faire un bond pour éviter de se faire embrocher par celle de sa rivale. Celle-ci attaquait de plus belle. Au bout d’un moment, elle parvint à le serrer contre un mur et leva son épée que Link parvint à bloquer en interposant la sienne.

« Désolée, je suis obligée d’y aller fort si je veux que les autres ne se doutent de rien. Jusqu’à maintenant, tu te débrouilles bien ! Continue ! Je sais que tu es inquiet pour ton amie, mais tu as pris la bonne décision. Tu dois aider le Héros du Temps. Ne t’inquiète pas, je suis de taille à la protéger. »

En entendant ses paroles réconfortantes, Link baissa un peu sa garde. Ce qui permit à Nabooru de le désarmer avec sa lame. Elle plaça celle-ci sur la gorge du jeune homme.

« Tu devrais être plus attentif et ne pas laisser tes émotions te déconcentrer pendant un combat. Cela pourrait te coûter la victoire … voire la vie. Je vais te montrer différentes techniques, observe-les. N’essaye surtout pas de les reproduire, sinon je serais obligée de mettre fin à l’entrainement. La connaissance de ces méthodes te sera utile. Fais attention à ce que tu dis dans ta cellule ! Les gardes vous surveillent.
- Ils le font depuis que je suis arrivé ici. Sheik le savait et me parlait à voix basse pour me donner des informations.
- C’est encore pire maintenant, elles rapportent toutes vos conversations à Ganondorf. Il sait que tu prépares quelque chose, mais ignore quoi. Sois prudent ! »

Elle recula pour lui permettre de ramasser son arme. Ensuite, elle attaqua de nouveau. Ils continuèrent l’entraînement pendant plusieurs heures. Nabooru esquissait des mouvements que Link parvenait à parer avec habileté. Il n’essaya pas de les imiter, mais les étudia avec attention pour les mémoriser.

Quand la Gerudo mit fin à la séance, elle appela deux des gardes présentes pour que celles-ci le ramènent dans sa cellule.

« Ce n’est pas la peine de l’attacher, il va nous suivre gentiment. Cet entêté a enfin compris où était son intérêt. »

Les gardes se placèrent de chaque côté du jeune homme et le conduisirent vers la forteresse. Nabooru les précéda. Ils entrèrent dans la cellule et la chef des Gerudos se chargea de lui remettre ses chaînes. Elle en profita pour lui parler à voix basse.

« Rappelle-toi, tous vos propos seront rapportés. Nous irons nous cacher au Temple de l’Esprit. »

Inquiets, le Héros du Temps et Sheik observèrent le jeune homme. Constatant que ce dernier avait retrouvé son calme, ils l’interrogèrent silencieusement. Link leur fit comprendre qu’il ne pouvait rien leur dire, mais que la situation avait évolué en leur faveur. La tentative de fuite de Nabooru risquait de faire beaucoup de bruit, qu’elle soit un succès ou un échec.

Au milieu de la nuit, quelqu’un entra dans la cellule avec fracas. C’était Ganondorf. Celui-ci semblait pris d’une fureur destructrice. Des flammes brûlaient dans ses yeux. Il s’approcha de Link et le souleva par le col de sa tunique.

« Qu’as-tu fait ? Comment as-tu réussi à rompre l’enchantement sans que je m’en aperçoive ? À cause de toi, j’ai perdu mon meilleur soldat et mon otage. »

Avec une facilité déconcertante, le roi des Gerudos le précipita contre le mur du fond. Link tenta de se rattraper, mais il retomba sur son épaule blessée qui se remit à saigner.

« Nabooru est partie en emmenant ta précieuse petite amie, mais ne va pas croire que tu as gagné. J’ai envoyé mes meilleures guerrières à leur poursuite. Et elles les retrouveront.
- Tu ne peux plus me forcer à faire quoi que ce soit, maintenant, répondit Link qui s’était relevé. Ne compte plus sur moi pour faire le sale boulot à ta place.
- Ne te réjouis pas trop vite. Je la retrouverai bien assez tôt. Et vous me le payerez tous les deux. J’ai du temps devant moi à présent que le Héros du Temps n’est plus une menace », dit-il en lançant un regard dédaigneux à l’intéressé.

Celui-ci se leva d’un bond et fonça sur son ennemi, prouvant ainsi qu’il n’avait pas dit son dernier mot. Sa tentative se solda par un échec quand Ganondorf lui envoya son pied en plein milieu de l’estomac. Le jeune homme s’écrasa sur le sol sans un cri.

« Tu es aussi pitoyable et prévisible que peut l’être ton descendant. Tu m’aideras à retrouver la princesse, ajouta-t-il en se tournant de nouveau vers Link. Cette fois, tu ne le feras pas pour la sauver, mais pour abréger ses souffrances. »

Ganondorf pivota alors vers Sheik.

« Je sais que c’est toi qui lui as révélé le secret concernant Nabooru même si j’ignorais que tu fus au courant. Tu connais le sort réservé aux traîtres, ici. Ta mort servira d’exemple aux deux autres, mais avant, tu auras le temps de regretter d’avoir tenté de me tromper. Quant à toi, Héros du Temps, je ne peux mettre fin à ta vie avant d’avoir retrouvé la princesse, mais tu vas subir la même épreuve que les deux autres pour avoir osé me défier. »

Sur ces mots, il sortit de la cellule et s’adressa aux gardes.

« Commencez les préparatifs. Je veux les voir souffrir. »

La porte fut refermée et les prisonniers restèrent seuls. Link se sentit soulagé de savoir Iria sous la protection de Nabooru, mais serait-elle de taille à la défendre ?

« Qu’est-ce qu’on fait maintenant, demanda Sheik.
- Pour l’instant, nous ne pouvons rien faire, répondit Link. Préparez-vous, à la première occasion, je vous donnerais le signal. »

À l’aube, une dizaine de soldats entrèrent dans la cellule. Ils emmenèrent les prisonniers vers un endroit reculé de la forteresse où trois poteaux avaient été dressés. Les Gerudos les y attachèrent.

Le soleil venait à peine de se lever, mais la journée promettait d’être chaude à l’extrême et les jeunes gens se préparèrent à vivre un des pires moments de leur vie. La soif se fit très vite sentir. Et chacun gardait le silence. Parler n’aurait de toute façon servi à rien. Ils attendaient conscients que Ganondorf ne se contenterait pas de ça.

Au milieu de l’après-midi, des Gerudos arrivèrent avec des seaux d’eau et chaque prisonnier se vit donner à boire. Ensuite, d’autres gardes arrivèrent munies de cravaches. Elles furent suivies par le tyran qui s’installa comme s’il allait assister à un spectacle. À son signal, les hostilités commencèrent. Les coups se mirent à pleuvoir de partout. Link et ses compagnons faisaient de leur mieux pour ne pas offrir à leur ennemi la joie de les entendre hurler. Ce petit jeu dura longtemps, mais finit par cesser.

Ganondorf se leva et s’approcha tour à tour des trois prisonniers essayant d’examiner leurs résistances physique et morale. Il s’arrêta à proximité de Link et s’adressa à lui avec de la rage dans la voix.

« Alors, morveux, tu as toujours envie de jouer au plus malin ou tu as enfin compris qui était le plus fort ? »

Link releva la tête et fixa son ennemi droit dans les yeux. Malgré les douleurs qu’il ressentait dans tout son corps, le captif trouva la force de lui répondre.

« Si tu étais le plus fort comme tu le dis, tu n’aurais pas eu besoin de menacer une jeune fille pour obtenir ma coopération et surtout elle n’aurait pas réussi à se sauver à ton nez et à ta barbe ! »

La réponse ne plut pas à Ganondorf qui l’attrapa par la gorge.

« Je vois que tu as toujours la langue aussi bien pendue. Tu seras donc le premier pour la phase suivante des opérations. Nous verrons si tu as encore la force de rire après ça. »

Le tyran fit signe aux deux Gerudos les plus proches qui détachèrent Link et l’amenèrent sur un sol de terre battue. Là, il fut entouré d’une dizaine de guerrières qui se mirent à le passer à tabac. Après avoir subi une pluie de coups, le jeune homme s’écroula, incapable de se relever.

Deux gardes l’attrapèrent par les mains et le trainèrent un peu plus loin alors qu’on amenait le Héros du Temps pour qu’il subisse le même châtiment. Quand lui aussi fut incapable de se mettre debout, ils le laissèrent sur le côté pour s’en prendre à Sheik.

Celui-ci avait déjà du mal à tenir sur ses jambes et s’écroula lorsque les deux gardes le lâchèrent. Ses vêtements étaient déchirés. Au moment où il se releva pour tenir tête à ceux qui allaient le battre, le tissu qui dissimulait sa tête glissa et tomba sur le sol dévoilant son visage. Deux yeux bleus au milieu d’un visage aux traits fins et une immense chevelure blonde apparurent.

Le Héros du Temps qui commençait à reprendre ses esprits le vit et se figea. Le jeune homme venait de reconnaître celle qu’il cherchait depuis le début sa quête : Zelda. Ganondorf la reconnut également et éclata de rire.

« Si je m’attendais à ça. Depuis sept longues années, je cherche la princesse alors qu’elle était juste à côté de moi. Félicitations, vous m’avez bien eu, Votre Altesse, mais maintenant, grâce à vous, je vais enfin devenir le maître du monde. »

Ganondorf s’approcha d’elle. N’écoutant que son courage le Héros du Temps bondit en direction de son ennemi pour l’empêcher de la toucher, mais les nombreux gardes autour de lui l’immobilisèrent avant qu’il ait pu faire deux pas. Le tyran attrapa Zelda par le bras et l’emmena dans sa tente. Les gardes reçurent l’ordre de ramener les deux prisonniers dans leur cellule.
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MessageSujet: Re: Le Temps d'un Crépuscule (13+)   Lun 9 Juil 2012 - 17:42

Chapitre 12

Plusieurs gardes s’approchèrent des deux héros, dont l’un ne s’était toujours pas relevé. Ils voulurent attraper ce dernier par les bras pour le ramener dans sa cellule, le croyant évanoui. C’est à ce moment-là que Link sortit le poignard que lui avait remis Nabooru. Il l’utilisa pour frapper ses adversaires qui tombèrent, surprises par une attaque à laquelle elles ne s’attendaient pas.

Le jeune homme ramassa une arme sur une des femmes et se précipita pour libérer son compagnon aux prises avec d’autres Gerudos. Une fois libre, le Héros du Temps trouva un sabre sur une des guerrières évanouies et se mit en devoir de se défendre.

L’alerte avait été donnée et un groupe de guerrières arrivait pour porter main forte à leurs collègues. Leur nombre était réduit, car Ganondorf avait envoyé la moitié de ses troupes aux trousses de Nabooru et d’Iria.

Le bruit du combat atteint le chef des Gerudos qui comprit rapidement que son armée n’arriverait pas à arrêter les deux héros. Le tyran jaillit de sa tente avec Zelda et se dirigea vers les écuries. Il en ressortit sur un cheval et prit la fuite, emmenant avec lui la princesse d’Hyrule.

Les guerrières empêchèrent les deux combattants de suivre leur ennemi. Ils durent continuer à se défendre jusqu’à ce que les dernières femmes encore debout prennent la fuite.

Lorsque le combat cessa, les vainqueurs exténués s’écroulèrent et restèrent un instant au sol, essayant de reprendre des forces. Une fois reposés, ils se concertèrent pour déterminer la marche à suivre. Le Héros du Temps voulait partir directement à la poursuite de Ganondorf.

« Je comprends ton empressement à vouloir sauver la princesse, mais nous ne pouvons nous rendre au château tout de suite. Nous ne sommes pas en état de reprendre le combat. Il ne lui fera rien tant que tu ne seras pas là. De plus, tu as encore un sage à éveiller. Sans eux, nous ne pourrons pas atteindre notre destination.
- Tu as raison. Je dois d’abord aller au Temple de l’Esprit.
- Nous ! Je t’accompagne !
- C’est mon combat, Link. Tu n’as rien à voir là-dedans. Tu l’as dit toi-même : selon la légende, je suis capable de venir à bout de ce monstre seul. Pars retrouver ton amie et quittez ce temps. L’épée que tu as plantée doit toujours être dans le socle. La retirer devrait te ramener à ton époque.
- C’était ton combat. Maintenant, je suis impliqué. Tu es épuisé et blessé. Je ne suis pas dans un meilleur état et Zelda est aux mains de notre ennemi. La situation ne serait pas aussi dramatique si je ne l’avais pas aidé. De plus, Ganondorf connait tes pouvoirs et tes capacités. Xanto lui a raconté votre dernier combat dans les moindres détails. Il te faudra plus que de la chance. Je t’aiderai jusqu’au bout. Je n’ai qu’une faveur à te demander. Je voudrais qu’on retrouve Iria et qu’elle retourne dans son temps. Cette histoire ne la concerne pas.
- D’accord. Je pense que je te dois bien ça. Nabooru connaît parfaitement le désert. Sais-tu où elles sont allées ?
- Dans le Temple de l’Esprit.
- Allons-y. »

Les deux héros se mirent donc en route, après avoir fouillé le camp pour retrouver leurs armes. Arrivés à destination, ils tombèrent sur les restes d’une bataille. Sur le sable, on pouvait voir des traces de sabots, de nombreuses flèches et des traces de sang séché. Ces marques étaient visibles jusqu’à l’entrée du temple.

Pris d’une crainte subite, Link accéléra le pas pour arriver au bâtiment. Il y entra en courant, craignant pour la vie de son amie d’enfance. Si les guerrières avaient réussi à entrer, les fugitives avaient peu de chances de s’en être sorties.

A l’intérieur, aucune trace de combat n’était visible. Le jeune homme trouva Iria, couchée sur un lit de fortune. Il se précipita vers elle en proie à la panique et s’agenouilla à ses côtés. Derrière lui, une voix se fit entendre.

« Ton amie dort. Ses émotions et son inquiétude l’ont épuisée, mais elle voulait te rejoindre. Je lui ai donc donné une potion apaisante. Laisse-la se reposer. C’est une fille courageuse qui tient énormément à toi.
- Je le sais. Elle compte aussi beaucoup pour moi. Merci de l’avoir protégée. »

Link s’assit sur le lit, fixant son amie qui respirait calmement dans son sommeil. Il était incapable de détacher ses yeux d’elle. Nabooru s’approcha de lui et l’examina. Le jeune homme n’était pas en état de poursuivre la lutte.

« Je suppose que tes amis sont dans le même état. »

Link ne répondit pas. Préoccupé par l’état de santé d’Iria, il n’avait même pas entendu la question. Ce fut un des concernés qui répondit à sa place.

« Sheik n’est pas là et n’a d’ailleurs jamais existé. Il s’agissait de la princesse Zelda qui se cachait sous les traits d’un homme. Suite aux nombreux coups reçus, elle a été démasquée et est à présent aux mains de Ganondorf.
- Elle s’est cachée dans le camp de son ennemi toutes ses années. C’est une belle preuve de courage. Comment te sens-tu ?
- Nous avons subis pas mal d’épreuves et nous avons dû mener des combats fatigants. Je pense que nous aurions tous les deux besoin de soins avant de repartir.
- Ne bougez pas et laissez-moi m’occuper de ça. »

Nabooru se leva et alla chercher ce qu’il fallait pour les soins. Elle laissa Link à côté d’Iria pendant qu’elle s’occupait de son compagnon. La Gerudo nettoya ses blessures et lui fit boire des potions afin que la douleur disparaisse. Puis la guerrière fit la même chose pour le jeune homme qui avait enfin accepté de s’éloigner de son amie.

Elle leur donna également quelques bouteilles à utiliser en cas de besoin. Ils décidèrent de prendre du repos avant de tenter quoi que ce soit. Les deux héros lui racontèrent la réaction de Ganondorf suite à la fuite d’Iria et leur évasion. Ils passèrent la nuit à l’entrée du Temple, Nabooru montant la garde par précaution.

Le lendemain, Iria se sentait beaucoup mieux. Link la prit à part pour lui parler.

« Iria, je vais te demander de faire quelque chose de très difficile. Tu dois retourner à notre époque. Je vais aider le Héros du Temps dans son combat contre Ganondorf, mais je préfèrerais te savoir à l’abri.
- Je ne veux pas partir sans toi.
- Je ne sais pas si j’en reviendrai et je serais plus efficace si je te sais en sécurité. De plus, j’ai une mission à te confier. Tu dois avertir la princesse de ce qu’il se passe. Tu dois la faire venir au Sanctuaire. Sa présence sera nécessaire pour briser le mécanisme du temps.
- D’accord. Je ferai ce que tu me demandes, mais promets-moi de revenir.
- Je te promets d’essayer.
- Ce n’est pas suffisant, cria-t-elle en s’accrochant à lui. Je ne veux pas te perdre. Fais-moi ce serment, je ne te quitterais pas tant que tu ne l’auras pas faite.
- D’accord, je te donne ma parole, lui dit-il en lui rendant son étreinte. »

Pendant ce temps, le Héros du Temps était parti pour explorer le temple en compagnie de Nabooru. Link et Iria les attendirent à l’extérieur en restant vigilants. En ressortant du Temple, il était seul.

« Nabooru était le cinquième et dernier sage que je devais éveiller. Elle vient de prendre ses fonctions. Je dois me rendre au château de Ganondorf et le vaincre.
- Je t’accompagne.
- Comme promis, nous passerons par le Temple du Temps pour permettre à Iria de rentrer. »

Ils reprirent la route juste après. Iria était monté derrière Link et le serrait de toutes ses forces. Elle ne voulait pas le quitter, mais était consciente du devoir qu’il avait à accomplir et ne voulait pas devenir un poids pour lui. Il prendrait plus de risques la sachant en sécurité, c’est vrai, mais cela lui donnerait des chances supplémentaires de vaincre.

Les compagnons arrivèrent en vue du château en début d’après-midi et décidèrent de se rendre directement au Temple du Temps. Ils craignaient d’y rencontrer des hommes de Ganondorf, venus les y attendre. Pourtant l’endroit semblait désert.

Ils pénétrèrent dans le Sanctuaire avec précaution. Tout était silencieux. Le Héros du Temps resta à l’écart pendant que les deux autres entraient dans le Sanctuaire. Link s’approcha du piédestal en tenant Iria par la main. Il attrapa l’épée et la retira du socle.

Le sol se mit à tourner. Le jeune homme ressentit les mêmes impressions et la même douleur. Ses efforts lui permirent de rester éveillé, mais pas d’éviter la chute. Quand le phénomène cessa, il se releva et aida son amie à reprendre conscience. Ils se trouvaient dans la clairière.

Il emmena Iria là où ils avaient laissé leurs chevaux, à la lisière de la forêt.

« Prends Epona, je serais plus rassuré de la savoir avec toi. »

Il posa ses lèvres sur le front de la jeune fille puis l’aida à s’installer sur la selle.

« Va, raconte toute l’histoire à la Princesse et ramène-la ici. Si tout se passe bien, je serais là à votre retour.
- Que devrais-je faire si elle ne me croit pas ?
- Ne crains rien ! Même si elle ne te croit pas, Zelda te suivra. Dis-lui que je l’attendrais ici. »

Préoccupés par leur prochaine séparation, aucun d’eux n’aperçut l’ombre d’un homme quittant le Sanctuaire et gagnant la forêt de Firone. Link regarda Iria s’éloigner sur Epona avant de regagner la clairière et de replanter à nouveau l’épée dans le socle.

Cette fois, malgré tous ses efforts, il ne put s’empêcher de s’évanouir en touchant le sol. A son réveil, le Héros du Temps était à ses côtés. Ce dernier avait utilisé toutes ses compétences pour le ramener à la réalité.

« Je suis désolé, j’ai fait ce que j’ai pu pour ne pas perdre connaissance mais ce n’était pas suffisant. J’y suis arrivé à l’aller, mais pas au retour. Je suis resté inconscient longtemps ?
- Quelques minutes à peine. Ne sois pas si dur avec toi ! Tu as fait deux voyages dans le temps à très peu d’intervalles. C’est déjà un exploit d’avoir réussi à rester éveillé pour l’aller, surtout si on tient compte de tout ce que tu as subi. Repose-toi un peu, nous partirons dès que tu seras prêt. »
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MessageSujet: Re: Le Temps d'un Crépuscule (13+)   Ven 13 Juil 2012 - 20:10

C'est sincèrement génial! T'as énormément d'imagination, je suis impatiente de découvrir la suite Very Happy
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MessageSujet: Re: Le Temps d'un Crépuscule (13+)   Sam 14 Juil 2012 - 0:34

Chapitre 13

Les deux héros se dirigèrent vers le château de Ganondorf avec résolution. Celui-ci remplaçait le palais d’Hyrule. Pour le Héros du Temps qui l’avait contemplé à de maintes reprises en tant de paix, le contraste était évident. Là où auparavant, se trouvaient des murs éclatants reflétant la lumière du soleil, on ne pouvait voir que les sombres fortifications qui rendaient les lieux sinistres.

Même la végétation luxuriante avait été remplacée par un désert rocailleux. Comme si la vie même était devenue impossible dans cet univers de désolation. Le bâtiment était entouré par un gouffre tellement profond que Link ne parvenait pas à en voir le sol. L’obscurité qui y régnait rendait l’endroit plus effrayant encore.

Grâce à l’intervention des sages qui provoquèrent l’apparition d’un pont, les jeunes hommes purent traverser l’immense précipice et atteindre la porte du château. Ils entrèrent. L’atmosphère qui régnait à l’intérieur n’était pas plus accueillante. Les aventuriers traversèrent de nombreuses pièces désertes et empruntèrent maints escaliers sombres.

« Ne devrions-nous pas rencontrer quelques gardes, s’étonna Link.
- Je m’attendais à en trouver un minimum. Je sais que Ganondorf a quitté la forteresse seul et que les Gerudos ne l’ont pas suivi, mais je pensais que durant son absence, les lieux étaient gardés. Je m’attendais donc à trouver une certaine résistance. C’est peut-être un piège. Soyons sur nos gardes ! »

Les deux héros continuèrent à avancer en redoublant de prudence et se trouvèrent bientôt en face d’une porte plus imposante que les autres. Elle était faite dans un bois lourd et solide. Ils ne purent l’ouvrir qu’au prix de leurs efforts communs.

Ils entrèrent dans une immense salle qui se situait au sommet de la tour centrale. Les nombreuses fenêtres de la pièce étaient faites d’une matière sombre qui empêchait la lumière du jour de pénétrer dans les lieux. Au fond se trouvait un trône imposant sur lequel Ganondorf était assis. À ses côtés se trouvait la princesse, inconsciente.

« Je t’attendais, Héros du Temps. Je savais que tu ne pourrais pas t’empêcher de venir sauver ta précieuse Zelda. Et tu as amené ton nouvel ami. C’est parfait, je vais pouvoir vous régler votre compte à tous les deux. »

Ganondorf se leva. Link ne quittait pas son ennemi des yeux alors que son compagnon observait la jeune femme avec angoisse. Étaient-ils arrivés trop tard ? L’impensable s’était-il produit ?

« Ne t’inquiète pas ! Elle n’est pas morte. Du moins, pas encore ! Je m’occuperai de son cas quand j’aurais réglé le vôtre, mes agneaux. Vous êtes venu pour m’affronter, il me semble ! Je serais ravi de vous écraser comme de vulgaires moustiques. »

Ganondorf s’avança vers eux en dégainant sa propre épée et envoya une boule de feu en direction des deux héros qui durent effectuer une roulade pour ne pas être brûlés. Ce geste les éloigna l’un de l’autre. Ganondorf en profita. Il leva le bras et des flammes surgirent du sol, coupant la pièce en deux et séparant les deux compagnons.

« Ne vous précipitez pas ! Ce sera chacun votre tour. Je vais commencer par toi, Héros du Crépuscule. Nous avons un compte à régler tous les deux. Tu as déjà subi pas mal de blessures ces temps-ci. J’espère qu’elles te font mal…
- Ne t’inquiète pas pour moi, je vais très … »

Link n’eut pas le temps d’achever sa phrase, car Ganondorf venait de lui envoyer une série de boules d’énergie électrique qui explosèrent autour de lui. La dernière fut envoyée droit dans sa direction, mais il réussit à la dévier grâce à son épée. N’ayant pas réussi à toucher le jeune homme, le chef des Gerudos prépara une nouvelle attaque.

S’attendant à une nouvelle vague de tirs, le Héros du Crépuscule leva son arme pour pouvoir parer les coups. La violence du premier envoi le surprit et il tenta de l’éviter en faisant un pas de côté. Seulement, le sol avait été abîmé par les récentes explosions électriques.

Le pied gauche du jeune homme traversa le bois rendu trop fragile et resta coincé. Il perdit l’équilibre et se retrouva par terre. Link ressentit une fulgurante douleur lorsque sa cheville se tordit. Son ennemi n’avait rien perdu de la scène et se mit à ricaner en s’approchant de lui.

« Quelle maladresse ! Finalement, ce sera plus facile que prévu de se débarrasser de toi ! »

Celui-ci se prépara à envoyer une nouvelle attaque électrique. Link quant à lui leva son épée en la tenant à deux mains pour essayer de renvoyer les boules d’électricité d’où elles venaient. Il parvint à les faire dévier, mais éprouva des difficultés à viser son adversaire. La position inconfortable dans laquelle sa chute l’avait mis et son incapacité à se relever ne l’aidaient pas.

De l’autre côté, le Héros du Temps assistait à la scène sans pouvoir intervenir. En cherchant autour de lui un moyen de gagner l’autre côté de la salle, il aperçut la princesse qui semblait émerger et courut vers elle.

« Que se passe-t-il, demanda-t-elle.
- Link semble en difficulté face à Ganondorf. Je ne peux pas traverser ce mur de flammes pour aller l’aider. Je crains pour sa vie.
- Dans ce cas, je vais te donner le pouvoir de vaincre notre ennemi. Voici la seule arme capable de le terrasser : les flèches de lumière. »

Zelda prit trois flèches dans le carquois du Héros du Temps et se concentra. Elle fit appel aux Sages et utilisa toute sa magie pour les transformer. Ensuite, la princesse remit en deux au jeune homme.

« Elles sont d’une puissance inégalée. Elles traverseront le mur de feu. Dépêche-toi, il ne tiendra plus très longtemps. »

En effet, Link était à terre et avait de plus en plus de mal à dévier les boules d’énergies lancées par Ganondorf avec son épée. Une importante tache sombre était apparue au niveau de son épaule. Sa blessure s’était encore ouverte. Tenir son épée devenait difficile, même avec son bras droit. Ses gestes y perdaient en efficacité et ses forces commençaient à s’épuiser.

Le Héros du Temps plaça une flèche sur son arc et visa Ganondorf. Il devait absolument attirer son attention pour l’éloigner du jeune homme. Ce dernier était sur le point de lâcher son arme. Lorsque la flèche toucha sa cible dans le milieu du dos, le mur de feu se désintégra. Le géant poussa un cri de douleur et se tourna vers celui qui avait osé l’attaquer, de la fureur dans les yeux.

Le tyrabn commença à s’avancer vers son adversaire encore debout, estimant que l’autre ne pouvait plus rien contre lui et qu’il pourrait en finir avec lui un peu plus tard. Link, de son côté, en profita pour essayer de dégager sa jambe.

Dès qu’elle le put, la princesse se précipita vers le Héros du Crépuscule pour lui remettre la troisième flèche. Il la prit, prépara son arc et envoya la flèche juste à côté de la première. Ce geste, le jeune homme l’avait effectué avec son bras gauche ce qui lui causa une douleur insupportable. Ce second coup arracha à Ganondorf un cri plus terrible que le premier.

S’apercevant que son opposant était encore capable de se battre, il fit volte-face, bien décidé à lui faire regretter son geste avant de s’attaquer à son compagnon. Ce dernier s’était aperçu que Link avait utilisé ses dernières forces pour envoyer la flèche et que son ami n’était plus en état de se défendre.

Il devait agir rapidement. Sans perdre de temps, le jeune homme prit la troisième et dernière flèche et l’envoya avec précision entre les deux autres. Le cri qui retentit fit exploser toutes les vitres de la salle. La lumière du jour put enfin pénétrer dans ce monde de ténèbres, remplaçant l’obscurité par une clarté revigorante. Les deux héros et la princesse virent leur ennemi se figer et s’effondrer sur le sol dans un bruit assourdissant.
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MessageSujet: Re: Le Temps d'un Crépuscule (13+)   Dim 22 Juil 2012 - 11:33

Chapitre 14

Le Héros du Temps se précipita vers Link, dont la cheville était toujours coincée. Avec l’aide de la princesse, il parvint à libérer le jeune homme et l’aida à se remettre debout.

« Merci, tu m’as sauvé la vie.
- Tu aurais fait pareil si les rôles avaient été inversés. »

À ce moment précis, les vainqueurs entendirent un rire dans leur dos. Ils se retournèrent vers l’endroit où était couché leur ennemi. À la place de Ganondorf se trouvait un spectre. Celui-ci avait la forme d’un homme de forte corpulence, mais sa peau était transparente. De longs cheveux noirs entouraient son visage. Il flottait au-dessus du sol et les regardait avec ses yeux sombres pleins de haine, un sourire mauvais sur les lèvres.

« Vous pensiez avoir vaincu le Seigneur des Ténèbres ? Eh bien, vous avez tort. Mon maître est parti et a rejoint ton monde. Il veut retrouver ton amie et lui régler son compte. »

La réaction de Link ne se fit pas attendre, il se précipita vers celui qui venait de parler, ignorant la douleur de son pied. Celle-ci le faisait dangereusement boiter. Le jeune homme tenta de l’attraper par le cou, afin de le faire parler.

Il voulait surtout lui faire ravaler ce sourire qui le rendait fou de rage, mais sa main ne réussit qu’à passer à travers son corps sans substance. Le Héros du Crépuscule, déséquilibré, s’écroula de l’autre côté. Dans sa chute, son épaule percuta le sol avec violence et sa cheville se tordit de plus belle.

Il était incapable de se relever. La princesse se précipita pour lui venir en aide pendant que le Héros du Temps s’adressait au spectre.

« Que veux-tu dire ?
- Depuis le début, mon maître avait dans l’idée d’aller faire un tour dans le monde de ce gamin, une fois qu’il serait en possession de la Triforce. Son but ultime était de contrôler le monde entier et bien plus encore. »

Il désigna Link avant de poursuivre.

« Ganondorf voulait utiliser ce pantin pour mettre un terme à ta quête, Héros du Temps, mais pas seulement. »

En entendant ces paroles offensantes, Link voulut se relever, mais il ne le put. La princesse tenta de l’apaiser. Elle était consciente qu’entendre ça était difficile pour lui, mais ils devaient savoir où était leur ennemi et quelles étaient ses intentions. Le spectre continua son discours, ne quittant pas le Héros du Temps des yeux.

« Son objectif était de régner sur le passé et sur le futur en même temps. C’est pourquoi, une fois réglé le problème ici, il voulait forcer le passage vers l’autre monde pour recommencer une invasion. »

Il s’arrêta un instant guettant leurs réactions. Link écoutait, écœuré.

« Quand il a reconnu la princesse sous les traits de Sheik, mon maître a baissé sa garde et vous a laissé aux bons soins des Gerudos. Cette confiance aveugle dans les capacités de ses guerrières a été sa plus grosse erreur.
- Ce n’était pas la seule.
- Tu as raison. Ganondorf a également sous-estimé votre capacité de résistance. Voyant que vous étiez en train de prendre le dessus sur son armée, il a emmené Zelda dans son château. Ses chances de vaincre dans un combat contre les deux héros réunis étaient minces. Mais…
- Continue.
- Il connaissait le point faible de l’un d’entre eux. »

Le spectre se tourna vers Link et lui adressa cette question avec un sourire méprisant :

« Dis-moi, le chevalier au grand cœur, n’aurais-tu pas insisté pour ramener ta petite amie avant de venir ici ? »

Link blêmit. Une fois de plus, il avait agi exactement de la façon dont l’avait prévu son ennemi et se reprocha d’avoir été aussi stupide.

« Je vois que tu as l’esprit vif et que tu comprends. Ganondorf t’aura manipulé jusqu’au bout.
- Ne t’arrête pas, intervint le Héros du Temps.
- Se rendant compte que la Triforce était sur le point de lui échapper, mon maître a décidé de quitter cette époque avec un peu d’avance. Avant de partir, il m’a convoqué et m’a donné son apparence pour que je vous accueille.
- Dans quel but ?
- Il savait que vous parviendriez à me battre. Je devais juste me contenter de vous amocher un peu plus. J’y suis arrivé avec au moins l’un d’entre vous. »

Il tourna la tête dans la direction du jeune homme blessé et se mit à rire bruyamment, très content de lui. Link avait du mal à supporter ce ricanement qui tambourinait dans sa tête. Le spectre reprit alors son sérieux pour ajouter :

« À cette heure, le Seigneur des Ténèbres est dans ton monde. Il ne tardera pas à remettre la main sur ta chérie. Et tu sais ce qui lui arrivera ! Si tu veux la revoir en vie, tu as intérêt à rentrer très vite chez toi. Elle est seule. Tu n’es plus là pour la protéger. »

Voyant sur le visage du jeune homme que ses paroles avaient atteint leur but, il disparut dans un nuage de fumée. Link n’en menait pas large. L’image d’Iria quittant la clairière sur le dos d’Epona lui revint en mémoire. Elle devait traverser la forêt de Firone et la plaine d’Hyrule avant d’atteindre la citadelle où tout danger serait écarté.

La princesse tentait de retirer la botte du jeune homme pour examiner sa blessure, mais celui-ci ne voulait pas se laisser faire. Il désirait repartir directement dans son monde, tant son inquiétude pour son amie était grande.

Le jeune homme repoussa les mains secourables et tenta de se lever. Il y parvint aux prix de nombreux efforts douloureux, mais ne put faire deux pas avant de s’effondrer à nouveau.

Le Héros du Temps s’approcha pour l’empêcher de se remettre debout. Il lui parla doucement pour l’apaiser.

« Calme-toi ! Iria ne risque rien. Ne le laisse pas te manipuler, tu es plus fort que lui. Ganondorf ne connaît pas ton monde comme ton amie. Elle sera en mesure de s’échapper. Pour l’instant, tu as besoin de soins. Tu n’iras pas bien loin comme ça. Laisse la princesse s’occuper de ta cheville. Pendant ce temps, je vais rassembler quelques affaires. Nous t’accompagnons ! »

Le Héros du Temps savait que Zelda refuserait de les laisser partir sans elle. Link, quant à lui, dut se rendre à l’évidence. Il ne pouvait pas partir à la poursuite de Ganondorf avec sa cheville et son épaule dans cet état. Le jeune homme les remercia tous deux et se laissa faire.

Zelda commença par retirer sa botte pour examiner sa cheville. Elle appliqua ses mains sur celle-ci et se concentra. Une énergie sembla quitter son corps pour pénétrer dans le pied. Épuisé par le combat et la douleur, Link ferma les yeux et sombra dans l’inconscience.

À son réveil, le jeune homme était seul et son pied était recouvert d’un bandage serré. Il ne sentait presque plus la douleur. La princesse avait profité de son évanouissement pour s’occuper également de son épaule dont la plaie s’était refermée. Un immense soulagement et une grande reconnaissance l’envahirent aussitôt.

Link se leva et essaya de marcher. Boitant légèrement, il s’approcha de son arme et la sortit de son fourreau. Son but était de s’assurer que son bras pouvait de nouveau supporter le poids de la lame et la manier sans douleur.

Zelda entra dans la pièce. Elle avait profité du sommeil du blessé pour se changer et avait repris son apparence masculine. Sheik était de retour.

« Alors, comment te sens-tu ?
- Bien mieux, merci. Ma blessure à l’épaule est complètement guérie. Comment as-tu fait ?
- Je suis de sang royal et possède un don de guérison. J’aurais pu t’éviter des souffrances en te soignant plus tôt, mais je ne pouvais me permettre de prendre le risque d’être découverte. Utiliser mes pouvoirs était un acte trop dangereux. J’en suis désolée.
- Je comprends.
- Ton épaule ne te causera plus de soucis. Par contre, ta cheville reste encore fragile.
- Je ferais attention. Grâce à toi, je vais pouvoir rattraper Ganondorf et lui faire payer tout ce qu’il m’a fait. »

Le Héros du Temps arriva à son tour.

« NOUS lui ferons payer. »

Link regarda son ami et acquiesça. Il ne lui serait même pas venu à l’idée de le dissuader de l’accompagner, comprenant parfaitement son désir de participer. Le jeune homme était également conscient qu’ils ne seraient pas trop de deux pour empêcher Ganondorf de semer le désordre dans le royaume.

« Tu vas pouvoir marcher, lui demanda le Héros du Temps, observant son pied bandé.
- Je pense que ça ira.
- Dans ce cas, n’attendons pas plus longtemps. Il est temps de se mettre en route. »

Ils rassemblèrent leurs affaires et partirent en direction du Temple du Temps. Le château était toujours aussi désert et silencieux. Ganondorf n’avait toujours pas été vaincu et son pourvoir continuait de maintenir sa construction en place. Le trio regagna la citadelle tout doucement, car Link ne devait pas trop forcer sur son pied. En effet, le jeune boitait toujours.

Sheik lui proposa de lui trouver un cheval, mais le jeune homme refusa prétextant que sa cheville devait juste se dérouiller un peu. La douleur avait quelque peu augmenté, mais il le cacha de peur que ses amis l’obligent à différer encore leur départ. Ils traversèrent la cité vide de tous ses habitants, pour se rendre dans le Sanctuaire. L’Épée de Link y était toujours plantée.
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MessageSujet: Re: Le Temps d'un Crépuscule (13+)   Dim 22 Juil 2012 - 17:23

Chapitre un peu "de transition" j'ai l'impression. J'attends surtout la suite avec impatience, j'ai vraiment hâte de savoir comment Ganondorf compte s'y prendre, et la façon dont les deux Link vont devoir l'arrêter.

Par contre, combien de parties comptes-tu faire ? ^^
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MessageSujet: Re: Le Temps d'un Crépuscule (13+)   Dim 22 Juil 2012 - 18:02

Merci pour ton commentaire. ::Link_Violet::

Il s'agit effectivement d'un chapitre de transition.

Il y aura, sauf modification en cours de route, trois parties à cette histoire. ^_^

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MessageSujet: Re: Le Temps d'un Crépuscule (13+)   Lun 6 Aoû 2012 - 19:29

Chapitre 15

Quand ils arrivèrent au Sanctuaire, le lieu était toujours aussi silencieux. Le Héros du Temps partit examiner la salle à la recherche du moindre indice permettant de s’assurer que Ganondorf avait bien fait le voyage vers le futur. Il revint avec un objet brillant. En le voyant, Link pâlit en reconnaissant la décoration en or fin reçue des mains de la princesse en remerciements des efforts fournis pour ramener la paix en Hyrule. Que faisait-elle là ?

« Où l’as-tu trouvée, lui demanda-t-il.
- Près du mur du fond. Il y a un petit renfoncement où une personne aurait très bien pu se cacher. Sais-tu ce que c’est ?
- Oui, c’est une Médaille du Courage. Je l’ai reçue en cadeau après avoir vaincu Ganondorf. Je n’avais même pas remarqué sa disparition.
- Es-tu sûr que c’est la tienne ? »

Le jeune homme la lui prit des mains et lui montra la fine inscription située au dos : Link.

« Oui ! C’est une décoration personnalisée ! Elle était accrochée sur ma tunique. Lorsque je me suis réveillé dans la forteresse Gerudo, la première fois, je n’avais que ma chemise. Ma tunique et ma cotte de mailles m’avaient été retirées en même temps que mes armes. Lorsque j’ai récupéré mes vêtements, je n’ai pas remarqué son absence.
- C’est compréhensible. Tu avais autre chose en tête.
- Si tu l’as trouvée là-bas, elle n’est pas tombée de ma tunique. Car j’ai perdu conscience de l’autre côté, près du piédestal et de l’Épée.
- Ce qui veut dire ? »

Le jeune homme se tut un instant avant de poursuivre :

« … que quelqu’un l’a prise sur mon vêtement et est venu ici avec. Et il n’y a qu’une seule personne qui ait pu faire ça …
- Ça ne m’étonnerait pas qu’il l’ait laissée exprès pour te faire comprendre où il est allé. Il veut que tu le retrouves. Je pense qu’il n’en a pas encore fini avec toi !
- Ça tombe bien ! Moi, non plus, je n’en ai pas fini avec lui !
- On a maintenant la preuve qu’il est bel et bien parti dans ton monde. Que fait-on ?
- La princesse doit être prévenue du retour de notre ennemi commun. Il va falloir organiser la défense d’Hyrule sans perdre de temps. Le royaume se remet à peine de sa dernière tentative d’invasion et il est capable de tout. Je dois également assurer la protection d’Iria. Ce tyran n’aura de cesse de la poursuivre.
- Dans ce cas, ne perdons pas plus de temps ! Allons-y ! »

Link regarda le Héros du Temps et lui sourit. Il était heureux d’avoir trouvé un tel allié.

« Merci, ton aide sera précieuse. »

Ils entrèrent dans le Sanctuaire et s’approchèrent de l’Épée. Link tendit les deux mains vers la poignée. De nouveau, les mêmes impressions et la même douleur se firent sentir, quand ses doigts se posèrent sur la garde. Il dut utiliser toutes ses ressources pour ne pas sombrer dans l’inconscience.

Quand le sol se stabilisa, Link était toujours debout. Ses deux compagnons étaient par terre, évanouis. Il les laissa et se précipita hors de la clairière, mais l’endroit était désert. Les traces de sabots sur la terre étaient encore fraîches. Seulement quelques minutes devaient s’être écoulées depuis le départ de son amie.

Le jeune homme remarqua tout de suite que le second cheval avait disparu. Celui-ci ne pouvait s’être enfui, car ils avaient pris soin de l’attacher. Il comprit immédiatement ce qui s’était passé. Ganondorf était parti avec. Son inquiétude augmenta. Link espérait qu’Iria avait pu atteindre le château d’Hyrule avant d’être rattrapée par lui. Une fois qu’elle serait dans les murs de la citadelle, leur ennemi n’oserait rien tenter.

Il se félicita de lui avoir fait prendre Epona, car sa jument était capable de protéger son amie en cas de danger. Elle était rapide et n’avait jamais perdu son cavalier. De plus, comme son allié l’avait suggéré, Iria connaissait bien mieux la région que Ganondorf et celui-ci chercherait probablement à se dissimuler.

Il retourna dans la clairière pour aider ses compagnons à refaire surface. Le Héros du Temps fut le premier à se réveiller. Sheik demeura inconscient quelques minutes de plus.

Traverser la forêt de Firone et la plaine d’Hyrule à pied pour atteindre la citadelle n’était pas la meilleure solution et Link ignorait le chemin que prendraient la princesse et Iria pour les rejoindre. Le choix le plus judicieux était de les attendre. Ils décidèrent de fouiller les lieux à la recherche de Ganondorf, même si celui-ci ne devait pas être resté plus de deux minutes les parages, sachant leur retour imminent.

Link s’inquiétait, son ennemi ne mettrait pas longtemps à recruter des partisans. Nombreux étaient ceux qui avaient profité du crépuscule pour s’enrichir et qui avaient tout perdu lorsqu’il avait réussi à ramener la paix sur le pays. Ils n’avaient pas tous été arrêtés. Certains jouissaient encore de tous leurs droits. Ceux-là ne tarderaient pas à apprendre le retour de leur seigneur et n’hésiteraient pas à se rallier à lui. Le temps leur était compté.

L’après-midi touchait à sa fin quand Iria revint enfin avec Zelda, suivie de la Garde Rapprochée. Un sourire illumina le visage de la jeune fille au moment où celle-ci aperçut son ami, mais son bonheur fut de courte durée. En effet, le Héros du Crépuscule semblait plus fatigué et plus abîmé encore que lorsqu’elle l’avait quitté. Et en plus, il boitait.

La princesse remarqua également ses blessures et son état de fatigue. Il avait visiblement été mêlé à des combats si l’on en croyait les nombreuses marques apparentes, mais c’était surtout sa pâleur qui l’inquiétait. Quelque chose de réellement grave devait s’être passé. Et Zelda pensa que leur éventuel retard à la Grande Fête de ce soir ne serait rien à côté de ce qu’elle risquait d’apprendre maintenant.

Les deux jeunes femmes descendirent de cheval et rejoignirent Link.

« Que se passe-t-il ? Iria m’a raconté que tu étais dans le passé et que tu avais aidé le Héros du Temps. »

Juste à ce moment, elle l’aperçut en compagnie de Sheik et reconnut immédiatement la princesse cachée sous les traits masculins. Zelda s’approcha d’eux et s’inclina. Ce qui leur causa une vive émotion.

« Je suis heureuse d’avoir l’honneur de vous rencontrer. Soyez les bienvenus dans notre époque ! Même si j’ignore les raisons de votre présence.
- Nous sommes venus vous apporter notre aide afin d’éradiquer le mal venu de notre temps, lui répondit le Héros.
- Soyez-en remerciés ! Ne soyez pas étonnée du fait que je vous ai reconnue, princesse, dit-elle en s’adressant à Sheik. Mais soyez rassurée, je respecterais votre anonymat. »

Elle se tourna alors vers Link.

« Maintenant que les présentations sont faites, dis-moi ce qui se passe. Ta pâleur, tes blessures et la présence ici de deux personnages de légende n’annoncent rien de bon. »

Link se tut un moment, cherchant ses mots pour annoncer la terrible nouvelle. Puis, il prit une profonde respiration et déclara :

« Ganondorf est de retour ! »

TO BE CONTINUED …
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MessageSujet: Re: Le Temps d'un Crépuscule (13+)   Ven 10 Aoû 2012 - 1:52

DEUXIEME PARTIE : TWILIGHT PRINCESS

Chapitre 1

« Ganondorf est de retour», répéta-t-il.

La princesse regarda Link, n’en croyant pas ses oreilles. Que venait-il de lui dire ? Comment était-ce possible, le tyran n’était plus. Zelda sembla vaciller sur ses jambes. Elle savait qu’il allait lui annoncer une mauvaise nouvelle, mais la réalité dépassait toutes ses prévisions.

Le jeune homme l’aida à s’asseoir sur une souche d’arbre située un peu à l’écart et s’installa à ses côtés. Iria avait rejoint les deux compagnons de Link, qui se tenaient à l’entrée de la clairière, le temps pour lui de mettre la princesse au courant.

« Raconte-moi toute l’histoire depuis le début, lui demanda-t-elle. Je veux tout savoir. Chaque détail peut avoir son importance. »

Link fit ce qu’on lui demandait et relata son aventure à partir du moment où il avait tenté de remettre l’Épée de Légende à sa place. A la fin, la princesse réfléchit quelques instants.

« Il va falloir prendre des mesures pour empêcher Ganondorf d’agir. Nous devons rentrer immédiatement et réunir tous les ministres pour un Conseil de Guerre Extraordinaire.
- Le cheval d’Iria a été volé par notre ennemi. Elle et moi pouvons monter sur Epona, mais il faut une monture pour nos deux compagnons. »

Zelda donna des ordres pour qu’un cheval soit prêté à Sheik et au Héros du Temps. Le jeune homme prit son amie avec lui. Les soldats remontèrent en selle après avoir aidé la princesse à faire de même. Et le voyage de retour commença.

Link et Zelda chevauchaient côte à côte, cette dernière le questionnant sur son aventure dans le passé. Elle cherchait à en comprendre chaque détail afin de mieux appréhender la situation. Le jeune homme sentait Iria qui s’accrochait à lui, montrant sa peur de le voir disparaître à nouveau. Il posa sa main sur la sienne pour la réconforter, espérant pouvoir la protéger de leur ennemi.

Link savait que le temps leur était compté. Ganondorf avait des informations très importantes sur leur monde et, d’après ce qu’il avait compris, celui-ci avait prévu depuis longtemps son voyage dans le futur. Le tyran devait donc savoir quoi faire et qui aller trouver.

Ils arrivèrent dans la citadelle par la porte est. La princesse fit une proposition à Link.

« Installez-vous en ville tous les quatre. Je vais me rendre au château et convoquer les chefs des principaux corps de l’armée pour une réunion en début de soirée. J’aurais besoin de toi pour leur exposer la situation. Prends le temps de te reposer et rejoins-moi au château. Je donnerais des ordres pour que tu sois introduit dès ton arrivée. »

Link acquiesça et la regarda s’éloigner, toujours suivie de la Garde Rapprochée. Le cheval utilisé par Sheik et le Héros du Temps avait été rendu à son propriétaire. Le jeune homme descendit d’Epona avant d’aider Iria à faire de même. Ils entrèrent dans la ville en marchant et laissèrent la jument dans une écurie toute proche.

Les compagnons avancèrent lentement, car la cheville du jeune homme le faisait boiter légèrement. Ils se rendirent dans le sud de la citadelle en passant par la Grande Place puis empruntèrent une petite ruelle sombre au bout de laquelle se trouvait une taverne. Le groupe y entra.

Link connaissait les lieux et la propriétaire. C’était là que se réunissaient les membres de la Résistance contre Ganondorf et le Héros du Crépuscule y était souvent venu pour trouver une aide bienvenue. C’est pourquoi il avait tout naturellement proposé à ses amis de s’y arrêter. Iria avait approuvé l’idée, car elle-même avait eu l’occasion d’y venir et était devenue amie avec la patronne, Thelma.

Ils entrèrent dans une grande pièce où des tables étaient éparpillées. Sur la gauche s’élevait un grand bar derrière lequel se tenait une femme forte aux cheveux roux. Elle portait une longue jupe noire avec un chemisier blanc qui laissait voir son opulente poitrine. En ce début de soirée, contrairement à l’habitude du lieu, il n’y avait que très peu de clients dans la taverne. Peut-être était-ce dû à la fête qui devait avoir lieu le soir même. Ceux-ci ne firent pas attention aux nouveaux venus.

Les voyant entrer, la tenancière leur fit bon accueil. Elle prit Iria dans ses bras et fit de même avec Link.

« Que faites-vous là, tous les deux ? Ne devriez-vous pas être en train de vous préparer pour la fête de ce soir ?
- Je crains qu’elle ne soit annulée, répondit Link. Pourrais-tu nous loger quelques jours ? Nous sommes quatre.
- Tu sais bien que tu seras toujours le bienvenu ici, ainsi que tes amis. Pourquoi parles-tu d’annuler la réception ? Cela a-t-il un rapport avec ces marques de coups que tu caches ? Sans parler de ton pied…
- Je ne peux pas t’expliquer maintenant, dit-il en passant nerveusement la main dans ses cheveux. Pour l’instant, je dois me rendre au château. La princesse Zelda a besoin de moi. Je voudrais juste poser mes affaires avant d’aller la voir.
- D’accord ! Suivez-moi, je vais vous montrer vos chambres.
- Si tu pouvais nous installer à l’écart des autres clients, ce serait encore mieux.
- Pas de problème. »

Elle sortit une clé de son tablier et les conduisit vers une porte juste à côté du bar. Celle-ci donnait sur une salle de réunion, meublée sommairement. Une table trônait en son milieu avec quelques chaises autour. Les murs d’une nuance crémeuse en faisaient une pièce claire et agréable. Au fond, il y avait une autre entrée qu’elle ouvrit.

« Personne ne vient jamais ici ! Vous serez tranquille. Il y a quatre chambres. Installez-vous comme vous voulez. Je vous laisse ! J’ai des clients. Vous pourrez utiliser cette pièce également. Elle n’a plus servi depuis la dissolution de la Résistance après ta victoire. Appelez-moi si vous avez besoin de quoi que ce soit.
- Merci Thelma, lui répondit Link. »

Le Héros du Temps s’avança vers le jeune homme.

« Tu devrais peut-être rester un peu ici avant d’aller au château. La princesse t’a recommandé de te reposer avant de la rejoindre.
- Je ne suis pas fatigué et le temps joue contre nous.
- Prends au moins un repas. Pourriez-vous nous préparer quelque chose, demanda-t-il, en se tournant vers la tenancière.
- Vous serez servi rapidement. Je reviens. »

Elle sortit.

« Je ne suis pas sûr que ce soit une bonne idée !
- Une réunion ne s’organise pas en dix minutes. La princesse mettra plusieurs heures avant de réunir tout le monde. Prends au moins le temps de te restaurer.
- D’accord, mais je pars pour le château juste après.
- Entendu ! En attendant que ce soit servi, va déposer tes affaires. »

Link acquiesça et se dirigea vers la porte menant aux chambres. Celle qu’il avait choisie était éclairée par une petite fenêtre qui donnait sur une cour derrière la taverne. Le mobilier comprenait un lit, un petit bureau et une chaise. Le jeune homme déposa l’Épée de Légende et ses autres armes sur celui-ci, ne conservant que la lame qu’il avait reçue en cadeau et son bouclier. Après tout, participer à une réunion au château ne présentait pas de risque.

Le Héros du Crépuscule sortit de la pièce et regagna la salle de réunion qui lui rappela les moments où il était venu chercher de l’aide auprès des membres de la Résistance. Link y entra au moment où Thelma allait repartir après leur avoir déposé un repas. Elle s’approcha de lui.

« Au fait, le jeune homme habillé en vert, c’est ton frère ? C’est fou, ce qu’il te ressemble.
- Non… hésita-t-il un instant, c’est juste un ami, un très bon ami. »

Thelma l’observa, se doutant que Link ne lui disait pas tout. Cette situation, la tenancière l’avait déjà vécue lors de son long combat pour ramener la paix. Pourtant, la tenancière ressentit comme une inquiétude. Le jeune homme semblait troublé. Cela ne présageait rien de bon.

Les quatre jeunes gens s’installèrent à table pour profiter du repas que Thelma leur avait préparé. Quand ils eurent terminé, Iria se retira dans sa chambre. Les derniers événements l’avaient épuisée. Link, quant à lui, se prépara pour se rendre au château.

« Tu veux qu’on t’accompagne, demanda le Héros du Temps.
- Non, il est préférable que j’y aille seul cette fois. Lorsque l’on aura expliqué la situation à tous les chefs de section, je pourrais vous faire venir. Restez ici, je rentre dès que je le peux.
- Nous t’attendrons ici, lui répondit Sheik. Reste prudent, nous ne savons pas où se cache notre ennemi.
- Il n’osera pas pénétrer dans la citadelle et encore moins au château. Ne t’inquiète pas ! »

Le jeune homme était prêt à s’en aller lorsqu’il se tourna vers le Héros du Temps.

« Je suis toujours inquiet concernant Iria. Peux-tu t’occuper de sa sécurité durant mon absence ?
- Compte sur moi ! Même si tu ne pars que quelques heures ! »

Link le remercia et sortit. Une fois qu’il fut hors de la pièce, Sheik s’adressa à son compagnon :

« Reste ici et veille sur Iria. Moi, je vais le suivre discrètement, je ne sais pas pourquoi, mais j’ai un mauvais pressentiment. »

Sheik s’éclipsa à son tour, laissant le Héros du Temps seul. Celui-ci alla jeter un œil dans la chambre de la jeune fille qui dormait puis décida d’attendre le retour de ses deux compagnons. Il se demandait pourquoi Link lui avait confié son amie avant de partir juste après avoir affirmé que Ganondorf ne pouvait être entré dans la ville.

Le jeune homme marchait dans les rues en réfléchissant aux différentes mesures à prendre pour protéger le royaume. Il s’était peut-être passé trois ou quatre heures depuis qu’ils étaient revenus de la clairière. Link traversa le centre de la citadelle et prit la rue nord qui menait au palais.

Préoccupé par le récent retour de Ganondorf, le Héros du Crépuscule ne vit pas les regards apeurés que lui lançait la foule. Mais ceux-ci n’échappèrent pas à Sheik qui le suivait à distance raisonnable. L’attitude des Hyliens ne fit qu’accroître ce sentiment de malaise qu’il éprouvait depuis son arrivée en ville.

Arrivé près du grand portail qui menait dans les jardins du château, le jeune homme s’étonna de ne pas voir les habitants se rendre à la fête. Avait-elle été annulée comme il le pensait ? Link s’arrêta devant le garde afin de demander à être introduit auprès de Zelda. Celui-ci était en pleine conversation avec son collègue et ne l’avait pas vu arriver.

« Pourriez-vous prévenir la princesse que je suis arrivé et que je désire la voir, leur dit-il. »

Les gardes se tournèrent alors vers lui et leurs yeux s’agrandirent de peur. Tous deux sortirent leur arme qu’ils pointèrent sur Link en appelant du renfort. Stupéfait, le jeune homme ne bougea pas et se retrouva rapidement encerclé par une vingtaine de soldats. Surpris par cet accueil, il demanda :

« Y a-t-il un problème ? Je pense que vous ne me reconnaissez pas. Veuillez avertir Son Altesse que le Héros du Crépuscule souhaite la voir. »

Link n’aimait pas utiliser ce titre, mais il semblait nécessaire de leur rappeler son rang.

« Nous savons qui tu es et ce que tu as fait.
- Dans ce cas, laissez-moi passer ! Je suis attendu ! »

Sheik avait assisté à la scène de loin et n’aimait pas ce qu’il voyait. Apparemment, son pressentiment était totalement justifié. Par la porte restée ouverte arriva un officier supérieur. Celui-ci avait les cheveux brun foncé et une barbe épaisse lui recouvrait le bas du visage. Son regard sombre montrait un caractère dur. Son uniforme d’un bleu foncé confirmait sa place importante dans la hiérarchie.

« Je suis le Commandant Vernarte, chef des unités de surveillance du château.
- Je dois voir la Princesse Zelda. Elle a dû laisser des instructions pour que je sois introduit dès mon arrivée.
- Nous avons effectivement reçu des ordres te concernant, mais il ne s’agit pas de te mener auprès de Son Altesse. Tu vas devoir nous suivre. Remets-moi ton épée et ton bouclier ! »

Link commençait à perdre patience.

« Vous ne comprenez pas. Je vous répète que je suis attendu. Vous me faites perdre un temps précieux.
- C’est toi qui ne comprends pas. Suis-nous sans faire d’histoire et il ne te sera fait aucun mal !
- Aucun mal ? Quand la princesse sera avertie de votre comportement, vous risquez de regretter de m’avoir traité de la sorte ! »

Le jeune homme avait du mal à comprendre ce qui était en train de se passer. À ce moment, il entendit une voix familière :

« Celui qui commet des crimes ne doit pas s’attendre à être bien accueilli ! »
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MessageSujet: Re: Le Temps d'un Crépuscule (13+)   Ven 31 Aoû 2012 - 19:14

Chapitre 2

Link se tourna vers celui qui venait de parler. Il le reconnut sans aucune hésitation malgré les quelques changements que celui-ci avait apportés à son apparence. Ganondorf avait réussi à entrer dans le château et apparemment personne ne cherchait à l’en faire sortir. Que faisait la princesse ? Pourquoi acceptait-elle une chose pareille ?

Aussitôt, le jeune homme attrapa son arme, prêt à en découdre avec son ennemi, oubliant momentanément toutes les lames pointées sur lui. Celles-ci s’étaient dressées, menaçantes, lorsqu’il avait esquissé son mouvement. Sa main resta en suspens sur la garde de son épée.

« Tu comptes faire quoi là, lui demanda le commandant. Tu penses pouvoir résister face à toute une troupe ? Je sais que tu es très habile, mais tout de même. »

Le jeune homme lâcha son arme comprenant que les soldats ne lui laisseraient pas le temps de dégainer avant de le transpercer de toutes parts. Link plaça ses mains bien en évidence devant lui pour signifier aux gardes qu’il ne comptait pas résister.

« Voilà qui est mieux, dit le commandant en s’approchant. Donne-moi ça, tu n’en auras plus besoin là où tu vas ! »

Il attrapa l’épée par la garde et la retira de son fourreau.

« Une arme de cette qualité, ça se mérite. Un individu de ton espèce ne peut posséder un tel objet. Retire le bouclier et le fourreau et pose-les sur le sol. »

Désarmé et menacé de toutes parts, Link n’eut guère le choix et obtempéra.

« Maintenant, tu vas nous suivre gentiment.
- Où m’emmenez-vous ?
- Là où est ta place, en cellule !
- Et pour quel motif ?
- Comme si tu ne le savais pas. Pour y répondre de tes crimes.
- Lesquels ? J’ai des droits ! Vous êtes dans l’obligation de me tenir informé sur les accusations tenues contre moi.
- Tes droits ? Tu les as perdus par tes actions. Avance !
- Non, je ne bougerai pas d’ici tant que vous ne m’aurez pas dit ce que vous me reprochez. Il s’agit d’une arrestation arbitraire. Vous allez le regretter quand la princesse Zelda va l’apprendre. »

Le commandant se contenta de rire. Puis il s’approcha du jeune homme et lui administra une gifle retentissante.

« Tu feras ce qu’on te dira ! »

Link lança un regard furieux à Vernarte. Comment osait-il lever la main sur lui ? La présence des gardes armés l’empêcha de rendre le coup reçu, mais le jeune homme se promit de venger cet affront. Le commandant s’adressa ensuite à l’un des soldats.

« Attache-lui les mains et fouille-le ! »

Le garde fit ce que son supérieur lui avait demandé. Le commandant aperçut alors la médaille que Link avait de nouveau accrochée sur sa tunique. Il l’arracha avec violence, déchirant le vêtement et l’observa.

« La fameuse « Médaille du Courage ». Tu ne la méritais pas !
- Rendez-la-moi. Elle m’appartient ! C’est un cadeau, tout comme l’épée.
- En tant que responsable de la sécurité, je suis chargé de ta vie. Je ne voudrais pas que tu te blesses avec, dit-il avec une pointe d’ironie. »

Link était furieux. Pour qui se prenait cet officier ? Ce dernier fit signe aux soldats de l’emmener vers les sous-sols du château et les suivit. Le Héros du Crépuscule jeta un dernier coup d’œil en direction de son ennemi qui le regardait, un sourire cruel sur le visage. Le commandant remarqua que le prisonnier boitait légèrement, ce qui le fit sourire.

Après avoir descendu une volée de marches, le petit groupe traversa la totalité des passages souterrains. Le jeune homme mit quelques minutes à s’habituer à l’obscurité présente dans ces galeries sombres et étroites. Ils passèrent devant plusieurs gardes éparpillées dans les couloirs et de nombreuses cellules vides.

Link s’interrogea. Où se trouvaient les complices de Ganondorf sensés être enfermés dans cette prison ? Avaient-ils été transférés ailleurs ? Il n’eut pas le temps de pousser plus loin sa réflexion, ils étaient presque arrivés au bout de l’allée.

Soudain, les soldats prirent une impasse sur la droite que le captif n’avait pas vue dans le noir. Ils s’arrêtèrent devant une lourde porte en fer que le commandant déverrouilla. Il fallut deux geôliers pour en actionner l’ouverture. Le chef de section entra en trainant le prisonnier à l’intérieur.

« Tu as de la chance ! Tu bénéficies de la cellule de haute sécurité.
- C’est trop d’honneur que vous me faites, ironisa-t-il.
- N’espère pas t’échapper, c’est impossible. »

La pièce était sombre. Dans un renfoncement se trouvait une cellule fermée par une grande grille restée ouverte. Le commandant détacha le jeune homme et le poussa à l’intérieur. Ensuite, il referma la porte à double tour et en conserva la clé.

« Sois le bienvenue chez toi ! J’espère que la décoration te plait. Tu risques de passer un certain temps ici.
- Cela m’étonnerait beaucoup. J’exige de voir la princesse.
- Tu n’es pas en mesure de réclamer quoi que ce soit.
- Cette erreur va vous coûter cher ! »

Vernarte éclata de rire et quitta la pièce. Link entendit le bruit de la serrure que l’on verrouillait. Il était furieux, mais comprenait que sa colère ne l’aiderait pas à se sortir de cette situation. Le jeune homme ferma les yeux dans le but de retrouver son calme. L’attitude du commandant était étrange et la présence de Ganondorf lui suggérait que son arrestation n’était peut-être pas une erreur, mais un piège tendu par celui-ci.

Les doutes chassèrent le courroux. Link s’approcha de la grille et en examina tous les barreaux. Ceux-ci semblaient solides. Ses chances de s’échapper étaient minces. Il observa son nouvel environnement. La seule lumière de la pièce provenait d’une minuscule ouverture située face à la cellule. Celle-ci était meublée d’une banquette en bois, d’une table et d’une chaise. Le Héros du Crépuscule s’assit et réfléchit.

Le jeune homme se rendait compte qu’ils avaient perdu beaucoup de temps depuis leur retour du passé et que Ganondorf avait déjà commencé à mettre son plan à exécution. Il ne comprenait pas comment son ennemi était parvenu à entrer dans le palais et y être accepté.

Le tyran avait beau avoir légèrement modifié son apparence, il était tout de même reconnaissable. Que s’était-il passé pendant qu’il était à la taverne ? Link ne saisissait pas comment son adversaire avait réussi à le faire voir comme un criminel. Où était la princesse Zelda ?

* * *

Au moment où le commandant enfermait Link dans sa cellule de haute sécurité, Sheik regagnait la taverne. Il ne comprenait pas la scène qui s’était déroulée devant lui. Lorsque le Héros du Temps le vit revenir, essoufflé, et le visage pâle, celui-ci devina qu’un événement grave s’était produit.

« Où est Iria, demanda celui qui venait d’arriver.
- Elle est couchée. Pourquoi me demandes-tu ça ?
- Va vérifier qu’elle dort toujours. Il ne faut pas qu’elle entende ce que j’ai à te dire.
- Tu m’inquiètes ! Ne bouge pas ! »

Le Héros du Temps s’exécuta et revint rapidement.

« C’est bon, tu peux parler. Que s’est-il passé ?
- Pendant que je le suivais dans les rues de la ville, je trouvais le comportement des habitants étrange. Ils regardaient Link avec un mélange de colère et de peur. Quand il est arrivé devant le palais, la situation ne s’est pas arrangée. Les soldats l’ont encerclé et emmené après avoir pris soin de lui retirer ses armes. Je crois notre ami vient d’être arrêter.
- Pour quel motif ?
- Je n’en sais rien. Je pense que lui non plus. Link leur a posé la question à plusieurs reprises, mais il n’a reçu aucune réponse. Les soldats l’ont couduit dans les sous-sols du château, je n’aurai pas pu aller plus loin sans me faire repérer. Alors, je suis revenu pour te prévenir. À cette heure, ils doivent l’avoir déjà enfermé dans une de leurs cellules. »

Sheik et le Héros du Temps entendirent une voix derrière eux.

« Qui est dans une cellule ? »

C’était Thelma qui venait récupérer les restes de leur repas. Ils se retournèrent et elle put lire de l’inquiétude dans leurs regards.

« Ne me dites pas que vous parlez de Link ! »

La tenancière comprit en voyant leurs visages qu’elle avait désigné la bonne personne. Thelma laissa tomber son plateau qui toucha le sol avec fracas et s’approcha d’eux.
« Qui a osé faire une chose pareille ?
- Le commandant chargé de la surveillance du château, un certain Vernarte, répondit Sheik.
- En plus, il a fallu que ce soit celui-là qui l’arrête !
- Vous le connaissez ?
- Très peu, mais j’ai beaucoup entendu parler de lui. Il n’est pas réputé pour être tendre. Beaucoup de mes clients sont sous ses ordres ! Je sais aussi que cet homme déteste Link !
- Pour quelle raison ?
- Je l’ignore. Il a dû prendre du plaisir à l’enfermer.
- Link est au courant de cette haine ?
- Je ne le pense pas. Il ne doit même pas le connaître. Que lui reproche-t-on ?
- Nous n’en savons rien. Par contre, cela risque de devenir dangereux pour vous de nous garder ici. Si vous le souhaitez, nous pouvons partir, proposa le Héros du Temps.
- Ne dites pas de bêtises. Link savait très bien ce qu’il faisait en vous amenant ici. Je lui ai déjà prêté main-forte. Je ne le laisserai pas tomber maintenant. Que se passe-t-il exactement ? »

Les deux compagnons se regardèrent, ne sachant ce qu’ils pouvaient révéler à Thelma.

« Je comprends que vous ne puissiez pas tout me divulguer maintenant. Après tout, vous ne me connaissez pas autant que lui. Pour l’instant, il reste notre priorité. Que comptez-vous faire ?
- Nous devons d’abord savoir pourquoi Link a été arrêté.
- Je m’en charge ! J’ai mes sources. Vous, vous ne bougez pas d’ici ! Iria est-elle au courant ?
- Non, et il serait préférable que son amie ne le sache pas.
- C’est mieux, en effet, mais vous ne pourrez le lui cacher très longtemps. Je retourne voir mes clients. Je vous tiens au courant si j’ai du nouveau. »

Le Héros du Temps se demanda s’il pouvait lui faire confiance, tout en sachant qu’ils auraient besoin d’aide pour tirer Link de ce mauvais pas. Une fois qu’elle eut refermé la porte, Sheik se tourna vers son compagnon.

« Il y a une chose que je ne t’ai pas encore dite.
- Laquelle ?
- J’ai vu Ganondorf à l’intérieur du château. Et visiblement, ça ne choquait personne.
- Donc, la situation est plus grave que ce que l’on croyait. As-tu vu la princesse ?
- Non, Zelda serait intervenue si elle avait assisté à la scène ! »

Quand Iria se réveilla quelques heures plus tard, elle alla rejoindre ses compagnons. Ils étaient installés à la table et semblaient en pleine conversation. La jeune fille s’assit à son tour et chercha autour d’elle.

« Où est Link ? Il dort ?
- Non, il n’est pas encore rentré du château !
- Il devrait déjà être là. »

Elle les observa attentivement et comprit qu’il s’était produit un événement grave.

« Qu’y a-t-il ? Pourquoi faites-vous ces têtes ? Où est-il ? »

Ils ne répondirent pas.

« Quelque chose est arrivé ? Link est blessé ? Il est … , demanda Iria dont le degré d’anxiété ne cessait d’augmenter.
- Ne t’inquiète pas ! Il a juste été arrêté, lui dit Sheik, pour la calmer.
- Juste arrêté ? Par qui ? Pourquoi ?
- Par les soldats, nous ne savons pas pourquoi ! »

Comprenant qu’il ne pourrait faire autrement que de lui dire la vérité, le Héros du Temps lui raconta ce qu’il savait. A la fin de son récit, Iria avait les larmes aux yeux, mais fit de son mieux pour paraître forte.

« Que pouvons-nous faire pour l’aider ?
- Déjà, grâce à Sheik qui l’a suivi, nous savons qu’il est dans une situation délicate. Avant de faire quoi que ce soit, nous devons connaître la raison de son arrestation. Thelma nous a proposé de nous aider en interrogeant les gardes faisant partie de ses habitués. Toi qui la connais bien, peux-tu nous dire si nous pouvons avoir confiance en elle ?
- Vous pouvez ! Je ne connais pas tous les détails, mais je sais qu’elle a beaucoup aidé Link pendant son aventure. C’est ici que se réunissait la Résistance. Il en a fait partie.
- Dans ce cas… »

Ils entendirent la porte s’ouvrir et Thelma entra.

« Alors, vous acceptez mon aide ?
- Désolé pour cette méfiance mal placée, mais nous ne sommes pas d’ici. Nous aurions dû vous faire confiance !
- C’est oublié ! Maintenant que nous sommes tous impliqués dans cette affaire, je pense que vous pouvez me tutoyer. »

Le Héros du Temps sourit et lui tendit la main qu’elle serra.

« Merci de votre … de ton aide !
- Ce n’est pas grand-chose. Je ne vous demande pas de me raconter l’histoire entière, je n’ai pas besoin de tout savoir. Déjà, à l’époque, Link me cachait des choses et c’est encore le cas maintenant. Parlez-moi juste de son arrestation. »
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MessageSujet: Re: Le Temps d'un Crépuscule (13+)   Ven 31 Aoû 2012 - 19:15

Chapitre 3

Le lendemain matin, le Héros du Crépuscule en était toujours au même point. Il avait à peine dormi et commençait à perdre courage. Link était de nouveau enfermé, comme lors de son séjour dans la forteresse des Gerudos. La seule différence résidait dans le fait que ses mains n’étaient pas entravées. Ce n’était pas dans les habitudes des Hyliens d’attacher leurs prisonniers.

Pourquoi avait-il été traité de la sorte ? Après avoir été accueilli en vainqueur, le jeune homme se retrouvait emprisonné comme un criminel. Comment un tel changement avait-il pu avoir lieu en si peu de temps ? Certes, son ennemi était capable de tout, mais comment avait-il réussi à se faire accepter au sein du palais ?

Il fut tiré de ses pensées par des bruits de pas dans le couloir. Le commandant Vernarte entra suivi de Ganondorf et d’un scribe. Ils s’avancèrent vers les barreaux de la cellule. Link, qui était couché sur la banquette, ne bougea pas. Des soldats apportèrent trois chaises sur lesquelles les nouveaux venus prirent place.

Le chef de section prit la parole :

« Nous sommes ici pour procéder à ton interrogatoire. Notre nouveau Premier Ministre, le seigneur Frodnonag, a tenu à y assister. »

Link se leva et regarda en direction de son ennemi, sous le choc. Premier Ministre ? La princesse avait nommé cet homme Premier Ministre ? Comment était-ce possible ? Ganondorf l’observait avec, encore sur son visage, un sourire cruel.

« Commençons par le début, quel est ton nom ? »

L’attention du jeune homme se reporta sur le commandant qui venait de parler, mais il ne dit rien. Apparemment, celui-ci ignorait la véritable identité de Ganondorf. Cela signifiait que le tyran n’avait pas encore tous les pouvoirs. Dans le cas contraire, un interrogatoire aurait été inutile.

Link commençait à comprendre. Les accusations dont il était l’objet avaient sans doute été arrangées pour le discréditer aux yeux de tous. Une fois reconnu coupable, le Héros du Crépuscule ne pourrait plus rien faire pour empêcher Ganondorf de mettre son plan à exécution.

« Greffier, veuillez noter que l’accusé refuse de coopérer. Continuons !
- Je ne répondrais à aucune de vos questions tant que vous ne m’aurez pas dit la raison de ma présence ici. »

Mais le commandant ne tint aucun compte de son intervention. Il reporta son attention sur son dossier et continua à poser ses questions.

« Quelle est ta profession ? »

N’obtenant toujours aucune réponse, il fit un signe de tête au scribe qui transcrivait le déroulement de l’interrogatoire. Link s’approcha de la grille qui le séparait de ses accusateurs.

« J’exige de voir la princesse Zelda. Vous avez arrêté un soldat de sa Garde Rapprochée, elle doit être mise au courant.
- Tu n’es plus membre de cette unité d’élite !
- Son Altesse, seule, est habilitée à me relever de mes fonctions.
- C’est pourquoi elle l’a fait par ce document officiel, dit Ganondorf en sortant un parchemin de son dossier. Il s’agit de ton mandat d’arrêt ! Lis par toi-même si tu ne me crois pas. »

Il tendit le document à Link qui le prit et le lut.
« Attendu que des plaintes ont été déposées contre le sieur Link, membre de la Garde Rapprochée Royale, et que de nombreux témoins l’ont vu sur la scène de crimes perpétrés ces derniers jours, il est suspendu de ces fonctions pour une durée indéterminée.
Pour ce motif, il sera procédé à son arrestation, en vertu des lois de ce pays, pour interrogatoire afin de déterminer sa culpabilité ou son innocence. »

Le document était bien signé de la main de la princesse et paraissait tout à fait authentique. Link s’assit pour pouvoir encaisser le choc. Comment pouvait-elle lui faire ça, après tout ce qu’ils avaient traversé ensemble ?

Le jeune homme leva la tête et aperçut le sourire cruel de Ganondorf. Bien sûr, il aurait dû y penser directement. Son ennemi avait déjà fait preuve de beaucoup d’imagination dans l’élaboration de ces plans. Link se redressa, froissa le parchemin et s’adressa à lui.

« Comment as-tu fait ? Tu l’as menacée pour le lui faire signer ? Où as-tu utilisé tes talents pour l’hypnotiser comme tu l’as fait avec Nabooru ? »

Ganondorf ne répondit pas, se contentant d’observer le jeune homme dont les réactions l’amusaient.

« J’ai un autre exemplaire en sécurité. Tu peux garder celui-ci. »

Link lança le parchemin froissé en direction de son ennemi puis retourna s’asseoir. Le Héros du Crépuscule ne répondit à aucune des questions posées. Voyant qu’il n’arriverait pas à faire parler le prisonnier, le commandant se retira, sans avoir obtenu la moindre information.

Une fois seul, le jeune homme se prit la tête dans les mains. Comment pouvait-il s’en tirer cette fois ? Même si Ganondorf avait obligé la princesse à le signer, le document n’en restait pas moins légal.

* * *

Pendant ce temps, à la taverne, le Héros du Temps et Sheik écoutaient Thelma leur donner les informations qu’elle avait pu obtenir.

« Je n’ai malheureusement pas appris grand-chose auprès de mes habitués. Son arrestation a été tenue secrète.
- Donc, nous en sommes au même point.
- Non, lorsque Link luttait pour ramener la paix, un petit groupe d’hommes venaient ici pour apporter leur aide dans ce combat. L’un d’entre eux, Corentin, est devenu garde et est sous les ordres du commandant Vernarte. C’est un habitué. Même s’il n’a jamais eu l’occasion de rencontrer notre ami, il connait tous ses exploits et lui porte une admiration sans borne.
- L’a-t-il vu ?
- Pas encore, mais il a entendu les ordres le concernant. Link est enfermé quelque part dans les donjons du château.
- Connait-il le chef d’inculpation ?
- Il y en aurait plusieurs, mais le plus important est haute trahison !
- Autrement dit, c’est mal parti pour lui !
- C’est une accusation très grave, plus encore pour lui qui appartient à la Garde Rapprochée Royale. Il est accusé d’avoir facilité la fuite de tous les complices de Ganondorf.
- Que risque-t-il ?
- S’il est reconnu coupable, la révocation… et la prison à vie, dans le meilleur des cas.
- Et si on envisage le pire ?
- La mort ! »

Les derniers mots prononcés venaient de jeter un froid dans l’assemblée. Le silence s’installa entre eux. Il fut brisé par Thelma qui reprit.

« Nous ne devons pas nous laisser aller au désespoir. Pour l’instant, il est présumé innocent et le restera tant que sa culpabilité n’aura pas été prouvée. Seul un jury a les compétences pour le condamner lors d’une audience publique. Peut-être pourriez-vous témoigner en sa faveur ? »

Le Héros du Temps échangea un regard avec Sheik avant de répondre.

« Je crains que cette solution ne soit pas envisageable. Nous serions arrêtés à notre tour avant d’avoir pu prononcer une parole. Le responsable de sa détention serait plus que ravi de nous ajouter sur la liste des prévenus. Si son arrestation a été tenue secrète, ce n’est pas anodin. C’est un coup monté par Ganondorf pour le mettre hors d’état de nuire à ses projets.
- Je me doutais que tu me dirais ça ! Je suppose qu’il a peu de chances d’être innocenté dans ces conditions. Pourtant, je sais que Link n’est pas capable de commettre ce genre de délit.
- Effectivement, il n’est pas coupable, mais notre ennemi ne s’arrêtera pas à ça. La seule façon de lui venir en aide, c’est de l’aider à s’échapper. Est-ce possible ?
- Sa cellule est dans un quartier de haute sécurité. Pour y accéder, vous devrez traverser totalement les sous-sols du château et prendre une impasse à peine visible au bout de laquelle se situe la pièce où il est gardé. Une seule porte en fer permet d’y entrer. Pourtant, cela ne semble pas encore suffisant puisqu’à l’intérieur se trouve un renfoncement fermé par une grille. C’est là que vous le trouverez !
- Ganondorf prend ses précautions. Il faut dire que Link lui a déjà faussé compagnie une fois. »

Thelma posa un parchemin sur la table.

« Voici un plan des sous-sols du château. C’est Corentin qui me l’a donné. Il a marqué l’emplacement de la cellule de Link d’une croix. Les petits points représentent les postes de garde. Depuis son incarcération, ils en ont doublé le nombre. Cela ne sera pas facile de l’atteindre.
- Les gardes, je m’en occupe, affirma le Héros du Temps. Mais comment ferons-nous pour entrer dans le château ?
- Les égouts de la ville. Vous pourrez atteindre les sous-sols en passant par là. »

Le Héros du Temps posa sur Thelma un regard intense.

« Tu avais déjà tout prévu ? Tu savais que nous ne pourrions pas le disculper lors de son procès.
- Je m’en doutais. J’espérais qu’il s’agissait d’une erreur, mais je n’y croyais pas vraiment. Quand vous êtes arrivé, j’ai tout de suite senti que quelque chose n’allait pas.
- Que veux-tu dire ?
- Ses marques de blessures, son teint pâle, sa mine soucieuse, je les connais.
- Cela t’a rappelé les heures sombres que tu as vécues.
- Exactement ! J’ai eu peur que cela recommence. J’ai essayé de le faire parler, mais il n’a rien voulu me dire. Je n’ai pas insisté, même si cela m’inquiétait. »

Thelma s’était tue. Elle aimait beaucoup le jeune homme. Celui-ci ne méritait pas d’être traité de la sorte après ce qu’il avait fait pour le royaume et ses habitants.

« A-t-on encore du temps devant nous, demanda soudain Sheik, la sortant de ses pensées.
- Oui, tant qu’il n’est pas condamné, Link ne risque rien.
- Nous aurons besoin de plusieurs jours pour préparer l’expédition. Nous devrons connaître ce plan par cœur pour ne pas risquer de compromettre ton ami. D’ailleurs, remercie-le. Une dernière chose : a-t-on des chances de le croiser le jour où on lancera le sauvetage ?
- Non, le commandant refuse de le laisser faire de la surveillance. Son rôle est de nourrir les prisonniers. Il connait donc bien les sous-sols. J’imagine que vous interviendrez de nuit !
- Oui, ce sera plus facile et plus discret. S’occupe-t-il des repas de Link ? Peut-être pourrait-on lui faire passer un message par son intermédiaire ?
- C’est impossible ! Notre ami a droit à un traitement spécial. N’oubliez pas qu’il est détenu dans un quartier de haute surveillance. C’est le commandant Vernarte qui conserve les clés de sa cellule et celui-ci est présent à chaque fois que les repas sont apportés. De plus, les ordres sont formels, aucun garde n’a le droit de lui adresser la parole. Si vous n’arrivez pas à le faire évader, Link est perdu !
- Nous le sauverons !
- Je vous laisse vous préparer ! N’hésitez pas à faire appel à moi si vous avez besoin d’aide. »

Thelma sortit laissant Sheik et le Héros du Temps organiser leur expédition. Ils n’auraient qu’une seule chance de le tirer de là. La survie de Link dépendait de la réussite de leur plan.
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MessageSujet: Re: Le Temps d'un Crépuscule (13+)   Ven 31 Aoû 2012 - 19:16

Chapitre 4

Quelques jours étaient passés. Dans sa cellule, Link était complètement seul. Deux fois par jour et toujours sous la surveillance de Vernarte, il recevait la visite d’un de ses geôliers qui lui apportait ses repas : un pichet d’eau et un morceau de pain rassis.

C’était un homme d’une vingtaine d’années dont le visage lui était familier. Celui-ci déposait le ravitaillement devant la grille et ressortait sans avoir prononcé la moindre parole. Pourtant, à plusieurs reprises, le Héros avait constaté qu’il l’observait avec insistance.

Link savait que le soldat n’avait pas le droit de lui parler et que le commandant surveillait chacun de ses gestes. Il comprenait également que ce jeune homme essayait de lui faire passer un message. Ses amis étaient-ils en contact avec lui ? Où prenait-il la curiosité du garde pour de l’amitié parce que les contacts humains lui manquaient cruellement ?

En dehors de ces moments, Link restait seul, réfléchissant à un moyen de se sortir d’une situation qui lui semblait désespérée. Pour l’instant, aucune occasion ne s’était présentée. Depuis son arrestation, il n’avait pas quitté cette cellule. À la première opportunité, le Héros du Crépuscule tenterait de s’enfuir. Après ces quelques jours d’immobilité, sa cheville avait eu largement le temps de se remettre. Plus rien ne l’en empêchait.

Un matin, très tôt, quatre soldats entrèrent avec le commandant Vernarte, sans refermer la porte derrière eux. Le chef de section s’approcha de la grille et observa le prisonnier, assis sur la banquette.

« Tu viens avec nous, lui dit-il. Lève-toi ! »

Vernarte ouvrit la grille et laissa entrer les gardes. Ils se dirigèrent vers Link qui n’avait pas bougé. C’était l’occasion que celui-ci attendait. Lorsqu’ils ne furent plus qu’à quelques mètres de lui, Link se leva d’un bond et les bouscula pour se glisser entre eux. Il fonça droit vers la sortie.

Le commandant le regarda faire, un sourire sur les lèvres. Le jeune homme passa la porte et se retrouva dans le couloir. Il tomba alors nez à nez avec une bonne dizaine de gardes qui le menaçaient de leurs armes et s’arrêta net. Le chemin était bloqué et le Héros du Crépuscule ne pouvait aller plus loin.

« Tu ne pensais tout de même pas que nous allions te laisser nous fausser compagnie, dit le commandant en l’attrapant par le bras et en l’attirant dans la pièce qu’il venait de quitter. Le Premier Ministre nous avait prévenus que tu risquais de faire une tentative de fuite, alors, comme tu le vois, nous avons pris nos précautions. »

Link tenta de se dégager, mais les gardes qu’il avait bousculés venaient prêter main-forte à leur chef et l’immobilisèrent contre le mur. Le commandant lui envoya un coup de poing dans le visage pour le calmer. Un mince filet de sang apparut à la commissure de ses lèvres.

« Maintenant, tu vas te tenir tranquille, lui dit-il en l’agrippant par le cou. Nous t’emmenons voir tes juges. »

Link cessa de se débattre. La pression sur sa gorge lui coupa le souffle. Les geôliers profitèrent de son immobilité pour entraver ses poignets et ses chevilles. Ses deux mains étaient retenues par une chaîne entourant sa taille et ne lui permettant aucun mouvement. Celle-ci se terminait par deux anneaux que les gardes avaient utilisés pour relier ses deux pieds. Le jeune homme reconnaissait cet attirail. Il n’était employé que très rarement et sur des individus particulièrement dangereux.

Le commandant lâcha le captif qui s’effondra sur le sol. Le Héros du Crépuscule aurait eu besoin de plusieurs minutes pour reprendre une respiration normale, mais les soldats ne lui laissèrent pas le temps de se remettre. Ils le prirent chacun par un bras et le conduisirent par les couloirs de la prison jusqu’à une porte sombre donnant sur une salle à peine éclairée. Link avait du mal à marcher, car la longueur de ses entraves ne lui permettait de faire que de petits pas.

Ils l’installèrent devant une tribune où étaient assises plusieurs personnes. Au-dessus d’elles, se trouvait la seule source de lumière de la pièce qui était dirigée droit sur le jeune homme, l’empêchant de distinguer les choses.

Vernarte attacha un des maillons de la chaîne au crochet qui était fixé dans le sol. Puis il se prépara à sortir. Mais un des juges se leva et lui demanda.

« Commandant, le prisonnier semble avoir pris un coup, dit-il en désignant le visage de Link. Que s’est-il passé ? »

Ce dernier se passa la langue sur les lèvres et sentit le goût du sang. Ensuite, l’accusé posa son regard sur celui qui venait de parler. La lumière dans les yeux, le jeune homme ne parvenait à distinguer que des ombres, mais il reconnut aisément son ennemi par sa stature.

« Il a résisté et tenté de s’enfuir, Monsieur le Premier Ministre. J’ai été obligé de le frapper pour permettre à mes hommes de l’enchaîner ! Aurais-je commis une erreur ?
- Pas du tout. Nous allons pouvoir rajouter la rébellion aux nombreuses charges retenues contre lui. A-t-il blessé un de vos hommes ?
- Aucun. Nous l’avons maîtrisé rapidement. Il n’est pas allé très loin.
- Excellent, vous pouvez disposer. »

Le commandant salua et sortit laissant Link face à ses accusateurs. Appartenant à la Garde Rapprochée Royale, il avait assisté à de nombreuses audiences. Entre autres celles des complices de Ganondorf. Celles-ci avaient habituellement lieu dans la Grande Salle en présence de Zelda et le jeune homme ne l’imaginait pas descendre dans cette cave.

« Où est la princesse ? N’est-elle pas censée être présente pour un jugement ?
- Je n’ai pas à justifier son absence auprès de toi. Elle sera informée de chaque détail et approuvera la décision finale.
- Ne puis-je avoir un procès équitable ? Même le pire des assassins a droit à un défenseur.
- Tu es accusé d’avoir trahi ton royaume. Cet agissement est déjà impardonnable en soi, mais il l’est encore plus pour un Garde Royal.
- Ne suis-je pas censé être innocent jusqu’à preuve du contraire ? »

Ganondorf ne tint pas compte de la dernière remarque de Link et se tourna vers les hommes assis à ses côtés.

« Nous sommes ici pour juger de la culpabilité ou de l’innocence de ce jeune homme concernant les faits qui lui sont reprochés. Nous allons commencer par déterminer les chefs d’accusations puis nous entendrons les différents témoignages.
- Je n’ai commis aucun acte contraire aux lois de ce pays. »

Ganondorf prit un parchemin posé devant lui et se mit à énumérer les crimes qui étaient imputés au prisonnier. Cela allait du simple vol à la violence physique vis-à-vis d’habitants du royaume. Le fait le plus grave et considéré comme de la haute trahison était l’aide qu’il aurait apportée pour l’évasion des complices du tyran.

« Nous pouvons d’ores et déjà ajouter une tentative de se soustraire à la justice !
- Pourquoi devrais-je accepter une justice qui ne respecte même pas mes droits les plus élémentaires ? Cette audience n’est qu’une mascarade. Tout jugement se doit d’être fait en public devant la princesse de ce royaume. Et surtout, je dois pouvoir être défendu.
- Lors de ton interrogatoire en présence du commandant Vernate et de moi-même, continua Ganondorf sans tenir compte des propos du prisonnier, tu as refusé de répondre à nos questions. Voyons voir si tu seras plus coopératif maintenant. Quel est ton nom ?
- Je m’appelle Link !
- D’où viens-tu ?
- J’ai été élevé dans le village de Toal, en Latouane, après la mort de mes parents. J’y étais berger avant d’entrer dans la Garde Rapprochée Royale.
- Qu’as-tu fait pour mériter un tel honneur ?
- Tu es le mieux placé pour le savoir, Ganondorf ! Je t’ai vaincu ! »

Link observa ses juges, guettant la moindre réaction concernant le nom de son ennemi. Il n’y en eut aucune. Peut-être étaient-ils dans le coup ?

« Te prendrais-tu pour un héros ?
- Je n’ai rien dit de tel, mais on m’a effectivement donné ce titre.
- À tort, au vu des tes récentes actions !
- Je vous le répète : je suis innocent.
- Donc, tu nies avoir commis les actes précités !
- Catégoriquement.
- Dans ce cas, il n’est pas nécessaire de poursuivre cet interrogatoire. Faites entrer les témoins ! »

Les déposants se succédèrent, chacun racontant les actes que Link aurait perpétrés contre eux. Ces hommes et ces femmes avaient tous un point commun : une peur sans nom au fond de leurs yeux lorsqu’ils les posaient sur le prisonnier. À chaque fois qu’on leur demandait de désigner le coupable, leurs doigts craintifs se tendaient vers lui.

Les gardes qui avaient assisté à l’évasion des acolytes de Ganondorf, furent les derniers à venir témoigner. Ils relatèrent ce qui s’était passé, faisant une description détaillée du responsable. Link se reconnut immédiatement dans ce portrait. Il ne comprenait pas comment son ennemi s’était débrouillé pour obtenir ce résultat.

« Nous avons entendu tous les témoignages. Nous allons procéder au vote.
- Attendez ! Où sont les témoins à décharge ?
- Aucun ne s’est présenté ! Soit tu n’as plus d’amis, soit ils ont quelque chose à se reprocher ! Finissons-en ! Messieurs, veuillez nous donner votre verdict ! »

L’un après l’autre, les hommes se levèrent et déclamèrent haut et fort le mot « coupable ». Ganondorf reprit :

« Tu as été reconnu coupable à la majorité des voix, pour le crime de haute trahison qui est passible de la peine de mort et pour tous les autres délits. Tu seras détenu dans les prisons du royaume jusqu’à ton exécution. Les détails te seront communiqués dans les plus brefs délais. As-tu quelque chose à ajouter, demanda-t-il à Link.
- Je suis innocent. Votre jugement n’a aucune valeur. Vous ne respectez pas les lois de ce pays. Tout accusé a le droit d’être défendu.
- Les lois changent quand les circonstances l’exigent. Un décret a été approuvé hier par Son Altesse, la princesse Zelda. Il concerne la défense des prévenus. Ce procès est tout à fait légal. »

Sur ces mots, les juges se levèrent et sortirent de la salle. Peu après, le commandant et ses hommes vinrent chercher Link pour le ramener dans sa cellule. Une fois qu’ils lui eurent enlevé les chaînes, il se coucha sur la banquette, leur tournant le dos.

Resté seul, Le Héros du Crépuscule évalua sa situation. Il était condamné à mort et n’avait que peu d’espoir de pouvoir s’échapper. Iria devait être très inquiète. Était-elle toujours à la taverne de Thelma. Étaient-ils au courant à l’extérieur de ce qui lui arrivait ?
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MessageSujet: Re: Le Temps d'un Crépuscule (13+)   Ven 14 Sep 2012 - 7:50

Chapitre 5

L’après-midi de ce même jour, à la taverne, le Héros du Temps et Sheik préparaient toujours leur expédition. Thelma était allée en ville pour en apprendre davantage sur le sort de Link.

En la voyant entrer dans la salle de réunion, ils comprirent que les nouvelles n’étaient pas bonnes. Elle était accompagnée d’un jeune homme blond aux yeux verts portant la traditionnelle tenue des gardes du château.

« Je vous présente Corentin. Il a des nouvelles de Link. »

Ils l’invitèrent à s’asseoir.

« N’est-ce pas un peu risqué pour vous de venir jusqu’ici, lui demanda le Héros du Temps.
- Non, je fréquente cet établissement depuis que je suis entré en fonction. Ça ne surprendra personne. Mes collègues pensent que j’ai une aventure avec Thelma.
- Vous avez des nouvelles de notre ami ?
- Cela fait plusieurs jours maintenant que je suis chargé de lui apporter ses repas. J’ai donc pu le voir.
- Comment va-t-il ?
- Aussi bien que possible, au vu des circonstances. Avec le commandant, nous sommes les seules personnes qu’il voit. Malheureusement, je n’ai pas le droit de lui parler et mon chef me surveille étroitement lorsque je suis dans sa cellule, mais je l’observe.
- Que pouvez-vous nous dire de plus sur son état ?
- Il ne mange pas beaucoup, ce qui peut se comprendre quand on voit le pain rassis qui lui est destiné. Le découragement est en train de l’envahir !
- Ce n’est pas bon, ça !
- Ce matin, il a tenté de s’enfuir en profitant du fait que les soldats venaient le chercher pour l’emmener à son audience.
- Il a échoué, c’est ça ?
- Oui ! Comme je l’avais expliqué à Thelma, la disposition des lieux ne lui permettra pas de s’échapper. De plus, le commandant avait prévu sa tentative et pris ses précautions. Il a pu sortir de sa cellule, mais a été arrêté par les gardes dans le couloir. Ses chances étaient minces…
- Ce qui veut dire que l’espoir ne l’a pas complètement quitté. De plus, il ne manque pas de bravoure. »

En disant cela, le Héros du Temps jeta un coup d’œil à sa main gauche où se trouvait le symbole de la Triforce du Courage, marque que Link possédait également. Puis il reprit :

« De quoi est-il accusé exactement ?
- D’avoir commis plusieurs délits à l’encontre des habitants : vol, coups et blessures. Le plus grave est cette histoire d’évasion. Les soldats qui gardaient les prisonniers affirment l’avoir vu en train de les faire sortir de leurs cellules.
- A quel moment cette fuite s’est-elle produite ?
- Le jour où devait avoir lieu la Fête du Triomphe, en fin d’après-midi, juste avant que la princesse ne rentre pour annuler la réception.
- Nous étions encore à la clairière à ce moment-là et il était avec nous.
- Je n’ai jamais douté de son innocence. J’imagine que quelqu’un a voulu le faire accuser, mais j’ignore dans quel but. »

Le Héros du Temps se tut. Il cherchait à comprendre comment une personne avait pu se faire passer pour Link. Corentin reprit la parole.

« Tous les soldats croient qu’il a commis ces crimes et les habitants de la ville aussi. Ils ont tous témoigné contre lui pendant le jugement.
- Le verdict a-t-il été rendu ?
- Oui !
- J’imagine que ce n’est pas bon pour lui.
- Non, il a été reconnu coupable à la majorité des voix et condamné à mort. »

Le silence se fit dans la salle. Le héros du Temps et Sheik s’attendaient à cette sentence, mais Thelma était sous le choc. Elle avait gardé l’espoir qu’il s’agissait d’une erreur. Après leur avoir laissé quelques minutes pour encaisser la nouvelle, Corentin reprit.

« Ils comptent rendre public le châtiment en fin d’après-midi ! Le Premier Ministre a organisé un communiqué pour l’annoncer officiellement au peuple en sa présence. Je crois qu’il veut le mettre face à la haine des Hyliens.
- Donc, ils vont le sortir de sa prison.
- Oui, mais ce n’est pas tout. J’ai entendu le Premier Ministre et le commandant Vernarte parler de ce qu’ils lui réservaient.
- Que vont-ils lui faire ?
- Sa condamnation à mort ne concerne que l’évasion. Pour tous les autres délits commis, il y aura d’autres châtiments et ils comptent commencer à les appliquer dès cet après-midi.
- Ont-ils donné une date pour l’exécution ?
- Non, je crois qu’ils veulent attendre d’avoir pris ses complices. Je ne pense pas me tromper en imaginant qu’il s’agit de vous !
- Effectivement, nous sommes bien concernés, mais comment ont-ils su que nous étions là ? Je ne pense pas que Link leur ait parlé de nous. Nous devrons désormais redoubler de prudence.
- Si vous désirez tenter quelque chose pour l’aider, je ne saurais que vous conseiller d’agir rapidement. Le châtiment qu’ils lui réservent risque de l’affaiblir, sans oublier qu’il ne se nourrit pas suffisamment.
- Nous agirons bientôt, mais pour ta propre sécurité, tu dois ignorer quand.
- Je comprends. De mon côté, je verrais ce que je peux faire pour lui.
- Une chose encore, vous travaillez sous les ordres du commandant Vernarte, n’est-ce pas ?
- En effet, pourquoi cette question ?
- Thelma nous a dit qu’il détestait Link. Etiez-vous au courant ?
- Non, je l’ignorais, mais cela peut expliquer pas mal de choses. Des bruits courent à son sujet parmi les soldats. Le commandant aurait été arrêté en tant que complice de Ganondorf, puis innocenté. Toujours d’après les rumeurs, il aurait obtenu ce poste en réparation du préjudice subi. C’est Link qui avait été chargé de la poursuite de ceux qui avaient aidé le tyran.
- Vous voulez dire qu’il le rendrait responsable de son incarcération ?
- C’est une possibilité. Je n’en sais pas plus. Si vous voulez en apprendre davantage sur cette mission, vous devrez interroger Link quand vous l’aurez sauvé. »

Il se leva. Le Héros du Temps en fit de même et lui serra la main.

« Merci beaucoup ! Vous prenez de gros risques pour nous.
- J’ai beaucoup d’admiration pour lui. Je ne peux accepter qu’il soit victime d’une erreur judiciaire. Vous semblez avoir énormément de courage, vous aussi. Thelma m’avait parlé de votre ressemblance physique, mais elle était loin de la vérité. Vous avez également la même force morale. Bonne chance ! J’espère sincèrement que vous pourrez le sauver. »

Il salua et sortit. La porte qui menait vers les chambres s’ouvrit et Iria entra dans la pièce. Son teint était pâle. Thelma s’inquiéta. Qu’avait-elle entendu exactement ? La tenancière s’approcha de la jeune fille et l’aida à venir s’asseoir.

« Depuis combien de temps es-tu derrière la porte ?
- Un moment. Je vous ai entendu parler de Link. Je voulais avoir de ses nouvelles. »

Le Héros du Temps échangea un regard avec Sheik. Ils n’avaient pas pensé à aller voir où elle se trouvait.

« Qu’as-tu appris, lui demanda-t-il avec douceur.
- Je sais qu’il a été condamné à mort. »

Le calme de la jeune fille était inquiétant. Thelma tenta de la faire parler.

« Comment te sens-tu ?
- Ça va ! Je voudrais en savoir plus. Que vous a-t-il dit ? Comment va Link ?
- Bien ! Enfin aussi bien qu’on peut aller quand on se trouve dans sa situation.
- Est-ce qu’ils lui ont fait du mal ?
- Non, il a juste été enfermé dans une des cellules de la prison du palais.
- Si j’ai bien compris, ils veulent le faire sortir cet après-midi. Je veux y aller.
- Ce n’est pas une bonne idée, affirma le Héros du Temps.
- Pourquoi, lui demanda-t-elle, pourquoi veux-tu m’empêcher d’aller le voir ?
- Penses-tu réellement qu’ils te laisseront t’approcher de lui ? Comme tu as du l’entendre, il s’agit de lui faire subir un châtiment, je ne crois pas que tu puisses supporter de voir ça. Pour lui, ce serait mieux que tu n’y assistes pas. »

Les larmes commençaient à couler sur ses joues.

« Je veux le voir !
- Je comprends, murmura Thelma, c’est normal que tu en aies envie, mais c’est dangereux.
- Laisse-nous nous occuper de te le ramener, ajouta Sheik. »

Iria se leva. Elle avait l’impression de faire un cauchemar. Son ami, qui avait risqué sa vie pour sauver le royaume, avait été condamné à la peine capitale pour un crime qu’il n’avait pas commis. Les larmes coulaient le long de ses joues. La jeune fille fit quelques pas en direction du couloir qui menait aux chambres et s’écroula inconsciente.

Thelma s’adressa au Héros du Temps.

« Peux-tu la porter sur son lit ?
- Je m’en occupe !
- Rejoins-nous dès que possible. J’ai encore une chose importante à vous dire. J’irai m’occuper d’elle un peu plus tard. »

Le Héros du Temps acquiesça, prit délicatement la jeune fille dans ses bras et disparut derrière la porte du couloir. Quand il revint, Thelma et Sheik étaient déjà en pleine conversation.

« Qu’avais-tu de si important à nous dire ?
- Iria est recherchée en tant que complice de Link. Une forte récompense a été promise à toute personne qui donnerait des renseignements permettant sa capture.
- C’était à prévoir !
- Pourquoi s’en prendre à elle ?
- Toute cette histoire est un coup monté, tu le sais. Ganondorf connait les sentiments de Link pour elle et s’en est déjà servi contre lui. Il veut probablement l’atteindre à travers son ami. C’est aussi pour ça qu’Iria ne doit pas se rendre au rassemblement !
- Que comptez-vous faire à présent ?
- Pour commencer, il faudrait que l’un d’entre nous se rende à cette présentation. Nous en apprendrons peut-être un peu plus sur les intentions de notre ennemi vis-à-vis de Link.
- Je peux y aller si tu veux, ajouta-t-elle.
- Te sens-tu capable de le regarder être battu, lui demanda Sheik. Je sais que tu es très proche de lui et que tu veux l’aider, mais nous avons besoin de quelqu’un qui ne se laissera pas impressionner ! D’autant plus que si une occasion se présente à ce moment-là, il faudra la saisir ! »

Elle ne répondit pas.

« Je vais y aller, reprit le Héros du Temps. J’ai besoin d’un vêtement sous lequel je pourrais me dissimuler.
- J’ai ce qu’il te faut. »

Elle se leva et revint avec un long manteau muni d’une capuche. Elle le donna au Héros du Temps qui l’essaya. Il lui allait à la perfection.

« C’est celui de Link, dit-elle avec un sanglot dans la voix. Il l’avait oublié ici.
- J’en prendrais soin et je le lui rendrais. »

Thelma acquiesça. Soudain, un claquement de porte se fit entendre. Ils sursautèrent et se regardèrent.

« Iria, dirent-ils tous en même temps.
- La porte qui est au fond du couloir des chambres, ajouta Thelma. Elle donne sur une petite cour. »

Ils se levèrent et coururent en direction de la chambre de la jeune fille. Celle-ci était vide. Elle était partie.

« Où peut-elle être allée, demanda Thelma.
- Probablement sur le lieu de rassemblement. Il devrait avoir lieu dans quelques minutes.
- Si quelqu’un la reconnait, elle risque d’être arrêtée, ajouta Sheik.
- Nous devons la retrouver avant qu’il ne soit trop tard ! J’y vais. »

Le Héros du Temps enfila le manteau et s’apprêtait à sortir quand Sheik le retint.

« Fais attention à toi !
- Ne t’inquiète pas ! J’ai promis à Link de veiller sur elle et c’est ce que je vais faire. »

Il sortit pour essayer de rattraper Iria. Sheik le regarda quitter la pièce puis se tourna vers Thelma.

« Je vais le suivre en passant par les toits. Je n’aime pas les savoir tous les deux dehors. »

Il disparut à son tour par la porte de derrière. Thelma resta seule, en proie à l’inquiétude. Et s’ils se faisaient prendre tous les trois ? Elle n’aurait jamais dû laisser Iria sans surveillance dans l’état où elle était. La tenancière avait commis une erreur.
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MessageSujet: Re: Le Temps d'un Crépuscule (13+)   Ven 14 Sep 2012 - 7:54

Chapitre 6

Pendant que Corentin donnait des nouvelles de Link à ses amis, celui-ci se repassait le déroulement de son procès dans la tête. Tout avait été préparé à l’avance. Ce qu’il aurait pu dire ou faire n’aurait en rien modifié la situation.

Le jeune homme n’avait pas peur de disparaître. Depuis le début de ses combats, le Héros du Crépuscule avait appris à vivre avec l’idée de la mort. Son inquiétude allait plutôt vers les personnes qu’il laisserait derrière lui !

Des bruits de pas se firent entendre dans le couloir. Le prisonnier leva les yeux. Il vit entrer Ganondorf. Celui-ci l’observa, un sourire malveillant sur le visage.

« Je suppose que tu viens m’annoncer la date de mon exécution, lui demanda-t-il, en soutenant son regard.
- Pas encore. Es-tu pressé de mourir ?
- Non, mais je pensais que tu aurais hâte de te débarrasser de moi, maintenant que tu as ce que tu voulais !
- Sur ce point, tu as raison. Depuis le temps que je désire te voir périr, mais te prendre la vie ne sera pas suffisant pour payer tout ce que tu m’as fait. J’ai d’autres projets avant cela. Je veux te voir souffrir avant de rendre ton dernier soupir. J’attends juste le bon moment pour te faire subir ton châtiment. D’autant plus que tu ne peux aller nulle part. Ta petite tentative d’évasion de ce matin était pitoyable ! Le commandant m’a tout raconté dans les détails, j’en ris encore.
- Je suis ravi de t’avoir amusé ! »

Ganondorf le regarda des éclairs de colère dans les yeux.

« J’ai commis l’erreur de te sous-estimer, mais, crois-moi, je ne la ferais pas deux fois. Comme tu as pu le remarquer, peu de personnes entrent ici : le soldat qui t’apporte tes repas et le commandant, qui est aussi la seule personne à conserver la clé de ta cellule. Lui-même est bien trop content de te savoir là pour prendre le risque de te voir t’échapper. J’ignore pour quelle raison, mais il te déteste presque autant que moi !
- Je comprends mieux pourquoi j’ai droit à du pain rassis tous les jours !
- Pour t’enfuir, tu devras d’abord sortir de ta cellule, puis trouver un moyen de passer cette porte, fermée à clé et tellement lourde que deux hommes sont nécessaires pour la faire bouger. Il te faudra également traverser les sous-sols truffés de soldats… Tu n’as vraiment aucune chance.
- J’adore les défis ! J’attendrai qu’une occasion se présente !
- C’est gentil de me prévenir, mais tu risques d’attendre encore longtemps. Tu ne sortiras de cette cellule que pour subir ton châtiment et nous prendrons toutes les précautions nécessaires pour que tu ne puisses pas nous fausser compagnie. Nous tenons trop à ta présence ici et je te réserve une surprise pour le jour de ton exécution ! Tu ne voudrais pas la manquer ?
- Qu’est-ce que tu prépares ?
- Tu assisteras à la mort de ton amie. Tu seras aux premières loges pour voir la vie quitter son corps. Fais-moi confiance. »

Link pâlit.

« Je t’interdis de la toucher, s’emporta-t-il.
- Je vois que tes sentiments à son égard n’ont pas changé. Pour l’instant, j’ignore où elle se cache, mais ça ne durera pas.
- Qu’est-ce qui te fait croire ça ? Tu ne penses tout de même pas que je vais te révéler l’endroit où elle est. Tu sais bien que tu ne me fais pas peur ! Tu ne parviendras pas à me faire parler !
- Je n’aurais pas besoin de ton aide. J’utilise la bonne volonté du peuple.
- Du peuple, demanda-t-il, étonné.
- Tu t’en es pris directement à eux. Ils ne l’ont pas oublié et seront ravis de m’aider à arrêter ta complice.
- Tu sais très bien que je n’ai rien fait !
- Moi, je le sais, mais eux sont persuadés que c’est bien toi qu’ils ont vu. Vois-tu, j’ai fait appel à un vieil ami qui m’a été très utile pour combattre le Héros du Temps. Certes, cela n’a pas été suffisant, mais il a tout de même réussi à le retarder. Sa particularité est de prendre l’apparence de ses adversaires et de reproduire leurs coups à l’identique. »

Link se rappela que son ami avait mentionné un ennemi correspondant à ses critères. Pendant leur traversée du désert, ils s’étaient arrêtés dans une grotte pour passer la nuit. Le Héros du Temps qui s’était réveillé l’avait vu près du feu et l’avait pris pour cet adversaire. Il s’en était fallu de peu que ce dernier ne lui tranche la gorge.

« Je croyais qu’il l’avait vaincu.
- Pas tout à fait. Ton ami l’a effectivement battu, mais il a survécu et vit caché dans le cimetière du village Cocorico. Je suis allé le voir pour lui proposer de se venger de sa dernière défaite en s’en prenant au descendant direct de son adversaire. La perspective de participer à ta chute lui a tout de suite plu. Je lui ai donné une bonne description de toi. Tu devines la suite...
- C’est lui qui a commis tous ces méfaits avec mon apparence.
- Exactement ! Tous les témoins t’ont reconnu. Pour en revenir à ton amie, j’ai offert une belle récompense pour sa capture. Les habitants seront plus que ravis de me prêter main-forte.
- Tu ne la retrouveras jamais. Elle est protégée.
- À qui l’as-tu confiée ? À Sheik ? Au Héros du Temps ? Je sais qu’ils sont venus avec toi. N’oublie pas que la princesse Zelda est entre mes mains. Il a été très facile de la faire parler.
- Que lui as-tu fait ?
- Il a bien fallu la convaincre de me donner les pouvoirs. Mais ne t’inquiète pas, Zelda est en vie. J’ai encore besoin de sa participation. Elle espère que tu vas venir la sauver. Malheureusement, tu ne lui seras d'aucuns secours, pas plus qu’à petite copine.
- Tu ne peux rien contre elle.
- Vraiment ? J’ai déjà réussi l’exploit de te faire passer du statut de héros à celui de traître, en moins d’une journée. Tu es détesté par la plupart des habitants de la ville. Tôt ou tard, ton amie sera entre mes mains. Elle ne pourra rester cachée toute sa vie. »

Link regarda son ennemi dans les yeux.

« Je te l’ai dit : quelqu’un veille sur elle !
- Oui, le Héros du temps ! Je l’avais bien compris, mais réfléchis. Lui et Sheik viennent d’arriver et ne connaissent pas la région, ni ses habitants. Je sais qu’ils se cachent quelque part en ville.
- La cité est grande…
- Effectivement, mais ils finiront par quitter leur abri !
- Pourquoi feraient-ils l’erreur de sortir ?
- Dès ce soir, ta condamnation à mort sera officielle et sera annoncée partout. Quelle sera leur réaction, selon toi ? Ils ont deux possibilités.
- Lesquelles ?
- Celle de quitter le pays en emmenant ta petite copine, mais dans ce cas, ils n’iront pas loin. Mes gardes les trouveront.
- Et la seconde ?
- Venir te libérer. Je pense que leur choix se portera sur cette option. Malheureusement pour toi, ils ne pourront jamais t’atteindre.
- Tu n’as aucune idée de leurs ressources !
- Toi-même, tu ignorais l’existence de cette cellule. Ils ne la trouveront jamais sans un plan ou un guide. Les soldats les retrouveront et ta petite copine perdra son protecteur. »

Les paroles de Ganondorf pesaient lourd sur le cœur du jeune homme. Il sentait le désespoir s’insinuer en lui comme un poison dans ses veines. Link leva la tête en direction de son ennemi. Le sourire que celui-ci afficha sur son visage réveilla son courage.

Il fonça droit sur lui et avança les poings pour frapper son visiteur. Ce dernier attrapa les bras du prisonnier et tira de façon à ce que le corps du Héros du Crépuscule vienne percuter les barreaux de sa cellule.

« Tu es toujours aussi prévisible, lui dit-il avec mépris. Tu devrais garder tes forces pour le jour de ton exécution. Ce ne sera pas une partie de plaisir, je te le garantis. »

Il le souleva et le projeta dans le fond de sa cellule. Link se releva et s’approcha de nouveau de la grille.

« Tu n’as pas encore gagné !
- Peut-être, mais toi, tu as déjà perdu ! »

Ganondorf partit d’un éclat de rire et quitta la pièce. Link le regarda sortir. Resté seul, il se laissa tomber à genoux par terre. Le jeune homme commençait vraiment à avoir peur : son ennemi semblait avoir tout prévu dans les moindres détails

D’après ce dernier, ses chances de lui échapper étaient quasiment inexistantes et en voyant toutes les précautions que celui-ci avait prises, il commençait à désespérer. Sa dernière tentative de fuite s’était soldée par un échec. Le Héros du Crépuscule se sentait impuissant et doutait de ses capacités. Ses amis risquaient même d’être entraînés dans sa chute.
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MessageSujet: Re: Le Temps d'un Crépuscule (13+)   Ven 21 Sep 2012 - 9:57

Chapitre 7

Sous le choc des paroles de Ganondorf, Link se releva et s’assit sur la banquette. Il ne devait pas se décourager. Tout n’était pas encore fini. Tant que ses amis étaient libres, tout espoir n’était pas perdu. Le Héros du Crépuscule se rendait compte que son ennemi cherchait à le déstabiliser pour mieux pouvoir le manipuler. Sa seule chance était de réfléchir aux différentes possibilités qui s’offraient à lui au lieu de s’avouer vaincu.

Peu après, le commandant Vernarte entra, suivi de quatre gardes armés. Il s’approcha de la grille pendant que deux soldats refermaient la porte en fer derrière eux. Avec un sourire malveillant, le chef de section observa Link. Absorbé dans ses pensées, ce dernier n’avait pas remarqué leur entrée.

« Aurais-tu fini par comprendre que ta vie va se terminer ici », lui demanda-t-il en ricanant.

Le jeune homme leva la tête et dévisagea le commandant, mais il ne dit rien. Les quatre gardes attendaient devant la cellule. Link leur accorda un bref regard avant de reporter son attention sur Vernarte.

« Nous sommes venus te chercher ! Notre Premier Ministre a organisé un rassemblement spécial en ton honneur. Enlève ta tunique et ta cotte de mailles, tu ne vas plus en avoir besoin.
- L’épée et la médaille ne te suffisent pas. Tu veux aussi mes vêtements. Prendre les affaires des autres, ça porte un nom : c’est du vol. »

Le chef de section regarda le jeune homme en souriant.

« Venant d’un homme condamné à mort, cette remarque est tout à fait déplacée.
- Par contre, elle est tout à fait adaptée dans la bouche d’un innocent.
- Cesse de discuter et fais ce que je t’ai demandé ! »

Link se leva et s’approcha de la grille.

« Que feras-tu si je refuse ?
- Je te déconseille de le faire. Tu pourrais avoir à le regretter amèrement.
- Ton maître a déjà essayé de me forcer la main. Tu ne possèdes pas les bons arguments. Tu ne me fais pas peur !
- C’est ce qu’on va voir ! »

Le commandant se dirigea vers ses gardes pour leur ouvrir la cellule avec la clé qui ne le quittait jamais et referma derrière eux.

« Vous savez ce que vous avez à faire », leur dit-il.

Les soldats s’approchèrent de Link qui ne bougea pas. Il remarqua que ceux-ci ne portaient pas d’arme sur eux. Arrivés à son niveau, ils lui attrapèrent les bras dans le but de l’immobiliser. Le jeune homme se dégagea de leur étreinte.

Le Héros du Crépuscule désirait montrer à son ennemi qu’il ne se considérait pas comme ayant perdu la partie. Si ces soldats voulaient l’emmener quelque part, ils ne devaient pas compter sur sa collaboration.

« Décidément, tu cherches vraiment les problèmes. Si tu te laissais faire, tout se passerait beaucoup plus facilement et ce serait moins douloureux pour toi. »

Le prisonnier envoya son poing vers le visage de l’un de ses adversaires. Le garde qui était visé réussit à esquiver le coup et attrapa le bras de Link qu’il tordit violemment, le forçant à s’agenouiller. Derrière la grille, le commandant souriait en observant le jeune homme qui s’efforçait de ne pas crier.

Les autres soldats aidèrent leur collègue. Ceux-ci allongèrent le Héros du Crépuscule sur le sol et l’un d’eux s’affaira à lui enlever sa tunique pendant que les autres lui maintenaient les poignets et les jambes. Ensuite, ils firent de même avec la cotte de mailles. Cette opération fut plus difficile compte tenu de la matière dans laquelle le vêtement avait été fabriqué.

Link avait tenté de se rebeller et de se remettre debout, mais la force de ses agresseurs était supérieure à la sienne. Avant de le relever avec brutalité, ils lui avaient attaché les mains derrière le dos. Le commandant Vernarte, qui n’avait rien perdu de la scène, entra dans la cellule à son tour et s’approcha de son captif.

« Tu vois ! Ta résistance était inutile. Tu ne fais pas le poids face à l’élite de mon armée. Ces hommes ont suivi un entraînement spécial. Ils n’ont pas besoin d’arme pour tuer. »

Il attrapa le jeune homme par les cheveux et approcha son visage du sien.

« Notre Premier Ministre m’a averti que tu te préparais à renouveler ta tentative de fuite de ce matin. Alors, j’ai pris mes précautions. »

Le commandant plaça une sangle autour du cou de Link et tira, bloquant ainsi sa respiration.

« Voilà ce qui arrivera si tu essayes de nous fausser compagnie. Comme tu peux le constater, tu n’iras pas loin. Suis-nous gentiment et tout se passera bien. »

Vernarte relâcha la pression et Link sentit que la sangle se détendait. Il put reprendre une respiration normale, entrecoupée de fortes quintes de toux. Le commandant donna un coup sec sur la lanière pour le faire avancer, ne lui accordant que quelques secondes pour se remettre. Ils sortirent de la cellule.

Deux des gardes s’occupèrent d’ouvrir la porte pour laisser passer le groupe escortant le captif. Ils le conduisirent par les galeries et quittèrent les sous-sols pour se diriger vers les jardins du château, situé juste entre celui-ci et la citadelle.

Link était inquiet. Où pouvaient-ils l’emmener ? Ganondorf lui avait pourtant bien affirmé qu’il ne serait pas exécuté tout de suite, puisque celui-ci voulait le voir assister au trépas d’Iria. Avait-elle été capturée malgré la vigilance du Héros du Temps ?

Le prisonnier se rendit compte que Vernarte le menait vers le portail qui permettait d’accéder à la ville. Link sentait l’accélération des battements de son cœur. Qu’allaient-ils faire de lui ? Pourquoi était-il traîné en dehors du palais ?

Link entendit des clameurs venant de la cité. Apparemment, de nombreuses personnes devaient attendre son apparition. Il comprenait à présent l’utilité de la sangle. Le commandant désirait juste l’humilier en l’exhibant comme un animal dangereux.

Ils passèrent la porte. Le jeune homme aperçut une grande foule rassemblée sur la place principale. Tous les visages étaient tournés vers lui, comme le jour pas si lointain où il avait été applaudi et récompensé pour sa victoire contre Ganondorf. Pourtant les deux évènements n’avaient rien à voir l’un avec l’autre.

Link ressentait une forte animosité des habitants à son égard et sentait peser sur ses épaules le poids de la haine éprouvée par ceux qui l’avaient porté en triomphe. Le Héros du Crépuscule s’arrêta et regarda autour de lui. Il cherchait parmi les observateurs un quelconque réconfort dans cette épreuve, mais n’en trouva aucun.

Il ne remarqua pas l’étrange personnage dissimulé sous un long manteau qui l’observait avec compassion. Le commandant tira un coup sur la sangle pour lui intimer l’ordre d’avancer. Le prisonnier reprit la marche, évoluant entre les gardes qui retenaient la foule massée derrière eux.

Il percevait des rires moqueurs parmi le public. Le voir tenu en laisse amusait certains d’entre eux. Ce qui accentua le malaise du jeune homme. De plus, les spectateurs envoyaient des objets dans sa direction. L’un d’entre eux jeta une pierre qui le toucha au coin de l’œil, causant ainsi une légère entaille d’où s’échappa un peu de sang.

Le choc l’arrêta net. Link se tourna vers celui qui avait lancé le caillou. Ce dernier s’apprêtait à réitérer son exploit, mais il croisa les yeux du captif. Le désarroi présent dans ceux-ci lui fit lâcher le projectile. Le condamné semblait réellement ne pas comprendre les réactions du peuple à son égard. Le citoyen se surprit à se questionner sur son éventuelle culpabilité.

L’homme au manteau avait suivi l’étrange cortège, essayant d’évaluer l’état du prisonnier. Bientôt, il reporta son attention sur le public, mais un bruit de chute attira son regard. Link venait de s’écrouler sur le sol. Ses mains attachées dans son dos l’empêchaient de se relever rapidement. Le commandant tirait sur la sangle pour le presser. L’étouffement provoqué par ce geste en augmentait considérablement la difficulté.

Link réussit néanmoins à se remettre debout et reprit sa marche. La honte qu’il éprouvait se lisait sur son visage. Sous son vêtement de voyage, l’individu se promit de faire payer à Ganondorf l’humiliation subie par ce garçon courageux.

Perdu dans ses pensées, ce dernier n’avait pas remarqué le pied tendu d’un des spectateurs. Celui-ci s’était bien amusé de sa farce et s’était esquivé. Les rires qui avaient fusé suite à cet incident avaient touché le héros du Crépuscule droit au cœur. Il se sentait abandonné.

Link supportait mal ses marques de colère et de violence à son égard alors qu’il n’avait rien fait contre ceux qui le maltraitaient. Comment pouvaient-ils le croire capable de leur faire du mal ? Quelle était la raison des agissements des Hyliens ? Le jeune homme se demandait si les habitants du village de Toal donnaient du crédit à ces mensonges ou s’ils avaient été victimes de son homologue.

Vernarte le conduisit au centre de la place où une tribune avait été construite. Il le fit monter et le mit face à la foule. Un murmure menaçant émanait des spectateurs. Ganondorf s’avança et se plaça à la droite de Link. Le commandant tenait toujours la lanière dans ses mains, prêt à resserrer son étreinte. Des gardes s’étaient installés en bas de l’escalier permettant d’accéder à l’estrade, bloquant le passage.

Link savait qu’il n’avait aucune chance de réussir une tentative d’évasion et avait pris le parti d’attendre que ce mauvais moment passe. Le prisonnier se sentait impuissant face à cet ennemi qui était parvenu à soulever le peuple d’Hyrule contre lui, le Héros qui avait sauvé le royaume. Les bruits de la foule diminuèrent lorsque le Premier Ministre réclama le silence.

« Mes très chers Hyliens, vous avez sans doute reconnu le condamné situé à ma gauche comme étant le responsable des différents délits commis dans la région et dont vous avez été victimes. Il a également été complice d’une évasion en masse.
- Je n’ai commis aucun crime, s’écria Link, en tentant de se dégager de l’emprise du commandant. Vous me connaissez, je vous ai permis de vivre dans la paix. Pourquoi aurais-je aidé les hommes que j’ai fait arrêter ? Cela n’a aucun sens ! »

Ganondorf se tourna vers le Héros du Crépuscule et lui administra une gifle pour le faire taire.

« Nous ne sommes pas ici pour juger de ta culpabilité. Cela a déjà été fait et bien fait. T’époumoner ne servira à rien. »

Le commandant tira sur la lanière pour faire comprendre au prisonnier qu’il ne tolérerait pas ce genre de débordement. Le Premier Ministre reprit son discours sans tenir compte de cette interruption.

« Après avoir examiné les preuves et entendu les différents témoignages relatifs à cette affaire, il a été reconnu coupable des faits reprochés. Parmi ceux-ci, le fait d’avoir aidé des ennemis de la nation à échapper à leur peine a été qualifié de haute trahison. Ce crime seul nous permet de le condamner à mort. Seulement, en ce qui concerne les autres délits commis en profitant de la confiance que vous lui accordiez en tant que garde de la Famille Royale… »

Il se tut un instant, guettant les réactions de son captif. Celui-ci n’avait pas bougé. Link observait son adversaire, bien décidé à ne pas se laisser surprendre par lui.

« Après plusieurs heures de délibération, les juges sont tombés d’accord sur sa sentence. Attendu que les habitants de cette ville ont eu à subir les mauvais traitements de cet individu, il leur sera permis de participer activement à son exécution. Chaque victime se verra offrir la possibilité de porter des coups à son agresseur. Quand tous les civils auront pu administrer leur vengeance, les gardes présents lors de la fuite des prisonniers pourront, à leur tour, lui infliger le trépas de la même façon.

Link n’en revenait pas. Il allait être battu à mort. Jamais une telle condamnation n’avait été rendue. La peine capitale était souvent prononcée dans le Royaume d’Hyrule, mais rarement appliquée, Ganondorf étant une des exceptions. En général, elle était transformée en prison à vie. Ce qui avait été le cas pour les complices du tyran. Les exécutions étaient donc très rares dans le pays, mais toujours accomplies avec le maximum d’humanité et de respect pour le condamné.

Link se tourna vers son ennemi.

« Mon statut de Héros me donne le droit de choisir la manière dont je quitterai ce monde. Votre châtiment est infamant et contraire aux lois de ce pays.
- Tu as été démis de tes fonctions à cause de tes nombreux actes inqualifiables. Tu n’es plus rien. Juste un criminel qui va subir ce qu’il a infligé à ses victimes.
- Tu peux me faire exécuter, mais tu ne parviendras pas à prendre le pouvoir. Il y aura toujours quelqu’un pour t’en empêcher !
- Si tu penses au Héros du Temps, lui dit-il à voix basse, tu te fais des illusions. Lui et les deux jeunes filles qui sont sous sa protection seront bientôt entre mes mains. Vos mises à mort serviront d’exemple à tous ceux qui voudraient se mettre en travers de ma route. Elles seront suffisamment horribles pour décourager les plus braves d’entre eux.
- Tu n’es qu’un monstre, Ganondorf ! Je te ferais ravaler tes menaces ! »

La difficulté que Link éprouva à respirer juste après avoir dit ces mots lui confirma que le commandant Vernarte n’avait pas apprécié son intervention. L’homme au manteau commençait à ne plus supporter le traitement qui était infligé au captif. Il était sur le point d’intervenir pour lui venir en aide, lorsqu’une jeune fille qui se faufilait au milieu des spectateurs attira son attention.

Celle-ci essayait de se rapprocher de la tribune et plus particulièrement de l’endroit où se tenait le prisonnier. Celui qui se dissimulait se trouvait éloigné de l’estrade et tentait de se frayer un chemin parmi le peuple, malgré les complications rencontrées pour la rejoindre. Il avait momentanément changé d’objectif pour se concentrer sur la raison de sa présence à ce rassemblement.

Les murmures avaient repris dans la foule. Chacun voulant donner son avis sur ce qu’il avait entendu. Le Premier Ministre, qui n’avait pas fini de parler, leva la main pour ramener le calme.

« Nous vous avons fait venir ce jour pour officialiser cette condamnation. La mise à mort devrait avoir lieue dans quelques jours. Nous recherchons toujours ses complices, qui devront subir le même châtiment. Nous ne tarderons pas à les attraper et nous vous offrirons une exécution commune. À partir de ce jour, il endurera le supplice prévu pour tous les autres délits commis. Une peine pour chacune de ses victimes. Le nombre de coups sera déterminé en fonction du degré de gravité de ses actes.

Link observa son ennemi. Ganondorf avait découvert le moyen de lui infliger sa vengeance. Le jeune homme se rendit compte qu’il risquait de payer son opposition au prix fort. La peur s’insinuait en lui, mais le captif fit de son mieux pour la cacher. Sentant que les hostilités allaient commencer, le Héros du Crépuscule jeta des regards autour de lui, cherchant un éventuel secours.

C’est à ce moment-là qu’il la vit. Assise sur un fauteuil placé à quelques pas de lui se tenait la princesse. Pensant trouver une alliée, le prisonnier se précipita vers elle et s’agenouilla à ses pieds. Surpris par cette action soudaine, le commandant lâcha la sangle.

Link tenta d’attirer l’attention de Zelda.

« Votre Altesse, vous seule pouvez encore changer les choses. Tu me connais. Tu sais que je ne suis pas … »

Vernarte qui avait compris le manège du jeune homme, ramassa la lanière puis tira dessus. L’objet se resserra autour de la gorge de ce dernier, l’empêchant d’en dire plus. Link s’écroula sur le sol, cherchant par tous les moyens à reprendre sa respiration. Lorsqu’il put de nouveau inhaler, ses yeux se posèrent sur Zelda qui s’était tournée vers lui.

Cette vision le cloua sur place. La princesse le regardait, sans expression. C’est à ce moment-là qu’il aperçut la pierre qui pendait à son cou. C’était la même que celle qui ornait le front de Nabooru : rouge et scintillante. Link devina qu’elle n’était plus consciente de ses actes.

Pourtant, il la sentait présente derrière cette absence, comme si elle était prisonnière dans sa propre tête. Zelda ne pouvait qu’assister, impuissante, à l’humiliation du Sauveur d’Hyrule. Ganondorf, qui suivait la scène avec attention, avait surpris le regard désespéré du captif quand celui-ci avait compris que la dirigeante du royaume ne pourrait pas l’aider. Un sourire apparut sur le visage du tyran.

Ne pouvant détacher ses yeux de la jeune femme, Link se rappela les paroles que son ennemi avait prononcées dans sa cellule : « Elle espère que tu vas venir la sauver. » Zelda était en danger et lui, l’Elu, le Héros du Crépuscule, était incapable de la protéger. Il était de nouveau inutile.

Le prisonnier était si bouleversé par l’état de Zelda qu’il ne remarqua pas les deux soldats qui se dirigeaient vers lui. Link ne se rendit compte de leur présence que lorsque ceux-ci l’empoignèrent et l’emmenèrent au milieu de la tribune, où une sorte de banquette avait été installée.

Le commandant s’approcha de lui et retira la sangle avant que les gardes ne le soulèvent pour le coucher sur le bois. Le condamné tenta quelques mouvements pour essayer de se défaire de l’emprise des hommes, mais il fut rapidement maîtrisé. L’un d’eux avait attrapé ses pieds pour les attacher à une des extrémités. Un autre s’était occupé de ses mains.

Il se retrouva couché sur le ventre, les chevilles et les poignets maintenus par des cordes. Le commandant Vernarte lui parla à voix basse.

« À ce stade, plus personne ne peut rien pour toi. Ta princesse n’a plus aucun pouvoir. Cette petite mise en scène avait deux objectifs : celui de te donner une idée des souffrances que tu vas endurer et de la mort lente et douloureuse qui t’attend, mais aussi de faire comprendre à Son Altesse que tu ne peux plus rien pour elle et que son intérêt est de nous obéir. »

Link voulut protester, mais il lui mit une main sur la bouche pour l’en empêcher.

« Ce n’est pas la peine de faire de déclaration au peuple à ce sujet. Ils ne te croiront pas. Prononce une seule parole et je te bâillonne. As-tu bien compris ? »

Link acquiesça, sachant que son ennemi avait raison et que son intervention ne servirait à rien. Il était plus raisonnable de ne rien ajouter pour l’instant. Le commandant relâcha sa main et se tourna vers le peuple rassemblé. Un soldat lui apporta un parchemin sur lequel une liste avait été établie.

« J’ai ici un recensement des victimes de ce misérable qui ont été classées selon le préjudice subi. Je demande à la personne citée de monter sur l’estrade afin de procéder au châtiment du coupable. J’appelle Purlo. »

Celui qui portait ce nom s’avança. Il s’agissait d’un homme élancé qui était vêtu d’un pantalon brun et une tunique verte à capuche, dissimulant une partie de la tête. C’était le propriétaire du chapiteau planté à l’est de la ville. Le commandant lui remit une cravache. Ensuite, le saltimbanque s’approcha de Link.

« Avant de commencer, rappelez-nous l’objet de votre plainte, demanda Vernarte.
- Cet individu a ruiné mon commerce. Il est venu relever le défi que j’avais lancé et l’a remporté plusieurs fois de façon malhonnête. Quand je me suis rendu compte de la supercherie, j’ai refusé de lui remettre les rubis gagnés. Alors, cette brute a menacé de me transpercer avec son épée. J’ai dû lui donner toute ma recette.
- Mensonge, s’écria Link. J’ai remporté ce défi de façon régulière. Je n’ai eu que le montant de mon gain. »

Purlo s’approcha du prisonnier et murmura :

« Ne te fatigue pas ! Personne ne te croira. Quand j’ai entendu parler de ton arrestation, j’y ai vu le moyen de te faire payer ton arrogance. Je n’allais pas manquer l’occasion de me venger des humiliations publiques que tu m’as infligées. Je suis allé trouver le commandant pour porter plainte contre toi. Il a été ravi d’ajouter un délit à ta condamnation.
- Tu penses avoir été humilié, lui demanda Link. Comment qualifies-tu ton propre comportement vis-à-vis des habitants de la cité ? Tes jeux sont truqués. Tu es un escroc ! »

Link vit la colère envahir les yeux de Purlo. Celui-ci leva le bras qui tenait la cravache et l’abattit en direction du visage du jeune homme qui eut juste le temps de tourner la tête. La tige ne réussit qu’à lui effleurer la joue y laissant une légère marque.

« C’est plus facile de frapper sur un homme désarmé et ligoté que de l’attaquer à la loyale. Tu n’es qu’un lâche !
- Tas-toi, cria Purlo. Je vais te faire passer l’envie de m’insulter.
- Un instant, intervint le commandant, en arrêtant le geste de l’homme. Je vais le faire taire une bonne fois pour toutes. »

Vernarte s’approcha de Link et le bâillonna. Ensuite, il releva sa chemise laissant apparaître la peau claire de son dos. Purlo, leva la cravache et se mit à flageller le jeune homme, dont le corps se crispait à chaque fois que l’objet le percutait. Après une longue série de coups, le Héros du Crépuscule se préparait à en subir une autre lorsque quelqu’un cria au milieu de la foule :

« Non ! Arrêtez ! Ne faites pas ça ! »

Toutes les personnes qui assistaient à la scène se tournèrent dans la direction d’où provenait la voix. Les soldats, à qui on avait demandé d’intervenir au moindre problème, entouraient déjà celle qui avait parlé. Ils la firent monter sur l’estrade et l’amenèrent devant le commandant.

La jeune fille tremblait de peur. Link qui avait relevé la tête la reconnut aussitôt : Iria ! La panique s’empara de lui. Que faisait-elle là ? Où était le Héros du Temps chargé de la protéger ? Et Sheik ? Pourquoi avaient-ils pris le risque de la laisser sortir seule ? S’étaient-ils enfuis en l’abandonnant ?
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MessageSujet: Re: Le Temps d'un Crépuscule (13+)   Ven 28 Sep 2012 - 8:46

Chapitre 8

Le commandant dévisagea la jeune fille avant de s’adresser à elle.

« Qui ose se permettre d’interrompre ce châtiment, lui demanda-t-il avec une menace dans la voix. J’espère que vous avez une bonne raison.
- Veuillez excuser ma petite sœur », intervint l’homme dissimulé sous la grande cape de voyage qui était monté sur la tribune pour la rejoindre.

Il s’avança et se plaça entre elle et Vernarte. Link contemplait la scène.

« Elle est tombée amoureuse de ce sale type et il en a profité pour lui briser le cœur », expliqua le nouveau venu.

Iria n’avait pas bougé, observant son ami, sous le choc. Elle ne le quittait pas des yeux, regardant avec horreur les marques des coups sur sa peau.

Le prisonnier adressa un regard à celui qui se prétendait son frère et reconnut le Héros du Temps. Ce dernier semblait lui dire de ne pas s’en faire, que la situation était sous contrôle. Finalement, elle n’était pas seule, mais pourquoi l’avait-il laissé venir ?

Vernarte était tellement ravi de pouvoir ajouter un nouveau délit à la longue liste établie, qu’il n’accorda que peu d’attention à l’individu qui dissimulait son visage. Vernarte reprit la cravache à Purlo et la tendit à Iria.

« Je vous offre la possibilité de vous venger », lui murmura-t-il.

La princesse n’avait pas bougé. Prisonnière à l’intérieur de sa tête, elle ne pouvait qu’assister au supplice du Sauveur d’Hyrule, sans pouvoir intervenir. À ses côtés, Ganondorf suivait la scène qui se passait sur la tribune d’un air perplexe. La silhouette de l’homme au manteau lui était familière. Il observa celle qui l’accompagnait.

Soudain, il appela un des gardes qui se trouvait à proximité. Après quelques minutes de discussion, le soldat se dirigea vers le commandant. Ce dernier avait mis la baguette dans la main de la jeune fille qui le regardait sans comprendre.

« Je ne pense pas qu’elle pourra le frapper, fit remarquer son « frère ». Malgré tout ce qu’il lui a fait, ma sœur l’aime toujours.
- En cas de refus, elle sera considérée comme étant sa complice. Nous serons alors obligés de l’arrêter et de lui faire subir le même sort que lui. »

Link avait suivi la conversation avec attention. La dernière phrase de Vernarte causa un choc au prisonnier. Juste à ce moment, le soldat s’approcha du commandant et commença à lui parler à voix basse. Dans un murmure à peine audible, le Héros du Temps dit à la jeune fille :

« Vas-y ! Tu dois le faire pour lui. Il n’acceptera pas que tu te laisses emprisonner. »

Iria regarda son ami sans bouger. Link, qui avait entendu, tenta de lui faire comprendre qu’elle devait le frapper. C’était la seule solution pour éviter son arrestation. Le chef de section, qui en avait terminé avec le soldat, s’approcha de la jeune fille. Il arracha la cravache des mains de celle-ci et se mit à fouetter le dos du prisonnier avec une violence inouïe.

La douleur que Link ressentit lui donna une bonne indication du degré de haine que Vernarte éprouvait à son égard. Il essaya de ne pas laisser paraître sa souffrance sur son visage.

« Les individus de son espèce ne méritent pas de pitié », dit-il en reprenant son souffle.

Voyant son ami se raidir sous les coups et du sang couler de certaines de ses blessures, la demoiselle ne put retenir un cri et défaillit. Le Héros du Temps la rattrapa juste avant qu’elle ne tombe. Iria s’accrocha à lui et éclata en sanglots. Le commandant s’approcha de l’homme au manteau et attrapa un pan du vêtement qu’il tira, dévoilant ainsi son identité à la foule.

« Ne seriez-vous pas les amis de cet ignoble individu, leur demanda-t-il. Je me vois dans l’obligation de vous mettre en état d’arrestation. »

Link en eut le souffle coupé. Il releva la tête et regarda en direction de ses amis. Le Héros du Temps avait dégainé son épée, prêt à défendre sa liberté et celle d’Iria.

« Ce ne sera pas aussi facile que tu le crois, dit-il en la pointant sur Vernarte qui avait également sorti la sienne.
- Le quartier est plein de soldats, vous ne parviendrez jamais à vous enfuir. Vous feriez mieux de vous rendre si vous voulez éviter d’être blessés.
- Ce n’est pas mon genre ! »

Le combat s’engagea entre les deux adversaires. Le Héros du Temps s’efforçait de protéger Iria, sous le regard affolé de Link. Ce dernier oublia momentanément la douleur qui martelait son dos et tira de toutes ses forces sur les cordes qui lui maintenaient les bras. Il voulait se libérer pour aller aider ses amis.

Le prisonnier était sur le point de parvenir à dégager une de ses mains lorsqu’il sentit une présence à ses côtés. Le captif leva la tête et aperçut Ganondorf en train d’abattre la garde de son épée dans sa direction. La violence du coup provoqua sa perte de connaissance.

Il avait remarqué les efforts de Link pour se débarrasser de ses liens et avait l’espace d’un instant espéré pouvoir le ramener à la taverne avec Iria. L’intervention de son ennemi l’obligea à changer ses plans. Ce sauvetage-là devrait attendre encore un peu.

Tout en continuant le combat, il se mit à chercher une ouverture qui lui offrirait la possibilité d’éloigner la demoiselle de tout danger. Celle-ci semblait en état de choc, après avoir vu son ami se faire assommer. Soudain une flèche siffla à ses côtés et vint atterrir aux pieds du commandant qui recula.

Apercevant Sheik sur le toit d’une des boutiques, le défenseur d’Iria comprit que son allié lui procurait un moyen de s’échapper. À l’aide de son épée, il se fraya un chemin entre les gardes qui avaient accouru pour aider leur chef. L’appui apporté par les projectiles permit au jeune homme d’emmener sa protégée dans les rues de la citadelle.

Le Héros du temps réussit à désarmer facilement les quelques guerriers qui avaient tenté de les suivre. Ne connaissant pas la ville, il ne savait quelle direction prendre pour rejoindre la taverne de Thelma et chercha un endroit où se cacher pour attendre qu’Iria soit capable de le guider.

Trouver le lieu du rassemblement avait été facile, mais après avoir couru pour semer les soldats, il s’était perdu. Ils entrèrent dans une maison inhabitée. Iria avait besoin de retrouver son calme après cette épreuve. Elle avait été mise à rude épreuve.

Après plusieurs minutes d’immobilité pendant lesquelles son protecteur observait les alentours par une des fenêtres, Iria commença à revenir à la réalité. Elle posa les yeux sur son compagnon.

« Où est Link, lui demanda-t-elle.
- Toujours là-bas ! Je n’ai rien pu faire pour lui. Je devais d’abord te protéger. »

Elle se leva et se dirigea vers la porte.

« Où vas-tu ?
- Je vais le chercher. Je refuse de le laisser là-bas. »

Il se précipita vers elle et l’attrapa par le bras pour l’empêcher de sortir.

« Ne sors pas d’ici, tu risques de te faire repérer !
- Laisse-moi, je dois aller le sauver.
- Tu ne peux rien faire. Tu ne l’aides pas en te mettant en danger, bien au contraire. Si tu veux vraiment être utile à ton ami, laisse-nous nous occuper de lui porter secours. »

Iria s’arrêta et se retourna vers lui. Elle avait les larmes aux yeux.

« Ils sont en train de le faire souffrir. Combien de temps pourra-t-il tenir dans ces conditions ? Je suis si inquiète pour lui.
- Je comprends, mais il est fort et résistera. Nous irons bientôt le chercher. Pour l’instant, nous devons rentrer à la taverne, mais je ne connais pas cette ville et je me suis perdu. Peux-tu me montrer le chemin ?
- Tu n’as qu’à me suivre. Nous n’en sommes pas loin. »

Les fugitifs sortirent de la maison en faisant bien attention qu’aucun garde ne soit posté dans le coin. La jeune fille le conduisit à travers les rues de la citadelle. Ils avançaient lentement, craignant que Ganondorf ait fait surveiller le quartier.

* * *

Link avait été reconduit dans sa cellule. Les gardes l’avaient laissé sur le sol, puis avaient quitté la pièce. Il se réveilla quelques minutes plus tard. Couché sur le dos, le prisonnier ne tarda pas à ressentir une forte douleur et se plaça aussitôt en position assise, espérant calmer sa souffrance.

Il ne s’était pas aperçu de la présence de son ennemi qui le regardait, un sourire cruel sur le visage. Link se prit la tête dans les mains. Celle-ci s’était mise à bourdonner. Ganondorf lui avait asséné un violent coup d’épée au niveau de sa tempe droite.

L’image d’Iria et du Héros du Temps aux prises avec le commandant Vernarte s’imposa alors à son esprit. Le jeune homme se releva et se commença à chercher autour de lui. Que s’était-il passé après son évanouissement ? Ses amis avaient-ils réussi à s’échapper ?

« Tu cherches quelque chose ? Ou quelqu’un ? »

Link se retourna lentement. Il avait reconnu cette voix.

« Je suppose que tu aimerais savoir ce qui est arrivé à ta petite amie et à son protecteur. Ils sont entre mes mains. Je les ai fait arrêter, ainsi que la princesse qui se déguise.
- Non, tu mens, murmura-t-il sans grande conviction. Tu cherches à me faire peur, mais ça ne prend pas !
- Vraiment, dit-il en s’approchant et en lui tendant un manteau. Reconnais-tu ce vêtement ? »

Le jeune homme le prit et se rappela que le Héros du Temps le portait avant de se le faire arracher par Vernarte. Il l’examina et y vit de nombreuses taches de sang. L’inquiétude s’empara de lui.

« Que leur as-tu fait, demanda-t-il.
- Nous avons dû désarmer ton ami qui refusait de se laisser faire et, pour cela, utiliser la force. Il s’est défendu courageusement, mais a été vaincu. Votre ressemblance est frappante. Vous avez le même caractère indomptable.
- Est-il blessé ?
- Il est mal en point, mais survivra. Au moins, jusqu’au jour de son exécution… »

Link recula et se laissa tomber sur la banquette en fermant les yeux. Ce qu’il redoutait venait de se produire. Et tout était de sa faute ! Le jeune homme avait sous-estimé son ennemi, ne le croyant pas capable de s’introduire dans le palais.

Sheik lui avait pourtant recommandé d’être. S’il l’avait écouté, la situation ne serait pas aussi grave. Ganondorf observa la réaction de son prisonnier, un sourire sur les lèvres.

« Plus personne ne pourra venir t’aider. Vous allez tous les quatre être mis à mort dans quelques jours. Profite bien de tes dernières heures. Je te l’avais dit : tu es fini ! »

Link releva la tête vers son ennemi. Celui-ci remarqua que les yeux du jeune homme avaient perdu de leur éclat et s’étaient assombris, signe d’un profond découragement.

Ganondorf sortit de la pièce en éclatant de rire. Le garçon semblait bouleversé par ce que son adversaire venait de lui annoncer. Ce dernier avait réussi à lui porter un coup dont il aurait du mal à se remettre. Le Héros du Crépuscule risquait de passer une très mauvaise nuit.
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MessageSujet: Re: Le Temps d'un Crépuscule (13+)   Dim 21 Oct 2012 - 22:24

Chapitre 9

Quand le Héros du Temps et Iria entrèrent dans la taverne, ils s’aperçurent que deux personnes les attendaient avec angoisse.

« Que vous est-il arrivé, demanda Thelma. Quand Sheik est rentré seul, je me suis inquiétée.
- Je me suis perdu en essayant de semer un groupe de soldats, répondit le jeune homme. Iria était trop bouleversée pour me guider. Nous nous sommes cachés en attendant qu’elle puisse le faire. »

Il se tourna vers Sheik.

« Que s’est-il passé après notre fuite ?
- Les soldats ont emmené Link. Je pense qu’ils l’ont reconduit dans sa cellule. Il était toujours inconscient. »

Lorsqu’elle entendit parler de son ami, Iria qui, jusque-là avait gardé son calme, s’effondra. Thelma s’approcha de la jeune fille et la prit dans ses bras.

« Ils lui ont fait du mal, sanglota-t-elle. Son dos …
- Que veux-tu dire ? Que lui ont-ils fait ?
- Il a reçu des coups de cravache, répondit le Héros du Temps. Certains lui ont été donnés par un officier, probablement le commandant Vernarte.
- Qu’est-ce qui te fait croire que c’est lui ?
- La violence avec laquelle il frappait et la joie évidente que cela lui procurait. Seule la haine peut inciter à agir de la sorte. Si tu avais vu les marques qui sont apparues sur sa peau... »

Thelma avait pâli en entendant ces propos, mais elle se reprit.

« Qu’avez-vous appris ? Que comptent-ils faire de lui ? »

Le Héros du Temps lui rapporta le discours de Ganondorf ainsi que ses intentions vis-à-vis de Link et de ses « complices ». Ensuite, il raconta les mauvais traitements infligés au prisonnier et l’intervention d’Iria. Quand il en vint au moment où l’officier avait mis la cravache entre les mains de la jeune fille, celle-ci s’écroula et fondit en larmes.

« Je suppose qu’elle a été incapable de le faire !
- C’était au dessus de ses forces ! C’est pour ça que ce monstre a lui-même donné les coups. Ensuite, il m’a arraché mon manteau et j’ai dû le combattre. Si nous avons pu nous enfuir, c’est grâce à l’intervention de Sheik. »

Thelma aida Iria à se relever.

« Je vais la conduire dans sa chambre. Asseyez-vous et reposez-vous un peu. Je reviens, attendez-moi. Il faut qu’on parle. »

La tenancière comptait lui faire prendre un somnifère pour que la jeune fille puisse se reposer, après cette épreuve traumatisante. Une fois que celle-ci serait endormie, elle veillerait à fermer la porte à clé pour éviter un nouveau drame.

* * *

Après le départ de son visiteur, Link était resté seul, en proie à une grande inquiétude. Par sa faute, Ganondorf avait réapparu et s’était rendu maître du royaume. Il était tombé dans le piège que son ennemi lui avait tendu et avait entraîné ses amis dans sa chute. Son incompétence risquait de coûter cher au peuple d’Hyrule.

Le commandant Vernarte entra avec quelques gardes. Perdu dans ses pensées, le jeune homme n’avait pas remarqué cette intrusion. Un des soldats portait un plateau sur lequel reposaient différents flacons et du matériel de soin. Il pénétra dans la cellule dont la porte fut refermée après son passage.

Sous la surveillance très étroite de son chef de section, ce dernier s’approcha du prisonnier et posa son fardeau sur le sol. Link, qui venait de se rendre compte qu’il n’était plus seul, releva la tête et observa son visiteur.

« J’ai été chargé de soigner tes blessures », l’informa le garde.

Le Héros du Crépuscule le regarda sans réagir. Pourquoi voulait-on se donner la peine de le soigner si c’était pour recommencer l’opération le lendemain ? La réponse lui sauta aux yeux : pour qu’il puisse être suffisamment résistant pour survivre jusqu’à son exécution.

Le soldat examina Link et remarqua une légère blessure juste à côté de son œil. Il s’assit sur la banquette et prit une petite compresse humide sur le plateau. Il approcha celle-ci du prisonnier afin de nettoyer le sang qui avait coulé sur sa joue en lui parlant doucement.

« Ne bouge pas ! Je vais m’occuper de toi ! »

Le jeune homme tourna son regard vers le garde. Lorsque des mains s’approchèrent de son visage, Link se leva d’un bond. Le prisonnier commençait à ne plus supporter qu’on le touche. Il réalisa un pas en arrière pour mettre le plus de distance possible entre eux.

Voyant cela, Vernarte fit entrer les autres gardes dans la cellule. Deux d’entre eux s’avancèrent en direction du captif qui reculait toujours. Ce dernier fut rapidement bloqué par un des murs de la prison. Il n’avait plus de possibilité de fuite.

Les soldats l’attrapèrent par les bras, mais Link n’avait plus la force de résister. La journée avait été éprouvante autant physiquement que moralement et il se sentait vidé de toute son énergie. Ils l’allongèrent sur le banc.

Pour être sûrs qu’il se laisse faire pendant les soins, les gardes prirent la précaution de l’attacher. L’un d’entre eux, celui qui n’était pas encore intervenu, avait installé des chaînes à chaque extrémité de la couchette. Le héros du Crépuscule se retrouva donc retenu par ces liens.

Leur travail terminé, les geôliers quittèrent la cellule. Le captif ne pouvait désormais plus bouger et leur présence n’était plus nécessaire. Ils remirent la clé des entraves au commandant. Celui-ci sortit avec eux afin de leur donner quelques instructions sur leur prochaine mission.

L’homme s’était approché du prisonnier pour nettoyer les blessures qu’il avait à la tête, mais ce dernier gardait son visage contre le bois de la banquette. Le soldat s’accroupit à sa hauteur et lui parla avec douceur.

« Ne t’inquiète pas, je ne suis pas ici pour te faire du mal. Si tu ne te laisses pas faire, cela risque d’être encore plus difficile pour toi. »

Le jeune homme releva la tête et regarda son interlocuteur dans les yeux. Ce qu’il y lut sembla le calmer. Il avait reconnu le soldat chargé de lui apporter ses repas. Il se positionna afin de se laisser soigner. Le garde retira les traces de sang et examina la plaie au niveau de son œil. Celle-ci étant peu profonde, il se contenta d’appliquer de la pommade cicatrisante.

« Je vais maintenant m’occuper de ton dos. Ça risque de faire mal. Je vais faire de mon mieux pour t’éviter des douleurs inutiles. »

Le soldat souleva la chemise du jeune homme et observa son dos. Les marques sur celui-ci étaient nombreuses et profondes. Il n’avait pas assisté à l’épreuve qu’avait subie le prisonnier, mais était conscient que cela n’avait pas dû être une partie de plaisir pour lui.

Le garde commença par purifier les plaies. Il vérifia que le commandant était toujours occupé à donner des ordres à ses subordonnés avant de parler à voix basse pour n’être entendu que du captif.

« Écoute-moi ! Je dois te parler, mais je ne dispose que de très peu de temps. Mon nom est Corentin. J’ai vu tes amis, ils organisent ton évasion. Je vais faire de mon mieux pour que tu sois capable de les suivre lorsqu’ils viendront te chercher. Tu dois t’y préparer dès à présent. »

Link posa son regard sur son interlocuteur.

« Cela ne sert à rien ! Ils ne pourront pas me sauver. Ils ne le peuvent plus.
- Pourquoi dis-tu cela ?
- Parce qu’ils ont déjà essayé et qu’ils ont échoué. Ils ont été arrêtés et l’un d’entre eux a été gravement blessé. »

L’entrée Vernarte l’empêcha de pousser plus loin ses questions. Le jeune soldat continua les soins sous le regard inquisiteur de son chef, mais se promit de tirer cette histoire au clair. Il n’avait entendu parler d’aucune nouvelle arrestation.

Une fois le prisonnier soigné, le garde rangea son matériel et déposa à côté de la banquette une cruche d’eau et un morceau de pain. Ensuite, il ramassa son plateau et se dirigea vers la grille restée ouverte et s’approcha du commandant.

« Dois-je le faire manger, mon capitaine ? Je ne pense pas qu’il soit capable de le faire seul avec ses chaînes.
- Contente-toi de les lui laisser et quitte cette pièce. Tu as d’autres prisonniers à nourrir. »

Le soldat fut surpris par les paroles de son chef. En effet, aucune autre cellule de la prison n’était occupée. Il repensa à ce que lui avait dit le captif et comprit que ces paroles étaient destinées à celui-ci pour confirmer l’arrestation de ses amis.

Corentin obéit et sortit, non sans avoir jeté un dernier regard sur le jeune homme qui avait encore pâli après avoir entendu leur conversation. Il ne l’avait jamais vu comme cela : l’espoir semblait l’avoir quitté. Ses alliés devaient être avertis de son état.

Après le départ du garde, le commandant entra dans le cachot et s’approcha de Link. Il l’attrapa par les cheveux et l’obligea à le regarder.

« Notre petite séance d’aujourd’hui a dû être écourtée. La vaine tentative de tes amis a fait fuir le peuple, mais ils ne pourront pas intervenir demain. Les douleurs que tu ressens ne sont rien à côté de ce qui t’attend dans les prochains jours. »

Le chef de section s’attendait à une réaction de la part du prisonnier, mais celui-ci n’en eut aucune. Ses yeux semblaient vides, comme si l’envie de se révolter l’avait quitté. Surpris par cette absence de réponse, Vernarte ajusta la chaîne qui entravait ses mains de façon à ce que le captif puisse atteindre les aliments qui lui avaient été laissés. Puis il sortit de la cellule.

Une fois seul, Link replongea dans ses idées noires. Au bout de plusieurs minutes, il sentit le sommeil le gagner. Le jeune homme tenta de résister, mais sombra très vite dans l’inconscience.

* * *

À la taverne, Thelma avait rejoint Sheik et le Héros du Temps dans la salle de réunion.

« Je ne parviens pas à calmer Iria. Elle te réclame, dit la tenancière en s’adressant à ce dernier. Elle refuse de prendre un calmant avant de t’avoir parlé.
- J’ai compris. Je viens. »

Il se leva et l’accompagna dans la chambre de la jeune fille. Celle-ci était couchée sur son lit. L’apercevant, elle l’appela :

« Fais quelque chose pour aider Link. Ne les laisse pas lui faire ça ! Tu es sa dernière chance ! Promets-moi de l’aider.
- Je ferais ce que je pourrais. Maintenant, tu dois te reposer. Avale ce médicament, ajouta-t-il en lui tendant le verre préparé par Thelma. »

Quand elle eut pris le liquide, elle recommença à parler.

« Link, c’est toi ? Tu as réussi à t’échapper ?
- Elle délire, remarqua le Héros du Temps.
- La fièvre est montée, c’est pour ça que je voulais qu’elle dorme.
- Je vais rester un peu ici. Va rejoindre Sheik. Je vous retrouve dans la salle de réunion dès qu’elle se sera assoupie. »

Thelma se leva et lui remit une clé avant de sortir.

« Verrouille la porte en sortant. Je ne veux prendre aucun risque.
- Je ne pense pas qu’elle soit en état de tenter quelque chose, mais je fermerais. »

La tenancière sortit et laissa le jeune homme avec Iria. Le fait que cette dernière le confonde avec son ami d’enfance devrait l’aider à se calmer. Il resta à ses côtés, lui permettant de prendre sa main dans la sienne. Le médicament mit plusieurs minutes avant de faire son effet. Quand il fut sûr qu’elle dormait profondément, le Héros du Temps se leva et quitta la chambre.

Quand il entra dans la salle de réunion, Sheik l’interrogea.

« Comment va-t-elle ?
- Elle dort. Elle m’a pris pour Link. Je pense que c’est la fièvre, mais au moins, elle s’est assoupie calmement.
- Comment va-t-elle réagir demain quand elle ne le verra pas, demanda Thelma.
- On va faire en sorte qu’elle puisse le voir. Je pense que nous devrions agir sans tarder et lancer l’opération dès ce soir. Avec un peu de chance, il sera là quand elle se réveillera.
- Êtes-vous suffisamment préparés ?
- Non, mais il faudra qu’on fasse avec. Nous ne pouvons le laisser endurer ça plus longtemps. »

À ce moment quelqu’un frappa à la porte qui donnait sur le bar. Thelma se leva pour aller ouvrir pendant que Sheik et le Héros du Temps se cachaient dans le couloir. La tavernière vint bientôt les rassurer.

« C’est Corentin. Il veut vous parler. C’est très important ! »

Tous trois regagnèrent la salle de réunion.

« Je suis désolé de venir à l’improviste, mais j’apporte de mauvaises nouvelles. Ce soir, j’ai été chargé de soigner les blessures de Link.
- Comment va-t-il ? »

Pour leur faire comprendre l’état dans lequel se trouvait leur ami, il entreprit de leur raconter les derniers événements ainsi que les réactions de celui-ci.

« Ses forces s’épuisent, mais ce n’est pas le plus grave. Il se décourage.
- D’après ce que vous nous dites, il semble effectivement avoir perdu la volonté de se battre. Qu’est-ce qui a bien pu provoquer ça ? Ce n’est pas l’impression qu’il donnait cet après-midi.
- Link est persuadé que vous avez été arrêtés. Il semble croire également que l’un d’entre vous est gravement blessé.
- Comment le savez-vous ?
- J’ai pu lui parler quelques minutes pendant que le commandant donnait ses ordres. C’est lui qui me l’a dit. Je n’ai pu en apprendre plus par manque de temps, mais juste avant que je sorte, mon chef a fait un commentaire qui a confirmé mes doutes. Il m’a demandé d’aller nourrir les autres prisonniers alors que les cellules sont vides depuis la grande évasion. Ils lui ont menti pour l’affaiblir. J’ignore comment ils ont réussi à le convaincre.
- Je sais comment ils ont fait », ajouta Sheik.

Tous trois se tournèrent vers lui.

« Après votre fuite, dit-il en s’adressant au Héros du Temps, Ganondorf a ramassé le manteau que tu avais laissé et l’a utilisé pour nettoyer le sang sur le dos de Link. Il a dû lui faire croire qu’il s’agissait du tien pour rendre son mensonge plausible.
- Si c’est vrai, il doit croire qu’il est perdu et il va cesser de se battre.
- Êtes-vous toujours décidé à le faire évader ?
- Plus que jamais !
- Dans ce cas, n’attendez pas trop longtemps. J’ai fait de mon mieux pour le soulager et lui redonner des forces, mais il sera de nouveau battu demain. Plus vous attendrez et plus il sera faible.
- Nous sommes conscients de l’urgence de la situation.
- J’ai appliqué un antidouleur sur les plaies de son dos. Celui-ci devrait faire effet encore plusieurs heures, mais il se peut que le produit le fasse dormir. Vous serez peut-être amenés à le réveiller.
- Sera-t-il capable de nous suivre et de se défendre ?
- Physiquement, je le pense. Concernant son mental, je n’en suis pas convaincu. La nouvelle de votre arrestation lui a fait un choc. Il risque d’avoir besoin d’un peu de temps pour se remettre.
- Dès qu’il saura qu’on lui a menti, sa force reviendra.
- J’espère que vous avez raison. Il faut que je vous laisse. Je vais devoir reprendre mon service dans peu de temps.
- Vous avez pris d’énormes risques pour nous aider. Comment pourra-t-on vous remercier.
- Sauvez-le ! C’est tout ce que je demande. Une dernière chose : j’ai ajouté un peu de tonifiant à son pain de ce soir, mais je ne suis pas sûr qu’il l’ait mangé.
- Nous nous occuperons de le lui faire avaler s’il ne l’a pas fait ! Soyez rassuré ! »

Corentin acquiesça et sortit. Thelma le suivit. En revenant dans la salle, elle trouva le Héros du Temps et Sheik occupés à préparer le matériel dont ils avaient besoin pour leur expédition. La tenancière comprit directement leurs intentions, mais ne chercha pas à les en dissuader, consciente qu’attendre davantage présentait un trop gros danger pour la vie de Link. Pourtant, son inquiétude était grande. Ceux qu’elle commençait à apprécier, allaient prendre d’énormes risques.

« Avez-vous besoin de quelque chose ?
- Je pense que nous avons déjà réuni le nécessaire, commença Sheik, mais il y a un point que nous devons encore aborder. Si nous échouons…
- Ne parle pas comme ça, coupa Thelma en se levant. »

Le Héros du Temps se leva également et la retint.

« Désolé, mais il faut que ce soit dit ! Si nous échouons, et que nous ne revenons pas, Iria sera en danger. Il faudra la conduire très loin d’ici. Quitte à lui mentir pour qu’elle parte ! Tu dois nous le promettre. »

La tenancière posa son regard dans les yeux bleus de celui qui ressemblait tant à son protégé. Elle y lut la même détermination et le désir de défendre ses amis.

« D’accord, répondit-elle en sentant les larmes monter dans sa gorge. Je vous le promets.
- Très bien ! Nous avons encore beaucoup à préparer.
- Je vais m’occuper d’Iria. Si vous avez besoin d’autre chose, venez me voir.
- Ne lui dis rien de notre expédition. Il vaut mieux qu’elle l’ignore jusqu’à ce que nous ayons réussi à le ramener. »

Elle acquiesça et sortit. Sheik et le Héros du Temps profitèrent du reste de la soirée pour faire leurs derniers préparatifs.
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